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puceFRANÇAFRIQUE : POURQUOI LA VRAIE – FAUSSE MORT DU MOLLAH OMAR BONGO ?

 

 

Le gouvernement français et l'avocat de Bongo ont déclaré ne disposer d'aucune information. L'état de santé d'Omar Bongo fait l'objet de spéculations depuis qu'il a été hospitalisé à Barcelone, Pourquoi ?

 

 

ANALYSE

 

La persistance de réseaux parallèles de la Françafrique peut expliquer les annonces contradictoires sur le sort du président gabonais.

 

Selon les autorités gabonaises, Omar Bongo Ondimba avait été hospitalisé à Barcelone pour un simple « bilan de santé approfondi et des soins appropriés » début mai. (© AFP Eric Feferberg)

 

Combien de temps les autorités gabonaises vont-elles pouvoir tenir? Dans la matinée, le Premier ministre gabonais affirmait que le président Omar Bongo, 73 ans, était «bien vivant», démentant formellement l'information diffusée la veille par Le Point.fr et l'AFP sur son décès dans une clinique de Barcelone. Mais quelques heures plus tard, des médias espagnols - le quotidien La Vanguardia et l'agence espagnole Europa Press - indiquaient que le chef de l'Etat gabonais, au pouvoir depuis 1967, serait mort en début d'après-midi. Pour l'heure, cette information n'a pas été confirmée par l'hôpital, ni par le gouvernement espagnol. Agé de 73 ans, Bongo souffre d'un cancer intestinal.

L'annonce par les médias français, hier soir, de la mort du président du Gabon Omar Bongo a d'ores et déjà provoqué de fortes tensions entre Paris et Libreville. Ce matin, l'ambassadeur de France dans la capitale gabonaise, Jean-Didier Roisin, a été convoqué au ministère gabonais des Affaires étrangères, qui lui a transmis une protestation verbale. Depuis plusieurs mois, le pouvoir gabonais accuse les journalistes français de mener une campagne de dénigrement systématique à son encontre.

 

 

AFFAIRE  DES  BIENS  MAL  ACQUIS

 

Les relations franco-gabonaises sont également polluées par l'affaire dite des « biens mal acquis »: plusieurs plaintes ont été déposées par des ONG contre trois présidents africains, dont Omar Bongo, accusés d'avoir acquis un vaste patrimoine immobilier en détournant des fonds publics. Paris a beau réaffirmé que la justice et les médias sont indépendants, rien n'y fait. Le clan Bongo soupçonne l'Elysée de double jeu.

 

En l'espèce, la confusion est entretenue par l'existence d'une «source proche du gouvernement français» qui aurait confirmé à l'AFP le décès du doyen des chefs d'Etat en Afrique, au pouvoir depuis 1967. Avant son élection à l'Elysée, Nicolas Sarkozy avait promis de mettre fin aux réseaux parallèles qui perdurent dans les relations avec les ex-colonies françaises sur le continent noir. Mais, comme l'ont bien montré Antoine Glaser et Stephen Smith dans leur dernier ouvrage (1), l'Elysée s'appuie côté pile sur un groupe de conseillers africains dirigés par Bruno Joubert (l'ex-cellule Afrique de l'Elysée) et côté face sur des émissaires proches du secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant. Parmi eux figure notamment l'avocat Robert Bourgi, proche de la présidence gabonaise.

 

(1) Sarko en Afrique, Plon.

 

 

Publié   le :   08  juin  2009

Rubrique :  International

Source : Liberation.fr

 

 

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