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puceANGOLAGATE : LUANDA MIS A L’INDEX.

 

 

 

 

 

Le procès de l'Angolagate s'applique à démonter les mécanismes ayant abouti à la vente d'armes présumée illégale à l'Angola entre 1993 et 1998. Mercredi, le président du tribunal a évoqué les multiples virements, cadeaux et avantages en nature payés par Pierre Falcone au président angolais Eduardo dos Santos et à plusieurs de ses proches... Ils sont pourtant les grands absents de ce procès.

 

Pierre Falcone, ici avec ses avocats, réfute toute corruption d'offiel angolais dans le dossier de vente d'armes. (Maxppp)Pierre Falcone, ici avec ses avocats, réfute toute corruption d'offiel angolais dans le dossier de vente d'armes. (Maxppp)



Une affaire toujours aussi complexe. Lors de la 15e audience de l'Angolagate, les débats ont évoqués les différents virements bancaires de dizaines de millions de dollars et les cadeaux offerts à Eduardo dos Santos, le président angolais. Ces transactions sont au coeur du procès sur la vente d'armes présumée illégale à l'Angola, entre 1993 et 1998, alors qu'une guerre civile déchirait le pays. Le sulfureux Pierre Falcone, principal acteur de cette transaction, s'est indigné mercredi que le président de la 11e chambre du tribunal de Paris, prononce le mot "corruption". "C'est une appellation qui me donne envie de hurler. C'est tellement injuste, tellement loin de la réalité", s'est-il écrié. S'il reconnaît, qu'effectivement, les transactions mentionnées par le président du tribunal sont réelles, il estime qu'elles ont été faites dans le cadre de la vente en question, qu'il estime légale.

 

Dans ce dossier, il est reproché à Pierre Falcone d'avoir vendu avec Arcady Gaydamak, homme d'affaires aujourd'hui en fuite en Israël, des armes au régime angolais entre 1993 et 2000. Les opérations ont été effectuées par l'intermédiaire de sa société Brenco, sans autorisation officielle des autorités françaises, pour un total de 790 millions de dollars. Quarante-deux personnes au total dont des personnalités (Jean-Christophe Mitterrand, Paul-lou Sulitzer, etc.) sont sur le banc des accusés mais la justice s'attachait ce mercredi aux officiels angolais impliqués dans la manoeuvre... pourtant absents du procès.

 

Les armes livrées ont permis au président Eduardo dos Santos de mettre fin, à son profit, à la guerre civile de 1975-2002, qui a fait entre 300.000 à 500.000 morts en Angola. Dos Santos a tenté de faire annuler le procès à son ouverture, estimant qu'il portait atteinte "à la souveraineté angolaise". Toutefois, si le parquet retient effectivement qu'il y a eu corruption d'officiels angolais, ils n'ont pas été poursuivis et le procureur n'a pas demandé de condamnation de Falcone à ce titre, en évoquant un problème juridique. En effet, le délit de "corruption d'agent public étranger" n'existait pas au moment des faits. Falcone est donc "seulement" poursuivi pour abus de biens sociaux.

« Monsieur 30 »  et  « Monsieur 20 »

 


Selon le dossier d'enquête lu par le président du tribunal, Jean-Baptiste Parlos, Eduardo dos Santos aurait personnellement reçu cinq millions de dollars de la part de Pierre Falcone sur un compte au Luxembourg. L'homme d'affaires lui aurait également acheté une voiture blindée pour 205.000 euros. Le juge d'instruction Philippe Courroye a également mis au jour des cadeaux et des avantages en nature, suite d'hôtel, voyages, etc., à hauteur de 28 millions de francs (4,26 millions d'euros), payés via la société personnelle de Falcone, Brenco. Au total, il a également noté des virements bancaires de 54,369 millions de dollars au profit de Eduardo dos Santos et d'une quinzaine de ses proches. Pierre Falcone assure que ce ne sont, que des "signes d'amitié", payer sur ses fonds personnels.


L'enquête s'appuie notamment sur les "mémos" d'Isabelle Delubac, la secrétaire de Pierre Falcone, qui remettait, au nom de son patron des enveloppes au siège de Brenco, sa société. Selon les écrits de l'assistante, donc, Isabel dos Santos, la fille du président a touché 657.000 francs (près de 100.000 euros); José Leitao Castro Silva, le directeur de cabinet de dos Santos, 450.00 francs et 190.000 dollars, selon l'ordonnance de renvoi. Et ce, sans compter les virements bancaires. Le président Jean-Baptiste Parlos a relevé lors des débats que Jose Leitao était si notoirement corrompu qu'on le surnommait "monsieur trente", car il était supposé prendre 30% sur certaines transactions. Pierre Falcone a nié et donné, lui, une tout autre explication: "C'était un soldat. Ils sont partis à 1000, ils sont revenus à trente". Il y avait aussi selon le président un "monsieur vingt", l'ambassadeur d'Angola en France, Elisio de Figueirido. Pierre Falcone lui a d'ailleurs acheté une Mercedes 600 en 1997, livrée avec des plaques "corps diplomatique", a découvert la police. Autant d'éléments qui permettent, au fur et à mesure, de comprendre un peu mieux le mécanisme de la transaction.

 

 

Auteur :  Maud  PIERRON

Publié   le :  05 novembre  2008

Rubrique :  International.

Source :  LeJDD.fr

 

 

 

 

 

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