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puce Sommaire des articles de cette rubrique

   

puce AFRIQUE : COMMENT VENIR À BOUT D’UNE DICTATURE (le 11/05/2009 à 23h24)

 

 

On ne peut coloniser que ceux qui sont colonisable ; un peuple instruit ne se soumet jamais. Dans toute société le niveau de liberté ou de tyrannie dépend largement de la détermination des sujets à être libres, de leur volonté et de leur capacité à s'organiser pour vivre  librement, et surtout de leur aptitude à résister à tous les efforts de domination ou d'asservissement. En d'autres termes, la population peut utiliser la société elle-même comme moyen d'établir et de défendre sa liberté.

 

 

  Gene SHARP

 

 

Dans un premier temps, il est primordial d’identifier et de nommer précisément la nature du système ou du régime politique : Démocratie ou Dictature.

 

La démocratie est un système politique dans lequel la souveraineté est attribuée au peuple qui l'exerce de façon :

 

·         Directe : régime dans lequel le peuple adopte lui-même les lois et décisions importantes et choisit lui-même les agents d'exécution, la démocratie directe ;

 

·         Indirecte : régime dans lequel le rôle du peuple se borne à élire des représentants, la démocratie représentative ;

 

·         Semi-directe : variété de la démocratie indirecte dans laquelle le peuple est cependant appelé à statuer lui-même sur certaines lois, par les référendums, véto ou initiatives populaires.

 

Le terme « démocratie » qualifie tout pays qui est reconnu comme appliquant des principes démocratiques dans son fonctionnement. La dictature désigne un régime politique dans lequel une personne ou un groupe de personnes exercent tous les pouvoirs de façon absolue, sans qu’aucune loi ou institution ne les limite.

 

Dans toute société le niveau de liberté ou de tyrannie dépend largement de la détermination des sujets à être libres, de leur volonté et de leur capacité à s'organiser pour vivre « librement », et surtout de leur aptitude à résister à tous les efforts de domination ou d'asservissement.  En d’autres termes, la population peut utiliser la société elle-même comme moyen d’établir et de défendre sa liberté.

 

C'est le pouvoir social, et non les moyens technologiques de destruction, qui constitue la plus forte garantie de la LIBERTE. On pourrait penser que les résistances civiles sont des processus réservés aux nations démocratiques ou développées ; En fait, on constate que tous les pays sont touchés. C’est un phénomène universel.

 

Au final, la décision de suivre ou pas les politiciens appartient au citoyen.

 

Pouvons-nous développer et mettre en œuvre avec succès dans nos sociétés une politique de défense élaborée afin de dissuader des agressions intérieures et étrangères? La plupart des gens trouvent étrange voire absurde, l'idée qu'une population sans armées, sans chars, ni avions, sans bombes ni missiles puissent renverser une dictature, réduire à l'impuissance des armées d'invasion, empêcher une prise de pouvoir contraire à la constitution et vaincre des agresseurs.

 

Pourquoi les mouvements de « Non-coopération » et « De défi » ont-ils pu déposer des dirigeants auparavant puissants? (Shah d'Iran, Milosevic, Didier Ratshiraka, Baby Doc d'Haïti...) Tout simplement parce que ces mouvements ont frappé au talon d’Achille de tout gouvernement. La dépendance des gouvernants et l’affaiblissement des sources du pouvoir.

 

 

TOUS  LES  GOUVERNANTS  SONT  DEPENDANTS :

 

Les gouvernants ne sont pas nés avec le pouvoir, ils ne le possèdent pas... En fait ils ne peuvent utiliser ce pouvoir que dans la mesure où on les laisse en disposer.

 

Pour que les gouvernants puissent exercer le pouvoir politique, il faut que « les gouvernés » leur reconnaissent une autorité. Que ces gouvernants aient ainsi la capacité de diriger la conduite des autres, de gérer les administrations chargées de mettre en œuvre leur politique et de donner des ordres aux organisations répressives ou combattantes.

 

La disponibilité de chacune de ces sources de pouvoir dépend de la coopération et de l'obéissance de la population et des divers groupes et institutions de la société que l'on entend diriger. Cela signifie que ces moyens ne sont pas automatiquement à la disposition des gouvernants éventuels.

 

 

IDENTIFIER LES SOURCES DU POUVOIR :

 

1.      L'autorité:

 

Quelle proportion de la population croit profondément et fermement au droit qu'ont les gouvernants à les gouverner?

 

 

2.      L'adhésion:

 

Le pouvoir des gouvernants est lié au nombre de personnes et d'organisations qui leur obéissent, qui coopèrent ou les aident, au pourcentage de ces personnes dans l'ensemble de la population. Combien de personnes et quelles institutions apportent ou refusent leur aide?

Que se passent-ils si les gens refusent de reconnaître le dictateur ou des envahisseurs qui les ont vaincus militairement sont devenus leurs maîtres politiques?

 

C’est une erreur que de croire que le pouvoir politique vient de la violence.

 

Ce qui revêt une grande importance, c'est le choix de désobéir, la volonté de contester et l'aptitude à résister afin de vaincre des oppresseurs, des tyrans ou des agresseurs qui disposent d'une capacité presque illimitée de détruire ou de tuer.

 

L’aptitude de la population à agir collectivement pour contrôler ces gouvernants sera très influencée par la position des organisations et institutions non gouvernementales car c'est à travers ces corps constitués que les gens peuvent agir collectivement.  Ces organisations et institutions non gouvernementales sont les carrefours du pouvoir.

 

Ce sont « les lieux » de la société où réside le pouvoir. C'est là qu'il s'exprime, qu'il converge. On retrouve dans ces lieux les grandes organisations et institutions sociales: familles, associations, groupes religieux, les administrations et partis politiques. Par exemple les sermons d'un « prêtre dissident »  pourront toucher un nombre « limité » de paroissiens dévoués.

 

Par contre si l'Eglise dans son ensemble, s'adressant à la Nation condamne le régime et le déclare illégitime, elle peut provoquer la chute du gouvernement.  Il est essentiel que la « Non-Coopération » et la désobéissance viennent des organisations et des institutions et non pas des individus isolés.

 

3.      Les compétences et la connaissance:

 

Le pouvoir des gouvernants dépend également des compétences et du savoir-faire des personnes et des organisations prêtes à les aider et à les obéir, tout en étant capables de subvenir à leurs besoins (corruptions, clientélisme...)

 

 

4.      Les facteurs intangibles:

 

Les facteurs psychologiques et idéologiques, les émotions et les croyances ont également leur importance dans le soutien accordé aux gouvernants. Ces facteurs sont multiples:

- Habitudes et attitudes par rapport à l'obéissance et la soumission

- Présence ou absence d'une foi, d'une idéologie partagée (nationalisme)

- Sens d’une mission commune (lutter pour l’intégrité territoriale du pays)

 

5.      Les moyens matériels

 

Rechercher à quel point les gouvernants contrôlent la propriété, les ressources naturelles et financières (rôle des multinationales), le système économique, les moyens de transport et de communications (souvenons-nous de Myko - Télecel dans la chute de Mobutu) - ( la télé, radio..).

 

Ces moyens matériels sont-ils prêts ou non à servir les objectifs des gouvernants?

 

6.      Les sanctions

 

La dernière source de pouvoir des gouvernants réside dans la nature et l'étendue des sanctions (ou mesures répressives) dont ils disposent. Ces moyens et sanctions sont-ils limités? Où sont-ils réellement disponibles et fiables?

 

Ces 6 sources du pouvoir sont très rarement toutes à l’entière disposition des gouvernants.

 

Leur disponibilité évolue en permanence. Ces modifications augmentent ou réduisent le pouvoir des gouvernants.

 

Gene SHARP (le pouvoir social)

 

 

Publié le :  11  mai  2009

Rubrique :  Afrique-proposition

Source :  Gene  SHARP (La Pouvoir Social)

 

 

 

 

 

 

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puce LES ARMES NON VIOLENTES D’UN BÂTISSEUR : LA METHODE DE MAHATMA GANDHI CONTRE LES DICTATURES. (le 24/02/2009 à 18h45)

 

 

Les  défis  que  doit  relever  l’Afrique  sont  nombreux,  en  effet,  l’Afrique  continue  de  piétiner,  malgré  ces  nombreuses  richesses   et  atouts,  les  auteurs  principaux  qui  contribuent  à  ce  chaos  sont,  bien,  connus  de  tous :  Les  dictateurs  endurcis,  le  pillage  du  continent  africain  par  des  prédateurs  occidentaux  en  complicité  avec  les  dictateurs.  Mon  étonnement  est  de  voir,  perdurer  ces  systèmes.  C’est  pourquoi,  il  est  nécessaire  que  les  africains  commencent  à  refuser :  D’accepter  l’inacceptable !  De  tolérer  l’intolérable !  En  posant  des  actions  concrètes  dont  l’efficacité  dépend  de  l’unité  et  du  courage,  pour  cela  des  solutions  efficaces  existent :  Appolinaire  Noël  KOULAMA  vous  présente  ci-dessous  la  méthode  Gandhi,  que  les  syndicalistes  et  les  oppositions  politiques,  par  exemple,  peuvent  s’en  inspirer.

 

 

 

Mohandas Karamchand Gandhi est un homme simple qui refusa l’injustice et l’oppression du monde. C'est ainsi, face au très puissant empire britannique il a été amené à employer et à imaginer toutes les armes qui pouvaient être à sa disposition. Ces armes qui ont la particularité d'être non violentes sont diverses.

 

 

 

L’ARME  DE  L’ACTION  DE  MASSE :

Toute la masse populaire motivée doit être mobilisée pour la cause commune

 

 

L’ARME  DE  GREVE  DU  TRAVAL,  DE  L’IMPOT  ET  DE  LA  FAIM :

Le mot d'ordre était d'arrêter de travailler pour les ouvriers et aux paysans de ne pas payer l'impôt jusqu'à obtenir satisfaction. Au cas où, aucun signe positif était visible passer à la vitesse supérieure: la grève de la faim.

 

 

L’ARME  DE  LA  NON  COPERATION :

Il est question d'un boycott qui consistait à ce que tout indien ayant reçu des décorations ou titres du gouvernement britanniques les lui retourne; que tous les élèves indiens soient retirés des institutions gouvernementales; que les avocats et les juges désertent les tribunaux britanniques; que les fonctionnaires abandonnent leurs postes; que les militaires indiens quittent l'armée.

 

 

L’ARME  DE  LA  DESOBEISSANCE  CIVILE :

Il s'agit de transgresser une loi lorsque celle-ci est estimée injuste voire non légitime.

 

 

L’ARME  DE  L’OBSTINATION :

Malgré les pressions et les intimidations l'engagement doit être maintenu. Surtout que le doute et les hésitations peuvent être comme des signes de faiblesse voire une éventuelle renonciation.

 

Cependant, pour utiliser ces armes Gandhi demanda à tous ceux qui souhaitaient combattre à ses côtés de respecter à la lettre les règles. Ainsi, le combattant:

 

- ne se laissera pas à la colère;

 

- supportera la colère de l'adversaire;

 

- n'usera jamais des représailles mais il ne se soumettra, pour quelle que raison que ce soit, à aucun ordre donné dans la colère;

 

- se laissera arrêter et ne s'opposera pas à la saisie de ses biens;

 

- ne laissera quiconque s'emparer d'un bien qui lui aura été confié et il le défendra au prix de sa vie mais sans jamais rendre violence pour violence;

 

- ne prononcera ni de représailles, ni de jurons et encore moins de malédictions;

 

-n'insultera pas ses adversaires, ne se servira d'aucuns cris et d'aucunes formules contraires à l'esprit du mouvement;

 

- ne saluera, ni insultera pas non plus les personnages officiels anglais ou indiens;

 

- protègera tout personnage officiel contre l'insulte ou l'attaque même au risque de sa propre vie pendant les campagnes menées.

 

 

 

 

 

LE  RESULTAT  DE  SON  ACTION  POLITIQUE :

Certes, le 15 août 1947, l'Empire des Indes devient indépendant. Cette indépendance ne fut pas chose facile à obtenir car cet Empire recouvrait de vastes territoires comprenant des différences de culture, de langue et  de religion. Et pourtant grâce à sa volonté et sa force d'âme Gandhi a su forcer sans  violence, les Britanniques à rendre l’Empire à son peuple véritable. C'est ainsi qu'il a une résonance internationale, influencé l’Inde et le monde. Son action non-violente est devenu un modèle qui est réutilisé dans le monde entier pour lutter contre toutes les formes d’oppression aussi bien au niveau de la liberté d’opinion politique telle que le Communisme ou du non-respect des droits de l’homme telle que la Ségrégation.

 

Tout bien considéré, le bilan de l'action non violente de Gandhi reste mitigé. Car les succès et les échecs se sont côtoyés très souvent tout au long de sa marche vers la victoire finale: l'indépendance. 

 

Mais quelle indépendance au prix d'une sauvage guerre religieuse et d'une scission entre d'un côté les hindous en Inde d'aujourd'hui et de l'autre côté les musulmans au Pakistan? Gandhi paiera de sa propre vie!

 

 

 

Publication :  24  février  2009

Rubrique :  Afrique - proposition

Source :  Côte  Internationale.

 

 

 

 

 

 

 

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