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puce HOMMAGE A JEAN-MARC ELA, SOCIOLOGUE, THEOLOGUE ET ANTHROPOLOGUE CAMEROUNAIS (le 21/12/2008 à 20h33)

 

 

 

Qui  est  Jean  Marc  Ela,  quel  a  été  le  sens  de  son  combat  panafricain,  Jean  Marc  Ela  nous  quitte  ce  lundi  15  décembre  2008,  depuis  son exil  canadien,  dans  un  texte  (voir  ci-dessous)  écrit  par  B.  Amani,  Africdossier  partage  avec  vous  le  combat  d’un  révolutionnaire,  qui  vient  de  nous  quitter.  Paix  à  son  âme.

 

 

 

 

 

L’information a d’abord circulé en début d’après midi de lundi 15 décembre sous forme de rumeur à Yaoundé au Cameroun. Après moult recoupements, notamment auprès des Camerounais vivant au Canada où il s’était réfugié depuis 1995, Le journal Messager n’avait pourtant pu obtenir confirmation du décès de Jean Marc Ela jusque tard dans la soirée. La note diffusée annonçant le décès du chercheur camerounais et Africain, était malheureusement fondée. Pour le moment, rien de précis ne filtre sur le mal qui a emporté le Professeur émérite. Seule certitude, il était souffrant ces derniers jours, affirment des sources concordantes. La disparition de Jean-Marc Ela plonge dans l’émoi les milieux universitaires. Le savant était titulaire de trois doctorats ( Sociologie, Théologie et Anthropologie)  et d’une Licence en Philosophie. Au-delà de son Cameroun natal, Jean Marc Ela a marqué le monde contemporain par ses écrits. Il était devenu le « porte-parole de l’Afrique des petits », n’hésitant pas à mettre le doigt sur les plaies qui gangrènent la société africaine.


Pendant plus de 25 ans, le chercheur aura passé au crible de son regard critique le quotidien de l'Afrique et des Africains : « Dans le spectacle du quotidien se trouvent les indicateurs de tout un système. Il n'y a pas d'intelligence du social possible sans ce recentrage sur la quotidienneté pour lui donner sens. Ce postulat définit tout l'horizon de ma recherche en sciences sociales », expliquait-il. Ses analyses issues du terrain, parmi les paysans africains confrontés aux multiples problèmes tels que la famine, la sécheresse, la maladie, etc., sont des références en Afrique, et qui ont fait font de lui en Europe et dans le monde, un homme de foi et de vérité. « En ce moment, ce qui me préoccupe le plus, c’est de consacrer ma capacité de réflexion et d’analyse sur les enjeux théoriques et institutionnels de la production de connaissances », affirmait-il quelque temps avant sa mort.

 

CONTRE  LES  EVÊQUES  CORROMPUS  D’AFRIQUE.

 

Une mort qu’il avait dû fuir au Cameroun en 1995 devant les menaces de plus en plus précises qui pesaient sur lui surtout depuis l’assassinat du père jésuite Engelbert Mveng, homme : « Qu’a-t-il pu faire ou ne pas faire, dire ou refuser de dire, voir qu’il n’aurait pas dû voir, qui ait pu jeter la mort à ses trousses et le contraindre à l’exil ? », s’interrogeait alors le Pr. Maurice Kamto le 13 décembre1995, actuel ministre délégué à la Justice. Selon lui, Jean Marc Ela était un « sociologue du peuple ordinaire, de la misère aphone, des campagnes qui se meurent et des villes qui suffoquent (et) point un activiste politique ». Né à Ebolowa au Sud du Cameroun en 1936.


Jean Marc Ela, auteur prolifique, lègue à la postérité une impressionnante bibliographie qui s’illustre par son iconoclasme. Illustration : abordant l’hypothèse d’un pape noir, il profite pour stigmatiser le pouvoir monarchique des évêques africains. Il notait que, « s'il y avait un pape noir, je craindrais qu'il n'y eût pas de changements spectaculaires parce que les évêques et les cardinaux d'Afrique, en dehors de quelques exceptions, sont plus romains que les romains. Les églises d'Afrique sont gérées par des évêques qui gardent la mentalité du parti unique. En outre, avec la xénophobie qui se développe actuellement dans les pays occidentaux, je ne sais pas comment un Pape noir pourrait être accepté. » Cette critique s’applique à pic, aux évêques Congolais qui ont fait du tribalisme la règle et de la fraternité au delà de l’ethnie, l’exception dans leurs diocèses.

 

 

L'AFRIQUE  PERD  UN  REVOLUTIONNAIRE :  " A  QUOI  SERT  UN  NONCE  APOSTOLIQUE  DU  VATICAN ? "

 

Commentant la disparition de Jean Marc Ela, le chercheur Shanda Tonme du cameroun l’assimile à « un malheur vient toujours gâter un bonheur, sans doute pour nous rappeler qu'il ne faut jamais trop fêter en oubliant que le destin du monde ne dépend pas toujours de nous. La mort de Jean Marc Ela est une perte immense pour notre pays, pour l'intelligence africaine en général, et une certaine idée humaniste du monde. C'était un révolutionnaire tranquille, un vrai engagé dont le verbe se confondait à la flamme de la lutte contre les injustices, un père des pauvres, un apôtre des émotions de la paysannerie et des populations des bas fonds » Contrairement à la plupart des théologiens Africains qui s’étaient lancé dans le jeu du Vatican en privilégiant la théologie de l’inculturation, Jean Marc Ela a choisi la voie de la lutte. Ce qui fait qu’il a combattu toute sa vie pour l’émancipation intellectuelle, religieuse et humaine des Africains. Mars 1986. Il est 19h. Un repas fraternel rassemble au réfectoire du Collège Le Sillon Jeanne Amougou de Yaoundé, fondé par le révérend père Engelbert Mveng, prêtre jésuite assassiné en avril 1995, un groupe de prêtres et de scolastiques jésuites, et la congrégation des pères de Scheut (appelé Cicm). Outre les pères jésuites Engelbert Mveng, Joseph Huet, Vincent Foutchsancé et le frère Philipe Azeufack de la même congrégation religieuse, les pères Cicm de nationalité congolaise dont le Professeur Laurent Mpongo, Cyprien Mbuka (actuel évêque de Boma au Bas-Congo), mais aussi, les abbés Prosper Abega et Jean Marc Ela constituent le dernier bastion de la théologie africaine qui a présidée à la pratique liturgique actuelle dans les églises catholiques d’Afrique. Dans son ouvrage, « Ma foi d’Africain », il a suscité beaucoup d’intérêt autour de sa pensée.

 
Il s’attaquait au tout puissant et très redouté nonce apostolique de Yaoundé de l’époque, Monseigneur Donato Squictuarini. Dans cette œuvre, avec le verve d’un véritable provocateur, il se demande : « A quoi sert un nonce apostolique ? ». Il y fustigeait entre autres, les pratiques mafieuses, le trafic d’influence et l’esprit de domination des faibles qui prévalaient dans les méthodes de travail de celui qui était alors le représentant du Saint siège au Cameroun. Dans une église locale où la plupart des membres du clergé passaient leur temps à soigner leur image face à « l’Oeil du Pape», il fallait avoir un courage à la limite de la témérité pour affronter à un tel dignitaire de l’Eglise. Eh oui ! Le nonce avait répondu. Non pour réfuter ce que Jean Marc Ela avait dit, mais plutôt pour menacer le journal Cameroun Tribune, « d’avoir donné la parole à un tel individu ». Donc, au cours de ce repas fraternel chez le père jésuite Engelbert Mveng, presque tout le monde a passé la soirée à féliciter Jean Marc Ela, « qui a su dire à travers son article au représentant du Saint siège que les églises locales avaient soif d’être respectées, mais surtout d’être appuyées dans leur désir d’émancipation théologique et anthropologique et d’autofinancement », pour reprendre les arguments que l’auteur a lui même utilisé ce soir là, pour défendre sa sortie médiatique. Mais le conflit né à travers cet article était parti pour durer. Convaincu de ses idées, Jean Marc Ela entendait poursuivre le débat. Il s’apprêtait d’ailleurs à donner une autre réplique au nonce apostolique lorsque feu Mgr Jean Zoa, alors archevêque de Yaoundé l’en dissuade.



POUR  LA  LIBERATION  DE  L’AFRICAIN  PAR  LE  « JUSTICICISME »

 

Dans les milieux des débats théologiques africains, Jean Marc Ela bien qu’étant par ailleurs sociologue et anthropologue, était jusqu’à sa mort constituait une autorité référentielle, comme son compatriote Fabien Eboussi Boulaga l’est pour la « philosophie africaine ». Toutes ses œuvres ont un fort caractère de combat pour la libération anthropologique de l’homme africain. Que ce soit dans « La plume et la pioche », ou encore « Le Cri de l’homme africain », en passant par « Ma foi d’africain », « Quand l’Etat pénètre en brousse…riposte paysanne à la crise », ou encore « Voici le temps des héritiers », le livre dont il est coauteur avec le prêtre dominicain français René Luneau, pour ne citer que ces livres, Jean Marc Ela a su questionner de manière essentielle, l’enjeu de Dieu dans les sociétés africaines post coloniales. Pour lui, la théologie comme science était en fait un exercice de recherche de libération et d’affranchissement des peuples opprimés, à l’image du Christ qui est venu pour ceux qui souffrent dans leur corps et leur esprit de la domination du péché certes, mais aussi de la domination des hommes. C’est pour cette raison que toutes les prises de position, les enseignements de ce prêtre originaire du diocèse de Sangmélima étaient redoutés par les dictateurs africains et les pontes à l’esprit colonisateur de l’Eglise catholique. Avec les autres et théologiens africains tels que Engelbert Mveng, Prosper Abega, Pie Claude Ngoumou, Nguindou Muchette,  Kä Mana et Joseph Malula, font partie d’une génération de ceux qui ont accepté  l’Evangile en totalité, avec la nuance qu’ils ont su indiquer aux yeux de l’Eglise universelle et du monde : l’inéluctable processus de christianisation de la culture africaine. Pour lui Jésus-Christ libère l’homme africain dans sa culture tel qu’il est. C’est ce qu’il appelait « inculturation du message évangélique ». Ce combat  mené aux côtés de ses pères aura été à l’origine de la convocation du Synode Africain qui a abouti à la fameuse exhortation post synodale par Jean Paul II « Ecclésia un Africa » en août 1995.

 

 

Publié  le :  21  décembre  2008

Rubrique :  Afrique-hommage

Source :  B.  Amani

 

 

 

 

 

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puce HOMMAGE : LA GRANDE CHANTEUSE MIRIAM MAKEBA EST DECEDEE…. (le 10/11/2008 à 19h34)

 

L'un des symboles de la lutte contre l'apartheid, Miriam Makeba, est morte le soir du 9 novembre 2008 à l’âge de 76 ans, d'une crise cardiaque, près de Naples, en Italie. La chanteuse sud-africaine, connue également sous le nom de Mama Africa, venait de participer à un concert de soutien à l'écrivain Roberto Saviano, menacé par la mafia. Elle s'est effondrée en coulisses, juste après avoir chanté. Mais la grande dame fut aussi une combattante de tous les instants, se servant de sa notoriété pour défendre ses convictions sur la planète entière (voir ci-dessous son autobiographie).

 

Miriam Makeba Miriam Makeba

 

La célèbre chanteuse Miriam Makeba, 76 ans, surnommée « Mama Africa », vient de décéder d'une crise cardiaque en sortant de scène, lors d'un concert donné dans la localité de Castel Volturno, en Italie, à 35 km au nord de Naples.

Elle venait de participer à un concert de soutien à l'écrivain italien Roberto Saviano, menacé de mort par la Camorra.

« Elle avait été la dernière à monter sur scène, après les passages des autres chanteurs. Il y a eu un rappel et à ce moment-là quelqu'un a demandé au micro s'il y avait un médecin dans l'assistance. Miriam Makeba s’était évanouie et gisait sur le sol ».

Elle était née en 1932 à Johannesburg, et de son vrai nom s'appelait Zenzile Makeba Qgwashu Nguvama Yiketheli Nxgowa Bantana Balomzi Xa Ufun Ubajabulisa Ubaphekeli Mbiza Yotshwala Sithi Xa Saku Qgiba Ukutja Sithathe Izitsha Sizi Khabe Singama Lawu Singama Qgwashu Singama Nqamla Nqgith, selon la tradition sud-africaine qui reprend tous les prénoms de ses ancêtres.

Miriam Makeba avait un double statut : première chanteuse africaine à avoir obtenu un succès international, applaudie sur les scènes du monde entier pendant près de quatre décennies, l’auteur de « Pata Pata » était aussi le symbole de la lutte contre l’apartheid. « Ma vie, ma carrière, chaque titre que je chante et chaque concert sont liés au destin de mon peuple », expliquait-elle dans son autobiographie, Makeba My Story, publiée en 1988.

Sa notoriété internationale, elle la doit notamment au tube Pata Pata, repris en France par Sylvie Vartan sous le titre « Tape Tape ». Elle passera 31 ans en exil à cause de l'apartheid qui a longuement sévi dans son pays, et sera naturalisée guinéenne au début des années 60. Elle obtiendra également la nationalité française en 1990, après avoir été faite Commandeur des Arts et des Lettres.

Avec le temps, elle était devenue « Mama Africa ». Assumant pleinement ce rôle, elle fut distinguée de nombreuses fois pour son engagement constant : le prix Dag Hammarskjöld, le grand prix du Conseil international de l’Unesco… En 2002, elle avait reçu les insignes de commandeur de la Légion d’honneur des mains du président français Jacques Chirac.


Cette même année, Nelson Mandela, alors récemment libéré, la persuadera de revenir en Afrique du sud.

En 1992, on la retrouvera dans le rôle d'Angelina, au générique du film Sarafina ! Qui raconte les émeutes de Soweto en 1976.

Elle fut la représentante de La Guinée aux Nations-Unies et prit une part importante dans la lutte de la cause africaine sur le plan politique mondiale. C'est une des grandes voix de la chanson internationale qui vient de s'éteindre.

A 73 ans, Miriam Makeba avait annoncé son intention de se retirer de la scène, mais elle tenait d’abord à saluer son public dans tous les pays où elle s’était produite. Lancée en septembre 2005, sa longue tournée d’adieux dura quatorze mois. Un véritable périple, à l’image de son existence.

Paix  à  son  âme !

 

Auteur :  Denis  De  Mongolfier

Publié  le :  10  novembre  2008

Rubrique :  Afrique-Hommage

Source :   http://africdossier.oldiblog.com

 

 

Miriam  Makeba  dans  « Pata Pata »

 

 

 

 

Autobiographie avec  RFI:

Début à Soweto

Née à Soweto le 4 mars 1932, elle commence véritablement à chanter à 22 ans au sein des Manhattan Brothers, un ensemble vocal très populaire. L’époque est au township jazz, mariage du swing et des mélodies traditionnelles. Avec le quartet féminin des Skylarks, avec la revue African Jazz & Variety, la jeune femme multiplie les expériences.

Sollicitée par le réalisateur américain Lionel Rogosin pour interpréter deux de ses chansons dans Come Back Africa (coécrit par le romancier essayiste Lewis Nkosi), elle parvient à se rendre en 1959 au festival de Venise où le documentaire est projeté, sans se douter des répercussions de sa participation à ce long-métrage qui fait découvrir les conditions de vie des Noirs en Afrique du Sud.

Quelques mois plus tard, alors que la chanteuse enchaîne les contrats aux Etats-Unis, son ambassade lui confisque son passeport, l’empêchant de retourner dans son pays assister à l’enterrement de sa mère. L’avertissement est clair mais Miriam Makeba ne veut plus se taire. En 1963, devant le Comité Spécial pour la décolonisation des Nations Unies, elle exhorte la communauté internationale à agir contre l’apartheid et « ses dirigeants fous » parle d’un Etat transformé « en vaste prison ». En représailles, Pretoria la déchoit de sa nationalité, interdit la vente à la diffusion de sa musique.

Exil

L’exil donne à l’artiste une autre dimension, d’autant plus que sa carrière outre-Atlantique est bien lancée. Au premier album éponyme commercialisé en 1960 par la major RCA avec le soutien des musiciens d’Harry Belafonte, qui l’a prise sous sa protection, succède The Many Voices of Miriam Makeba. On lui demande de venir chanter à l’anniversaire du président Kennedy.

Puis vient The World of Miriam Makeba, produit par Hugo Peretti et Luigi Creatore, qui avaient adapté le classique sud-africain Mbube pour en faire le hit The Lion Sleeps Tonight interprété par les Tokens. C’est dans ce créneau qu’on cherche à inscrire son répertoire qu’elle chante en zoulou, en xhosa, en anglais, en espagnol, en portugais… La recette fonctionne.

Sorti en 1965, An Evening With Belafonte/Makeba est récompensé par un Grammy Award dans la catégorie folk traditionnel. L’année suivante, Pata Pata devient un tube, à tel point qu’il occultera souvent le reste de son répertoire. La chanson sera reprise des centaines de fois, de Tito Puente à Manu Dibango, en passant par Sylvie Vartan (Tape tape, 1967).

Sa notoriété lui vaut d’être souvent l’hôte de nombreux chef d’Etats africains avec lesquels elle entretient des relations d’amitiés – ce qui lui sera parfois reproché, de jouer lors de l’inauguration de l’Organisation de l’unité africaine à Addis-Abeba, lors des fêtes des indépendances. Invitée par le président Sékou Touré à venir vivre en Guinée, elle accepte sa proposition en 1969, fuyant les Etats-Unis où sa situation avait tout à coup changé.

Après avoir divorcé du saxophoniste sud-africain Hugh Masekela, elle a épousé Stokely Carmichael, activiste des Black Panthers. Le couple est surveillé par le FBI, les galas de Miriam Makeba sont étrangement annulés. Si elle continue à se produire souvent à travers le monde, comme à Kinshasa lors du mythique combat de boxe entre Mohammed Ali et George Foreman, son retour sur le sol africain marque le début d’une période moins prolifique sur le plan artistique.

Pour Sylliphone, le label national guinéen, elle enregistre une trentaine chansons et sort deux albums : en 1971, L’Appel à l’Afrique, en public au Palais du peuple de Conakry, puis en 1975 Miriam & Bongi, en duo avec sa fille, dans lequel elle reprend Jeux interdits et L’Enfant et La Gazelle, chanté auparavant par Nana Mouskouri. Avec la tournée Graceland de Paul Simon, elle réapparaît au premier plan à la fin des années 80 et retourne en studio pour Sangoma, un disque de musique traditionnelle xhosa.

Retour au pays

Dans son pays, la victoire contre l’apartheid est proche. Quatre mois après la libération de Nelson Mandela, le leader de l’ANC, la chanteuse foule enfin sa terre natale, au terme d’un exil qui a duré plus de 30 ans. Honorée par ses compatriotes qui ne l’ont pas oubliée et devant lesquels elle peut enfin se produire en 1991, elle entend profiter de son retour, de sa famille, mais tient à défendre de son mieux cette nouvelle Afrique du Sud qu’elle a si longtemps espérée. L’année suivante, elle joue aux côtés de Whoopi Goldberg dans Sarafina, un film basé sur les événements de Soweto qui se sont déroulés en 1976, lorsque les manifestations de la jeunesse noire furent violemment réprimées.

Régulièrement, elle revient dans l’actualité musicale. Pour les concerts suivant Homeland, son dernier album en date publié en 2000 sur lequel figurent deux compositions de Lokua Kanza, elle est accompagnée par un orchestre qu’elle appelle sa « petite OUA », avec des musiciens camerounais, malgache, mozambicain, sénégalais… Panafricaine dans l’âme, pionnière de la world music, Miriam Makeba est restée jusqu’à la fin de sa vie une artiste militante, ambassadrice de tout un continent.

 

 

 

 

 

 

 

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