LA MORT DU MOLLAH OMAR PLONGE LE GABON DANS LA COURSE DU POUVOIR ET DE L’INCERTITUDE. (le 11/06/2009 à 10h25)
Le vieux président qui a régné durant quarante et un ans sur son pays n'a pas désigné de dauphin pour sa succession. La date des funérailles été fixée au 18 juin.
Des Librevillois passent devant une affiche marquant les 40 ans de pouvoir d'Omar Bongo, le 28 février 2008. Après le choc de l'annonce du décès du dirigeant gabonais, la capitale avait repris, mardi, un visage normal.
Omar Bongo aura échoué dans son dernier pari. «Personne ne doit chercher à mourir au pouvoir. Il faut arrêter ; vivre un peu le temps qui reste», déclarait récemment le président gabonais sur RFI. Il est finalement mort, lundi, dans le costume du doyen des chefs d'État africains, au terme de quarante et un ans de pouvoir.
Le décès laisse un vide qui ressemble à un gouffre tant la longévité et l'exercice très personnel du pouvoir d'Omar Bongo n'avait pas préparé le Gabon à une quelconque transition.
Mardi, après le choc de l'annonce, Libreville était calme. La capitale avait repris un visage normal. Mais signe que cette situation inédite inquiète toujours, des militaires demeurent discrètement placés aux points stratégiques et devant les bâtiments officiels.
Le gouvernement et les proches du président défunt, qui ne forment souvent qu'un, parent au plus pressé. La dépouille d'Omar Bongo devait être rapatriée de Barcelone dans la journée de demain. Un deuil a été décrété jusqu'à lundi et les funérailles, auxquelles devraient sans doute assister Nicolas Sarkozy et de nombreux chefs d'état africains, fixée au 18 juin à Franceville, dans l'est du pays. L'avenir du Congo, en revanche, reste incertain. «On a l'impression que tout se fait dans l'urgence», reconnaît un diplomate.
LASOCIÉTÉOULECLAN«BONGO SA»
Il est vrai qu'Omar Bongo, comme pour conjurer un mauvais sort, évitait précisément de préparer la vie sans Bongo. « Il n'y a pas de dauphin. Qui dit que la succession est ouverte ? Je serai candidat en 2012, si Dieu me donne la force », avait-il coutume de répondre si l'on évoquait son départ. Officiellement, le Gabon se réfugie donc derrière la « Légalité constitutionnelle » pour gérer la succession. L'intérim devait être confié à la présidente du Sénat, Rose Francine Rogombé, avec pour mission d'organiser des élections. Mais déjà le respect à la lettre de la loi fondamentale paraît compromis. Le texte prévoit que le scrutin se tienne avant 45 jours. Un délai qui apparaît proprement intenable. Les listes électorales ne sont pas à jour, et le matériel n'est pas prêt. Un report de la présidentielle est presque inévitable.
Personne ne paraît cependant douter de la tenue d'une élection. Pour le clan Bongo, surnommé « Bongo SA » ou la Famille, le vote semble le moyen le plus sûr de conserver le pouvoir sans heurter de front les institutions internationales. Sera-t-elle pour autant totalement libre ? André Mba Obame, le ministre de l'Intérieur, l'affirme : « Nous suivons strictement la voie constitutionnelle. Contrairement à toutes les supputations, à tous les projets machiavéliques qu'on prêtait aux uns et aux autres. » Comme tous, ce cacique du tout-puissant Parti démocratique gabonais (PDG) s'agite dans les coulisses pour soutenir son candidat, Ali ben Bongo, le fils du président et ministre de la Défense.
Les ambitions de l'héritier en heurtent d'autres, à commencer par celles de son beau-frère, Paul Toungui. Les luttes internes dans le PDG, ex-parti unique et cœur du pouvoir, seront féroces.
Elles pourraient affaiblir un peu plus encore aux yeux du peuple la crédibilité du gouvernement. Car le Gabon dont héritera le futur président est loin de l'eldorado que laissait, un temps, imaginer ses richesses. L'émirat pétrolier ne produit plus «que» treize millions de barils par an, les mines d'uranium ont fermé et la situation sociale est plus que tendue. La pauvreté augmente.
En embuscade, la France, dont les relations avec Omar Bongo s'étaient dégradées ces dernières années sur fond d'enquêtes judiciaires, suit la situation de très près.
LESSUCCESSEURSPOTENTIELS :
Ali Ben Bongo,L'héritier naturel,Le fils du président défunt se prépare depuis longtemps à la succession.
Paul Toungui,Un gendre ambitieux,Mari de Pascaline Bongo, il était un proche de l'ex-chef d'État.
Publiéle :10juin2009
Rubrique : Afrique centrale
Source : Le Figaro.fr
NOTE DE LA RÉDACTION
Rose Francine ROGOMBE, nouvelle présidente :Conseillère municipale depuis avril 2008 et sénatrice du 1er arrondissement de Lambaréné, chef-lieu du Moyen-Ogooué, depuis le 1er janvier 2009, Rose Francine Rogombé, 67 ans, est juriste de formation.
Candidate unique lors de son élection à la Présidence du Sénat, Mme Rogombé a obtenu 90 voix favorables des 99 sénateurs, succédant ainsi à René Radembino Coniquet pour un mandat de six ans. En 2006, selon certaines sources, elle avait été pressentie pour assurer l’intérim du mandat de Georges Rawiri, l’inamovible président du Sénat décédé cette année-là. Mais elle ne détenait pas à l’époque de mandat de sénateur.
Mme Ragombé a été secrétaire d’État à la Promotion de la Femme sous les différents gouvernements du Premier ministre Léon Mébiame. Titulaire d’une licence de théologie depuis 2007, elle est mariée et mère d’une famille nombreuse.
Selon l’article 13 de la constitution, c’est a elle que revient actuellement la tache d’assurer l’intérim de la présidence et d’organiser des élections auxquelles elle ne sera pas candidat.
GABON : UNE MANIFESTATION DEMANDANT LA DÉMISSION DE BONGO INTERDITE À LIBREVILLE. (le 24/05/2009 à 23h54)
Une manifestation du groupuscule d'opposition« Bongo doit partir » (BDP) réclamant la « Démission » du président Omar Bongo Ondimba, actuellement hospitalisé, a été interdite samedi par un important dispositif policier, a constaté un journaliste de l'AFP sur place.
Une dizaine de membres du mouvement, très présent sur Internet, se sont rendus sur place mais n'ont pas déployé de matériel, la police leur ayant indiqué que le rassemblement était interdit.
Le BDP( Bongo doit partir ) n'a pas d'existence légale. Leur +structure+ existe depuis quatre ou cinq ans mais ils n'ont jamais déposé de statuts, ils n'ont pas de personnalité juridique. Ils n'ont jamais présenté un candidat aux élections. Leur demande de manifestation ne comportait pas de contacts », a déclaré André Mba Obame, ministre de l'Intérieur, pour justifier l'interdiction.
Dans son tract, le BDP demandait notamment « la démission d'Omar Bongo Ondimba» en raison de« sa maladie ».
Pascal Nkoulou, un des coordinateurs du mouvement a affirmé à l'AFP que l'interdiction n'était « pas démocratique ».
« Nous réclamons que l'état de santé du président (gabonais) soit rendu public dans un bulletin médical. Cela fait partie du domaine stratégique et le gouvernement est coupable de mensonge. Ca ressemble à une conspiration », a affirmé M. Nkoulou.
Le BDP( Bongo doit partir ) « refuse toute révision constitutionnelle » et demande des « élections en présence d'observateurs de l'ONU ».
Le président gabonais Omar Bongo Ondimba, 73 ans dont 41 ans au pouvoir, est hospitalisé en Espagne à Barcelone, pour un simple « Bilan de santé » selon Libreville, mais dans un état grave et soigné pour un cancer, selon d'autres sources interrogées par l'AFP.
« Le président n'a subi aucune intervention chirurgicale » et il « est naturellement au fait des questions les plus impératives » du pays, avait souligné la présidence à Libreville, dans un communiqué.
Toutefois, selon deux sources informées suivant de près la situation et s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, le doyen des chefs d'Etat africains se trouverait dans un état grave.
La présidence gabonaise avait annoncé le 6 mai que M. Bongo, avait décidé « la suspension momentanée de ses activités » de chef de l'Etat.
NOTEDELAREDACTION AFRICDOSSIER :
Voir aussi dans la même rubrique, l’intervention-vidéode Monsieur ben Moubamba, ci-dessous :
C’est avec consternation que le Peuple Gabonais a appris, le 6 mai 2009, le « retrait provisoire » du Président OMAR BONGO ONDIMBA de la scène politique dans des conditions d’opacité totalement anti-démocratiques. Qui sont ceux qui gouvernent le Gabon ? Quelle est la légitimité de ces personnes ? L’Etat gabonais ne peut être la propriété de clans dont nous ignorons tout. Vraisemblablement, Il se trame des choses inacceptables dans la « grande guerre de succession » désormais plus qu’ouverte au Gabon. Face au silence complice d’une certaine classe politique gabonaise, je prends la responsabilité de rejeter au nom du Peuple Gabonais, tout projet de hold-up constitutionnel.
Les citoyens gabonais n’ont plus le choix : nous devons défendre notre avenir et celui de nos enfants ! Le bilan de ces quarante ans est essentiellement négatif. Nous avons le droit de savoir ce qui se passe à la tête du Gabon. En tout cas nous refusons de voir se perpétuer pour trente années de plus ce que plusieurs générations ont enduré pendant près d’un demi-siècle.
Nous sommes au XXIe siècle et le Gabon doit changer. Le Parti ‘Démocratique’ Gabonais (PDG) a montré tout ce dont il était capable, l’heure est venue pour lui de tirer son propre bilan et de nous libérer de son emprise. Le système politique qui nous tient en otages depuis des décennies doit céder rapidement la place à un nouveau pouvoir dynamique et efficace dans le cadre d’une transition transparente. Celle-ci sera l’occasion pour les Gabonais d’entrer dans une ère nouvelle.
Si Omar Bongo Ondimba est encore capable d’assumer correctement ses fonctions, qu’il les reprenne. Mais s’il n’est plus en mesure de gérer l’Etat gabonais, il doit prendre une décision historique dans les plus brefs délais pour donner une chance au développement de notre pays. Lui qui veut se positionner comme le « Grand Sage de la Nation Gabonaise » pourrait s’inspirer de Nelson Mandela en Afrique du Sud. C’est la dernière opportunité qui lui reste pour laisser une trace positive dans notre Histoire.
Malheureusement, nous doutons qu’il prenne une décision aussi rationnelle, c’est pourquoi nous en appelons à la communauté internationale. Le monde doit faire entendre raison au Chef de l’Etat Gabonais et plus encore à son entourage : le Gabon ne leur appartient pas ! Le Gabon est la propriété commune du Peuple Gabonais qui doit choisir ses nouveaux dirigeants dans les meilleures conditions. La France et les pays occidentaux doivent savoir que la Liberté et le Développement sont des aspirations légitimes, y compris pour les peuples d’Afrique.
Nous rejetons avec force toute conspiration visant à imposer aux gabonais une succession dynastique ou clanique et une perpétuation du système avec un membre du Régime actuel, aussi éminent soit-il. Je le répète : Le Gabon n’est à personne ! Le Gabon doit changer !
Les signes et l’appel des temps parlent en notre faveur. Les citoyens gabonais et africains savent que nous avons déjà gagné ce combat ! Un parcours panoramique de l’actualité des six derniers mois montre clairement combien le règne de la terreur et de la peur arrive à son terme. Le retrait éventuel du Président OMAR BONGO ONDIMBA serait légitime pour le Gabon et honorable pour lui-même.
Je vous remercie.
VIDEO :BENMOUBAMBA – 13 MAI2009 -PARVIS - NOTREDAMEDEPARIS
Pour mieux comprendre cette affaire de pouvoir vacant du président Omar Bongo, lire, ci-dessous, dans la même rubrique :