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Le rapport de l’Onu mettant en cause le Rwanda et la RDC pour leurs soutiens respectifs au mouvement de Laurent Nkunda et à d’autres milices dans l’Est de la RDC, met aussi, en cause l’homme d’affaire katangais Raphaël Katebe Katoto, qui selon ce rapport, apporterait un soutien financier au CNDP et épingle aussi, les entreprises belges pour violation aux sanctions. La méthodologie utilisée par les experts de l’ONU, est fondée sur des investigations sur l’interrogatoire aux habitants du Kivu. Cette méthodologie peut-être proche de la vérité ? Si du côté des FARDC (ou du gouvernement), rien à été commenté sur ce rapport, mais de l’autre côté, plusieurs accusés ont rejeté ce rapport, le jugeant sans fondement.
LES REBELLES HUTUS RWANDAIS (FDLR) REJETTENT LE RAPPORT:
Les rebelles hutus rwandais actifs dans l’est de la République démocratique du Congo ont rejeté catégoriquement les conclusions d’experts de l’ONU selon lesquels ils collaborent avec les Forces armées de RDC (FARDC) et exploitent les ressources minières congolaises. « Les FDLR ont déclaré et répètent pour la nième fois qu’il n’y a aucune forme de collaboration entre les FARDC et les FDLR. »
En conséquence, les rebelles hutus rwandais « demandent au Conseil de sécurité des Nations Unies de lever sans délai les sanctions injustes votées contre leur leadership ».
Plusieurs résolutions ont imposé des sanctions ciblées (gel des avoirs et interdiction de voyager) aux chefs des rebelles rwandais.
L’HOMME D’AFFAIRE KATANGAIS (KATEBE KATOTO) REJETTENT LE RAPPORT:
Les experts de l’ Onu qui ont mené les enquêtes affirment détenir des preuves . « Katebe Katoto, sur lui on a trouvé des preuves documentaires de transfert d’argent qui vont vers le CNDP », a affirmé Jason Stearns qui fait également d’un autre soutien à la FRF à partir de Kampala par d’autres personnalités congolaises. Raphaël Katebe Katoto a pour sa part rejeté en bloc les accusations portées contre lui. « On ne m’a jamais contacté, on ne m’a jamais posé la question. On s’est basé sur les bruits qu’on a appris quelque part, mais je dois vous dire que je rejette en bloc tout ce que l’Onu a marqué dans son rapport me concernant. » L’homme d’affaires de poursuivre : « Depuis que j’ai quitté Goma, dans le cadre du RCD, parti politique, je n’ai plus de contacts, ni avec Goma ni avec qui que ce soit, que ce soit Nkunda Laurent ou que ce soit le Rwanda. Je connais Nkunda Laurent quand j’étais à Goma comme 1er vice-président du RCD. Nkunda faisait partie des officiers de l’armée du RCD. Mais dans le cadre du CNDP, pas de contacts ni avec le CND ni avec Laurent Nkunda. On parle du transfert de 25 000 USD. Est-ce que c’est avec 25 000 USD qu’on peut entretenir une rébellion ? »
Se trouvant à Kinshasa dans le cadre des travaux préparatoires de la réunion du comité interministériel de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs prévue le 20 décembre prochain à Nairobi, au Kenya, l’ambassadeur Joseph Mutaboba, envoyé spécial du Rwanda, a qualifié le rapport de l’Onu de mensonger. D’après lui, le but de ce rapport serait de dévier les États membres de la région des initiatives de paix en cours. Même réaction du côté du CNDP qui a déclaré sans fondement le rapport des Nations Unies.
LE CNDP DU REBELLE LAURENT NKUNDA REJETTENT LE MÊME RAPPORT:
« Nous contestons ce rapport qui n'a pas de fondement pour la simple raison qu'on n'a pas besoin d'une aide militaire du Rwanda », a affirmé lors d'une conférence de presse Omar Basile Diatezwa, chargé de mission du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP, rébellion).
Selon lui, les rebelles saisissent les armements des forces gouvernementales lors de leur débandade. Le responsable rebelle est depuis vendredi et jusqu'à mardi au Sénégal, dans le cadre d'une tournée internationale. M. Diatezwa a rencontré vendredi le président sénégalais Abdoulaye Wade qui, selon lui, « a décidé de donner le meilleur de lui-même pour qu'une solution soit trouvée à la crise ».
Concernant l'aspect financier, « le soutien vient de la diaspora et de la population locale pour nourrir » les rebelles, a-t-il affirmé. « Il est vrai que face aux rebelles hutus, aux génocidaires qui sont au Congo (République démocratique du Congo, RDC), le Rwanda est, pour le CNDP, pas un allié mais un +partenaire objectif+, dans le sens où nous avons un ennemi commun, le génocidaire hutu armé », a-t-il admis. « Mais jusqu'aujourd'hui, nous ne recevons rien du Rwanda », a-t-il martelé, malgré le rapport très détaillé de l'ONU.
Le responsable rebelle s'est ensuite lancé dans des commentaires quelque peu confus, à propos de la récente visite du commissaire européen Louis Michel auprès du général Laurent Nkunda.
Il a reconnu par ailleurs que Katebe Katoto, cité dans le rapport de l'ONU comme un des soutiens financiers de la rébellion, était un « ami ». Mais « monsieur Katebe n'a rien à voir avec le CNDP, ni de près ni de loin », a-t-il toutefois affirmé. « Il est résident en Belgique comme moi, de temps en temps on se voit. Curieusement, c'est à l'étranger que je vais apprendre que le CNDP a des relations avec Katebe Katoto. Alors que moi, quand je suis avec lui, en Belgique, on ne parle jamais du CNDP. Cela m'étonne », a-t-il assuré.
Interrogé sur le deuxième financier, cité par l'ONU, Tribert Rujugiro Ayabatwa, conseiller officieux du président rwandais Paul Kagame, il a répondu: « au Rwanda, vous trouvez des Congolais qui y travaillent et ceux qui sont sympathisants du CNDP apportent leur soutien financier ». « La personne citée dans ce rapport, je ne la connais pas personnellement. Moi, je ne suis au courant de rien », a-t-il prudemment conclu.
LE RWANDA REJETTE EN BLOC TOUTES LES ACCUSATIONS DU RAPPORT LE CONCERNANT:
Le Rwanda a déjà dénoncé samedi le rapport de l'ONU l'accusant de soutenir les rebelles dans l'est de la RDCongo, le qualifiant d'inexact et le comparant à une "vendetta" destinée à détourner la région des efforts de paix en cours.
LA BELGIQUE TIRE DES CONSEQUENCES SUR LES ENTREPRISES BELGES INCRIMINEES DANS LE RAPPORT:
M. De Gucht salue, en outre, le récent dialogue bilatéral noué entre le Rwanda et la RDC et dont les objectifs sont la recherche de la paix et de la stabilité dans la région et la reprise des relations diplomatiques. Le ministre belge souligne enfin l’importance de la lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles qui constitue « un facteur important de la poursuite de l’instabilité à l’est du Congo ». En ce qui concerne les personnes et les entreprises belges citées dans le rapport pour implication dans les violations du régime de sanctions, M. De Gucht a annoncé que le gouvernement prendra des mesures appropriées « pour que nos entreprises respectent les codes de conduites internationaux en vigueur ».
REMARQUE :
Selon certains milieux occidentaux, il est temps de mettre en place au Congo un autre gouvernement. Nkundabatware se présente déjà comme le prochain premier ministre de ce gouvernement, déplore un quotidien de Kinshasa. Après le gouvernement d’union nationale qui prend corps dans les milieux occidentaux, faudra-t-il encore une transition ? Qui débouchera sur quoi ? Car, on aura démontré que les élections en RDC ne servent à rien. En 1960, il y avait élections. Le pouvoir issu de ces élections a été arrêté net avec l’assassinat de Lumumba.
Jason Stearns, chef du groupe d'experts de l'ONU sur le Rwanda et la RDC - Ecoutez (Real)
Joseph Sengimana, représentant permanent du Rwanda à l'ONU - Sauvegardez (Real)
Résumé par : Appolinaire Noël KOULAMA
Publication : 15 décembre 2008
Rubrique : Afrique centrale
Source : Africdossier.oldiblog.com
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