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FRANÇAFRIQUE : LA MORT DU PARRAIN OMAR BONGO SONNE LE GLASS DU RÈGLEMENT DE COMPTE CHIRAC/GISCARD. (le 11/06/2009 à 10h27)
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Échanges d'amabilités entre Jacques Chirac et Valéry Giscard d'Estaing, avec comme toile fond la mort du président gabonais Omar Bongo
Jacques Chirac accueille son homologue Omar Bongo à l'Elysée, le 30 novembre 2006.
JACQUES CHIRAC NIE AVOIR ÉTÉ FINANCÉ PAR OMAR BONGO EN 1981.
Même retirés de la vie politique, Valéry Giscard d'Estaing et Jacques Chirac soldent encore leurs comptes. Aux accusations du premier, le deuxième a opposé un démenti.
L'ancien président de la République Jacques Chirac a affirmé mercredi que les propos de Valéry Giscard d'Estaing selon lesquels le président gabonais Omar Bongo aurait soutenu financièrement sa campagne pour la présidentielle de 1981 étaient « dénués de tout fondement ».
L'ancien chef de l'Etat était interrogé après une réunion du Conseil constitutionnel à laquelle il participait. « Ces propos sont dénués de tout fondement. Ils ne relèvent que d'une médiocre polémique », a déclaré Jacques Chirac.
Mardi, VGE avait déclaré sur Europe 1, à propos de la présidentielle de 1981 dans laquelle il a brigué en vain sa réélection, affrontant au premier tour M. Chirac : « Normalement, vous savez qu'on n'acceptait pas des versements de fonds provenant de pays étrangers qui soutenaient des candidats en
France. Et j'ai appris que Bongo soutenait financièrement Jacques Chirac ».
« CALOMNIE » ET « VIELLESSE »
L'ex-président, dont la campagne de 1981 fut plombée par l'affaire des diamants du dictateur centrafricain Bokassa, n'a jamais été avare de piques contre son successeur Chirac. Les relations de M. Giscard d'Estaing avec celui qui fut son Premier ministre sont notoirement mauvaises. Les deux hommes se côtoient au Conseil constitutionnel où ils siègent en tant qu'ex-présidents.
Jacques Chirac avait trouvé un défenseur mardi en la personne de Charles Pasqua: « basse insinuation », « calomnie » et « vieillesse », a accusé l'ancien ministre de l'Intérieur.
Annoncé officiellement lundi, le décès d'Omar Bongo, figure historique de la « Françafrique », a relancé le débat sur les relations de la classe politique française avec le continent noir, sur fond d'accusations de financement occulte.
UN VIEUX CONTENTIEUX ENTRE JACQUES CHIRAC ET VALÉRY GISCARD D’ESTAING.

Leur querelle dure depuis des décennies, et semble ne pas connaître d'épilogue. Les deux anciens présidents Jacques Chirac et Valéry Giscard d'Estaing se livrent en effet une nouvelle passe d'armes, avec comme toile de fond le décès d'Omar Bongo . Tout a commencé mardi, lorsque VGE déclare sur Europe 1 que l'ancien président gabonais décédé la veille avait « soutenu financièrement Jacques Chirac » en 1981, une présidentielle au cours de laquelle Giscard briguait en vain sa réélection, affrontant au premier tour son ancien Premier ministre Jacques Chirac. La réaction de ce dernier ne s'est pas fait attendre. Mercredi, Jacques Chirac affirme à l'Agence France Presse que ces propos étaient « dénués de tout fondement et qu'ils ne relevaient que d'une médiocre polémique ».
Les relations de Valéry Giscard d'Estaing avec celui qui fut son Premier ministre (1974-1976) sont notoirement mauvaises. VGE, dont la campagne de 1981 fut plombée par l'affaire des diamants du dictateur centrafricain Bokassa, n'a jamais été avare de piques contre son successeur Chirac.
Les deux hommes se côtoient désormais au Conseil constitutionnel où ils siègent en tant qu'ex-présidents.
Publié le : 10 juin 2009
Rubrique : International
Source : http://africdossier.oldiblog.com
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AFFAIRE DES « BIENS MAL ACQUIS » : LA PROCÉDURE CONTINUE MALGRÉ LA MORT D’OMAR BONGO. (le 11/06/2009 à 10h24)
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La mort du président Omar Bongo, cité dans l'affaire dite des « biens mal acquis », n'annule pas la procédure judiciaire en cours en France dans laquelle des membres de sa famille et deux autres chefs d'Etat africains sont également visés.
La doyenne des juges d'instruction financiers de Paris a donné début mai son feu vert à l'ouverture d'une enquête judiciaire sur les conditions dans lesquelles un très important patrimoine immobilier et mobilier a été acquis en France par trois chefs d'Etat africain - Omar Bongo, Denis Sassou Nguesso du Congo et Teodoro Obiang de Guinée équatoriale - et des membres de leur entourage.
A l'origine de cette affaire figurent des plaintes pour « recel de détournement de fonds publics, blanchiment, abus de bien social, abus de confiance et complicité » déposées par des ONG, dont l'association anti-corruption Transparence internationale France (TI).
Le parquet de Paris, opposé à la décision de la magistrate, a saisi la cour d'appel qui doit dire si la justice peut ou non enquêter.
Aucune action publique n'était envisageable à l'encontre d'Omar Bongo, tout chef d'Etat disposant d'une immunité liée à sa fonction.
Selon le ministère des Affaires étrangères, « les chefs d'Etats en exercice bénéficient d'une inviolabilité et d'une immunité de juridiction pénale absolue ». En revanche, les membres de leur famille (proches ou éloignés) ne bénéficient pas de cette immunité à l'étranger sauf « s'ils accomplissent pour le compte de l'Etat étranger une mission officielle ».
Une dizaine de membres de la famille Bongo ont été cités en 2007 comme étant les détenteurs de comptes bancaires et/ou des propriétés en France dans un rapport d'enquête de police que l'AFP a consulté. Cette enquête a été classée sans suite par le parquet.
Selon les enquêteurs, Omar Bongo détenait personnellement en France 11 comptes bancaires à Nice et Paris et une dizaine de propriétés « dans des quartiers à forte valeur marchande ».
Parmi ses proches, Pascaline Bongo, sa fille et directrice de cabinet, est épinglée pour le financement « pour le moins atypique », selon les policiers, d'une Mercedes R350L, payée par trois chèques, dont un d'un avocat français de Bongo et un autre réglé par la Pairie du Gabon en France.
Son fils Jeff Bongo détiendrait pour sa part huit comptes bancaires et huit biens immobiliers.
« La disparition du président Bongo ne change rien aux poursuites en cours car plusieurs membres de sa famille sont également visés par nos plaintes », explique William Bourdon, avocat de TI.
« L'enquête de police a montré que les détournements de fonds sont imputables à une entreprise familiale », dit-il.
Interrogée sur la transmission des biens contestés du président à ses héritiers, l'avocat estime que « les opérations de succession sur les biens mal acquis ne peuvent être aujourd'hui que très compliqués » et ne peuvent « qu'être suspendues, compte tenu de la procédure en cours ».
Publié le : 09 juin 2009
Rubrique : International
Source : AFP
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LE MOLLAH OMAR : A-T-IL FINANCÉ LES CANDIDATS AUX ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLES EN FRANCE ? (le 11/06/2009 à 10h22)
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VALERY GISCARD D’ESTAING AFFIRME QUE BONGO A FINANCÉ LA CAMPAGNE DE JACQUES CHIRAC.
Les présidents Omar Bongo et Jacques Chirac
L'ancien président de la République Valéry Giscard d'Estaing a révélé que le défunt président gabonais avait apporté un soutien financier à Jacques Chirac, son concurrent de l'époque à l'élection présidentielle.
Au milieu des louanges et hommages, c'est une accusation qui ne passe pas inaperçue. Sur Europe 1 mardi matin, l'ancien président de la République française (1974-1981) Valéry Giscard d'Estaing s'est exprimé sur la mort d'Omar Bongo révélant notamment le soutien financier du chef d'État gabonais à la campagne présidentielle de 1981 de Jacques Chirac.
«Normalement on n'acceptait pas les versements de fonds provenant de pays étrangers qui soutenaient des candidats en France et j'ai appris que Bongo soutenait financièrement Jacques Chirac» a déclaré Valéry Giscard d'Estaing.
« Moi, j'étais président de la République à l'époque », a-t-il poursuivi, « j'ai appelé Bongo et je lui ai dit: vous êtes bien aimable mais vous soutenez la campagne de mon concurrent, alors il y a eu un temps mort que j'entends encore et il m'a dit : Ah vous le savez ? » a dit l'ancien pensionnaire de l'Élysée, ponctuant ce récit d'un ironique « c'était merveilleux ». «A partir de ce moment-là j'ai rompu mes relations avec lui» a ajouté Valéry Giscard d'Estaing, qui avait échoué à se faire réélire en 1981.
SUR OMAR BONGO ET LES FINANCEMENTS DES PARTIS POLITIQUES : GISCARD A LA MÉMOIRE QUI FLANCHE.
Les présidents Omar Bongo et Valéry Giscard D'Estaing
Valéry Giscard d'Estaing, alors président de la République, reçoit son homologue gabonais Omar Bongo, le 4 novembre 1977 à Paris.
L'ex-président Valéry Giscard d'Estaing dit avoir rompu avec le président gabonais Omar Bongo en 1981, après avoir appris que celui-ci finançait la campagne présidentielle de Jacques Chirac. VGE oublie une partie de chasse en 1986...
Valéry Giscard d'Estaing a-t-il eu un trouble volontaire de la mémoire? Dans le concert habituel d'éloges aux disparus, la voix de l'ancien président de la République française (1974-1981) a tranché. El hadj Omar Bongo Ondimba, le chef de l'Etat du Gabon mort lundi 8 juin en Espagne d'un cancer, n'avait pas que des qualités, selon VGE dénonçant notamment une dérive vers le pouvoir.
L'ex-président français (1974-1981) raconte même avoir rompu toute relation avec Bongo en 1981. Il avait une bonne raison, puisqu'il venait d'avoir confirmation de la bouche même du président gabonais que ce dernier avait choisi de financer la campagne de son rival et ex-premier ministre Jacques Chirac pour la présidentielle de 1981.
Seulement voilà, cette version est contredite par des confidences recueillies auprès de Pierre Dabezies, ancien ambassadeur de France au Gabon (1981-1986), aujourd'hui décédé. VGE avait effectué une visite privée à Libreville en 1986 avant les élections législatives en France pour l'une de ces parties de chasse dont raffolait Giscard. Son arrivée n'était d'ailleurs pas passée inaperçue, puisqu'un attroupement s'était formé autour de lui à la sortie de l'aéroport, selon les souvenirs de l'ancien diplomate.
METTRE TOUS LES CHIFFRES ET LES FINANCEMENTS SUR LA TABLE DE LA FRANCE
Réagissant aux propos de VGE, l'ancien ministre de l'intérieur Charles Pasqua a déclaré mardi sur RTL n'avoir « jamais entendu » qu'Omar Bongo ait aidé « financièrement tel ou tel » dans la classe politique française, conseillant de « s'adresser au niveau des présidents de la République » pour avoir plus de précisions. « Ceux qui ont des informations de ce type, je les invite à mettre les chiffres sur la table », a-t-il dit alors qu'il était interrogé sur les allégations récurrentes faisant état d'un financement par le chef d'État gabonais de nombre de campagnes électorales françaises.
Ces accusations de financements occultes jettent une ombre sur les contours de «l'amitié personnelle» très forte qu'entretenaient Jacques Chirac et Omar Bongo. Après l'annonce du décès du président gabonais, l'ancien président de la République Jacques Chirac et son épouse Bernadette avait salué lundi la mémoire d'un « sage » qui « a contribué à la paix et à la stabilité du continent africain ».
« Les armoires africaines sont pleines de cadavres. Ces sources de financement de partis politiques ont été multiples et Valéry Giscard d'Estaing en dit trop ou pas assez » a réagi auprès du figaro.fr William Bourdon, avocat et président de l'association Sherpa, qui mène avec d'autres organisations (Transparency International, Survie) un combat judiciaire contre le détournement d'argent par les chefs d'Etat africains.
Par ailleurs, Valéry Giscard d'Estaing a jugé qu'Omar Bongo « ne représentait pas à lui seul la Françafrique » mais « qu'il était un des derniers à la représenter et donc sa disparition marque d'une certaine manière la fin de la Françafrique ». « C'est un peu prématuré de signer ainsi l'acte de décès de la Françafrique. C'est un système qui dépasse les hommes » a réagi William Bourdon.
Ces propos de Valéry Giscard d'Estaing interviennent trois ans après le discours de Cotonou au Bénin de Nicolas Sarkozy. Alors candidat à l'Elysée, il avait promis l'avènement d' « une relation nouvelle (...), équilibrée, débarrassée des scories du passé » entre la France et ses anciennes colonies.
De son côté, le député PS André Vallini a estimé, mardi 9 juin, que le président gabonais Omar , décédé la veille, avait financé en France des campagnes électorales pour le compte de la droite comme « peut-être » de la gauche.
« Nous savons tous précisément qu'Omar Bongo a financé de nombreuses campagnes électorales à droite mais aussi à gauche, parfois, peut-être. On l'a entendu dire. Je crains hélas que cela soit un peu vrai, y compris concernant la gauche », a-t-il déclaré dans les couloirs de l'Assemblée nationale.
M. Vallini était interrogé sur les propos de l'ex-président Valéry Giscard d'Estaing, selon qui Omar Bongo a financé la campagne présidentielle de Jacques Chirac en 1981. « La Françafrique, cela concerne la droite mais cela a pu concerner la gauche », a insisté M. Vallini. « Je considère que les deux septennats de François Mitterrand n'ont pas été parfaitement clairs sur le plan de la Françafrique. »
Le député socialiste a aussi souhaité la poursuite de la procédure judiciaire ouverte en France à l'encontre de trois chefs d'Etat africains, dont Omar Bongo, dans l'affaire dite des « biens mal acquis »: « Omar Bongo a de nombreux enfants qui vont hériter de tout ce qu'il a acquis et plutôt mal acquis. »
Publié le : 09 juin 2009
Rubrique : International
Source : http://africdossier.oldiblog.com
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FRANÇAFRIQUE : POURQUOI LA VRAIE – FAUSSE MORT DU MOLLAH OMAR BONGO ? (le 11/06/2009 à 10h20)
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Le gouvernement français et l'avocat de Bongo ont déclaré ne disposer d'aucune information. L'état de santé d'Omar Bongo fait l'objet de spéculations depuis qu'il a été hospitalisé à Barcelone, Pourquoi ?
ANALYSE
La persistance de réseaux parallèles de la Françafrique peut expliquer les annonces contradictoires sur le sort du président gabonais.
Selon les autorités gabonaises, Omar Bongo Ondimba avait été hospitalisé à Barcelone pour un simple « bilan de santé approfondi et des soins appropriés » début mai. (© AFP Eric Feferberg)
Combien de temps les autorités gabonaises vont-elles pouvoir tenir? Dans la matinée, le Premier ministre gabonais affirmait que le président Omar Bongo, 73 ans, était «bien vivant», démentant formellement l'information diffusée la veille par Le Point.fr et l'AFP sur son décès dans une clinique de Barcelone. Mais quelques heures plus tard, des médias espagnols - le quotidien La Vanguardia et l'agence espagnole Europa Press - indiquaient que le chef de l'Etat gabonais, au pouvoir depuis 1967, serait mort en début d'après-midi. Pour l'heure, cette information n'a pas été confirmée par l'hôpital, ni par le gouvernement espagnol. Agé de 73 ans, Bongo souffre d'un cancer intestinal.
L'annonce par les médias français, hier soir, de la mort du président du Gabon Omar Bongo a d'ores et déjà provoqué de fortes tensions entre Paris et Libreville. Ce matin, l'ambassadeur de France dans la capitale gabonaise, Jean-Didier Roisin, a été convoqué au ministère gabonais des Affaires étrangères, qui lui a transmis une protestation verbale. Depuis plusieurs mois, le pouvoir gabonais accuse les journalistes français de mener une campagne de dénigrement systématique à son encontre.
AFFAIRE DES BIENS MAL ACQUIS
Les relations franco-gabonaises sont également polluées par l'affaire dite des « biens mal acquis »: plusieurs plaintes ont été déposées par des ONG contre trois présidents africains, dont Omar Bongo, accusés d'avoir acquis un vaste patrimoine immobilier en détournant des fonds publics. Paris a beau réaffirmé que la justice et les médias sont indépendants, rien n'y fait. Le clan Bongo soupçonne l'Elysée de double jeu.
En l'espèce, la confusion est entretenue par l'existence d'une «source proche du gouvernement français» qui aurait confirmé à l'AFP le décès du doyen des chefs d'Etat en Afrique, au pouvoir depuis 1967. Avant son élection à l'Elysée, Nicolas Sarkozy avait promis de mettre fin aux réseaux parallèles qui perdurent dans les relations avec les ex-colonies françaises sur le continent noir. Mais, comme l'ont bien montré Antoine Glaser et Stephen Smith dans leur dernier ouvrage (1), l'Elysée s'appuie côté pile sur un groupe de conseillers africains dirigés par Bruno Joubert (l'ex-cellule Afrique de l'Elysée) et côté face sur des émissaires proches du secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant. Parmi eux figure notamment l'avocat Robert Bourgi, proche de la présidence gabonaise.
(1) Sarko en Afrique, Plon.
Publié le : 08 juin 2009
Rubrique : International
Source : Liberation.fr
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BARACK OBAMA À OMAHA POUR LA COMMÉMORATION : EN 1944 L’ARMÉE AMÉRICAINE ÉTAIT TRÈS RACISTE. (le 07/06/2009 à 00h17)
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« L'armée américaine qui débarque en France est une armée raciste et ségrégationniste. Les Noirs y occupent, légalement, une position inférieure à celles des Blancs. Ils servent au sein d'unités spécifiques, affectées essentiellement à des tâches de soutien. S'ils représentent 8,7% des effectifs militaires, ils sont à peine 3% des troupes combattantes. Sans remonter à la guerre de Sécession, « la situation des Noirs était pire dans l'armée américaine en 1941-45 que pendant la Grande Guerre, durant laquelle deux divisions purement noires ont servi en première ligne », assure l'historien Yves Buffetaut, dans un dossier du magazine « Batailles » (1). Cette ségrégation durera, sur la plan juridique, jusqu'en 1948 et ne disparaîtra dans les faits qu'à l'époque de la guerre du Vietnam (1965-72).

Le 6 juin 1944, une seule unité noire participe au Débarquement : le 320ème Barrage Balloon Battalion. Ce sont eux qui vont installer, sur Omaha Beach, un barrage de ballon destiné à empêcher les attaques de l'aviation ennemie à basse altitude. Dans les jours et les semaines qui suivent, d'autres Noirs débarquent en Normandie : ils sont essentiellement chauffeurs de poids lourds, conducteurs d'engins amphibies ou dockers. Aucune unité noire n'est alors engagée dans les combats.
Il faudra attendre que la situation se dégrade sérieusement, durant l'offensive allemande des Ardennes fin 1944, pour que des Noirs soient autorisés à s'illustrer au combat. Il s'agit en particulier de bataillons d'artillerie et de chasseurs de chars (Tank destroyers). Plus tard, lors de l'entrée des Américains en Autriche, c'est un bataillon de chars (761ème Tank Bataillon) qui est à l'avant-garde. Pour éviter qu'ils n'entrent en contact avec l'armée soviétique avant les Blancs, le commandement ordonne l'arrêt des livraisons de carburant. Las ! Les tankistes en dérobent et arrivent les premiers au contact de l'armée rouge... ce qui sera soigneusement passé sous silence. L'aviation américaine comptera également quelques unités noires, surnommées « Tuskegee Airman ». Le 332ème Fighter Group, là encore uniquement noir, sera engagé sur le théâtre méditerranéen, notamment en Italie, où il obtiendra des résultats impressionnants.
La médaille a son revers: de nombreux Noirs seront impliqués dans des affaires criminelles contre les populations civiles. En France, il y eut ainsi 86 condamnations pour viols et plus de 80% des condamnés étaient des Noirs. Cette « Face cachée des GI's » a été étudiée par l'universitaire américain Robert J. Lilly, qui décrit la partialité de la justice militaire en défaveur des Noirs. Une historienne, Alice Kaplan, s'est penché sur le cas du soldat Hendricks, condamné à mort pour le meurtre d'un paysan breton durant l'été 44. Elle démonte (2) à son tour les mécanismes mentaux d'une armée raciste, venue en Europe pour combattre les nazis.
Publié le : 06 juin 2009
Rubrique : International
Source : http://secretdefense.blogs.liberation.fr
Note
(1) Batailles n°34. Mai-juin 2009 « La tragédie des GI's noirs ».
(2) Alice Kaplan « L'interprète » (Gallimard 2007)
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