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Sommaire des articles de cette rubrique
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DEPIGMENTATION DE LA PEAU : LES CONGOLAIS SE DONNENT DES COULEURS. (le 03/05/2008 à 12h24)
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Hommes, femmes, enfants sont au coude à coude dans la course vers des produits éclaircissants
Au marché, à la télévision, dans les services administratifs, les supermarchés, les hôtels et dans les rues, ce qui frappe le visiteur qui se rend pour la première fois à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, c'est le nombre de personnes qui ne sont plus véritablement noires. Mais qui ne sont pas vraiment blanches non plus. Cette identification de peau est rendue difficile par le " décapage ", qui a pignon sur rue ici. Ceux qu'on appelle "Akomi tshoko" (en lingala, "ceux qui enlèvent leur peau") permettent de voir quelle a été l'étendue des dégâts de la colonisation. "La Belgique n'a jamais eu l'intention de quitter la RDC. En dehors des nouveaux quartiers périphériques, tous les autres sont tracés, les concessions sont faites en matériaux définitifs. Toutes les rues sont numérotées. Les Belges ont installé le Congolais dans une position de "sous-homme", destiné à des tâches d'exécutant. Aujourd'hui, cette mentalité d'esclave n'est pas partie ; d'ailleurs, il faut observer comment ceux qui sont complexés par la peau du blanc essayent de l'avoir sans succès", explique Joseph Mbombo, enseignant à l'université de Kinshasa. Le " décapage " ici est une religion. Ses adeptes se recrutent dans toutes les classes sociales.
Que l'on soit dans les quartiers défavorisés comme N'djili, Ista, Barongu ou Bandal, en remontant vers Gombé le quartier résidentiel et administratif, en passant par Limété, les ouailles de la dépigmentation sont reconnaissables. La belle peau noire a laissé la place à beaucoup de variantes. Il y en a effectivement que l'on peut aisément identifier. Il y a au premier plan ces femmes qui ont eu raison de leur couleur de peau originelle grâce aux tubes dépigmentant, laits éclaircissants et savons aux extraits de citron et carotte. Ces nouvelles " blanches ", ou plus précisément "jaunes" uniformisent le teint avec des injections. Pour celles qui ont moins de réussite, qu'on qualifie "Azali tshoko", elles ont les doigts, les coudes, les talons qui refusent d'adopter, même avec l'application de l'hydroquinone, la couleur des " gens biens". Enfin, il y a celles qu'on ne peut classer, les cosmétiques ayant tellement agressé la peau qu'elles virent au rouge tomate ou au vert grisâtre. Dégoûtant.
Egalité oblige
Sylvie Mutemba, partisane de cette pratique, sourit quand on présente le phénomène sous l'angle de l'autodestruction physique et identitaire, parce qu'elles seront toujours noires pour ceux à qui elles veulent ressembler, malgré le " décapage ". Dans sa tête, tout est simple et clair : "Il est toujours préférable d'être la lumière que les ténèbres. Les femmes à la peau jaune ont beaucoup de réussite. Les produits coûtent cher. On sait que vous êtes une personne aisée quand vous n'êtes plus noire. Pourquoi dois-je abandonner ? Tout être humain tend au mieux être". D'ailleurs, pour justifier cet aspect de choses, Sylvie Mutemba indique que " Même [son] époux s'y est mis…" Ce dernier, responsable commercial à la Brassicole Congo (Bracongo) ne dément pas. Au contraire, il adresse un sourire complice à sa femme avant de dire " qu'il n'y a rien de scandaleux ". Devant l'étonnement de voir une telle harmonie sur un sujet qui fâche ailleurs et le besoin de savoir comment ça se passe concrètement après le bain, le couple, qui porte des stigmates du "décapage", comme beaucoup d'autres couples congolais, éclate d'un rire bruyant. On n'est évidemment pas au Cameroun !
En s'essuyant les larmes qui commençaient à perler de ses yeux, Désiré Mutemba veut dire sa part de vérité sur son choix de vouloir changer de peau : " Quand vous vous rendez coquette, c'est pour plaire à qui ? Quand nous prenons soin de nous, c'est pour vous conquérir ". Désiré Mutemba poursuit sur la genèse de cette pratique qu'il a adoptée : " un matin, il y a six ans, mon lait de toilette était fini. J'ai utilisé celui de mon épouse pendant une semaine. Et c'est dans mon lieu de service que les gens ont commencé à me trouver plus beau et à me faire des remarques flatteuses. Je me suis accroché ". Il a fini par devenir accro car sa trousse de toilette est plus épaisse que celle de son épouse.
Il n’est pas exclu que des disputes éclatent souvent.
Elles conduisent même à des bagarres. Pour le chef de la famille Mutemba, il y a des entorses aux principes de vie notamment dans la gestion des produits de beauté qui doivent être sanctionnées. Il ne faut pas, d'après lui, traverser la ligne rouge : " Je me oint moins que ma femme ; quand son lait de toilette finit, elle prend le mien et me fauche ainsi dans mes calculs car il faut débourser entre 15 et 20.000 Francs Congolais (entre 17.000 et 22.000 francs Cfa) par mois pour maintenir son teint. Je ne supporte pas ces manquants. J'ai souvent levé la main". Sylvie explique que c'est parfois à tort, « car nous avions trois adolescents à la maison, en dehors de nos quatre enfants qui, pour éclaircir leur teint, utilisaient en douce les produits de leur oncle. J'ai été injustement accusé jusqu'au jour où l'un d'eux s'est levé avec le visage qui tirait et se craquelait par endroits. Il avait raté la composition en abusant du tube à l’hydroquinone ». Irréel.
Marketing
Pourtant on avait conduit le jeune homme au marché central de Kinshasa à quelques kilomètres de l'hôtel Memling. Le conseiller esthétique avait donné une autre potion pour calmer les brûlures et avait recommandé de laisser reposer la peau un mois avant toute autre application du même produit. Mais les consignes n'avaient pas été suivies. Joseph Kabunda a aujourd'hui un visage dont le front et les contours des yeux sont plus foncés que les joues, le nez et le menton. Le souci de cet étudiant de l'Institut national des arts (Ina) est de ressembler à ceux qui posent pour les publicités des cosmétiques.
En effet, le marché des cosmétiques est florissant en RDC, surtout à Kinshasa qui concentre une population que l'on dit proche de huit millions. Généralement, les prix de ces produits sont adaptables à la bourse des Congolaises : entre 2000 et 3500 francs Cfa, pour la matière première, la pommade à base d'hydroquinone. D'après Jean-Marie Nkumba, journaliste au quotidien L'Avenir, « ce sont des produits qui proviennent de Côte d'Ivoire, du Nigeria et de France. D'autres par contre sont fabriqués en RDC. Les autorités compétentes, ministre de l'Industrie et celui de la Santé publique, ont interdit la commercialisation et l'exportation des produits fabriqués sur base d'hydroquinone. Malheureusement, cette mesure manque de suivi »
Le "décapage" en RDC respecte le Gender equity, car même les hommes sont de gros consommateurs et sont parfois recrutés pour être les testeurs d'un nouveau produit. Les entreprises qui commercialisent ces produits décapants à base d'hydroquinone ont compris que le marché est très porteur puisqu'il touche plusieurs cibles : à savoir les femmes, les hommes et les enfants. "Les enfants ne peuvent pas être épargnés par ce phénomène. Ils sont les victimes innocentes des agissements malheureux de leurs parents. Comment pensez vous qu'on puisse laisser un enfant noir avoir des parents jaunes ? Il faut donc rectifier l'erreur, au prix de la destruction de la mélanine d'une enfant. Je ne sais pas comment nous allons nous y prendre pour réussir à changer les mentalités, surtout que le gouvernement ne condamne pas cela", explique, courroucé, Joseph Mbombo. Le business ne s'embarrasse pas de sentiments…
Ces entreprises spécialisées dans les cosmétiques font un marketing agressif. Le quart des panneaux publicitaires dans la ville de Kinshasa, à partir de l'aéroport, est réservé à Angel et Viva clair, les plus importantes, à côté d'une vingtaine d'autres. Le premier a développé, dans les actions pour couvrir le marché congolais, une gamme aux produits éclaircissants pour homme, baptisée "Clarmen". En dehors des panneaux d'affichage, il y a des spots publicitaires de deux minutes qui présentent un jeune métis au volant d'une belle voiture qui va être assailli à son arrivée par une nuée de magnifiques filles. Le secret du charme de ce jeune homme, c'est "Clarmen". Viva Clair quand à lui promet "une peau sans tâches, ni boutons" à toutes les femmes qui l'utiliseront. Les spots publicitaires sont diffusés en boucle sur une dizaine de chaînes de télévision, à intervalle de 30mn. Les ambassadeurs et ambassadrices de ces marques sont régulièrement invités dans des émissions de télé et de radio et font des apparitions dans les spectacles avec des atouts d'aisance matérielle qui agissent comme un catalyseur dans le conscient des Congolais. Se "décaper" devient donc une nécessité pour exister.
Auteur : Marion Obam
Publication : 03 mai 2008
Rubrique : Afrique-société
Source : Mutations
VIDEO SUR LE PHENOMENE DE LA DEPIGMENTATION DE LA PEAU EN AFRIQUE NOIRE
Reportage:
Pris le: Mercredi 20 février 2008
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CÔTE D'IVOIRE: POUR PLAIRE AUX HOMMES, ELLES FONT GROSSIR LEURS FESSES. (le 03/01/2008 à 14h35)
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Côte d'Ivoire,(Topvisages)-Tassaba, awoulaba, amoudjou… Autant d’expressions pour désigner les formes généreuses des femmes ivoiriennes. Aujourd’hui, les filles plates n’ont plus à rougir : il existe désormais des méthodes pour acquérir une forme rondelette. Mais attention !
Un jour, une femme baptisée Miss Lolo (par Meiway) est arrivée les seins débordant sa poitrine qu’elle exhibait fièrement. Depuis, tous les «obus» jusque-là comprimés ont explosé sur les poitrines à Abidjan et ailleurs ; les femmes aux gros seins n’hésitant pas à les mettre en avant comme leur meilleur atout de séduction.
On le sait, les femmes aiment séduire. Et de nos jours, la lutte pour plaire est devenue de plus en plus âpre. Du coup, les jeunes filles rivalisant d’ardeur, ne lésinent pas sur les moyens pour faire subir à leur corps, toutes sortes de traitements afin de se doter de la meilleure arme pour attirer les hommes. A côté des produits décapant la peau, ou la chirurgie esthétique, il y a, depuis quelque temps, une nouvelle tendance : celle de se faire grossir les fesses et les seins. Sans avoir recours au bistouri. Il s’agit, grâce à l’application de produits, de donner des formes très généreuses à son corps. Avec, comme point culminant, les fesses. Parce que, avoir des lolos en «pim» (qui éclatent) c’est bien, mais ajouter à ça un postérieur qui en impose, c’est encore mieux. A Abidjan, on rencontre de plus en plus des jeunes femmes qui se font remarquer par la proéminence de leurs fesses. En pagnes, en robe et surtout en pantalon, ça fait des vagues. Et comme en plus, la mode est au «bobaraba» (gros postérieur) en ce moment, en Côte d’Ivoire, imaginez le spectacle !
Mais pour les femmes qui ont fait grossir leurs fesses, c’est un soulagement. «Vous savez, avant, je me sentais vraiment mal dans ma peau. Maintenant, je n’ai plus de gêne», révèle Christina, visiblement heureuse.
Aujourd’hui, le phénomène prend de l’ampleur. Et on y retrouve des femmes de tous âges et de toutes les couches sociales. Pour répondre à une demande qui ne cesse d’augmenter, plusieurs salons de traitement se sont créés à Abidjan. Des plus huppés aux petites baraques. Mais, en tous les cas, les esthéticiennes sont formelles. «Nous n’utilisons pas de produits chimiques ou toxiques».
Dans son salon, à Cocody-Angré, l’esthéticienne Eva Tapé, qui reçoit régulièrement de nombreuses clientes assure que la métamorphose des femmes vient de la magie des plantes naturelles.
«Les produits que je prescris sont tous à base de plantes : écorces de bois, fruits, noix, beurre de karité ; et même le manioc ! Je les reçois d’Afrique du Sud et du Brésil».
En général, la méthode de traitement consiste en des massages réguliers qui vont de deux semaines à un mois, voire un peu plus. L’esthéticienne fait un massage de la zone concernée : la poitrine ou les fesses. Parfois, les deux en même temps. «On te fait d’abord un gommage du corps, de tout le corps. Ensuite, on applique une pommade et le massage peut se faire. Et ça se passe comme ça en plusieurs séances jusqu’à l’obtention du résultat escompté», explique Christina.
Selon l’organisme, le traitement peut être rapide. «Il y a des filles qui ont obtenu un bon résultat au bout de seulement deux semaines», revèle-t-elle. «D’autres, par contre, on dû attendre plusieurs semaines».
Situé dans un quartier populaire, le tradi-praticien Sounoukou Koné, lui, opère en plein cœur du marché d’Abobo. Avec des produits à base de plantes, précise-t-il. «J’utilise des médicaments africains que je mélange avec du beurre de karité. Quand une femme sort d’ici après les soins, vous n’allez pas la reconnaître !» C’est-à-dire qu’elle ressort avec des fesses rebondies, grosses ou larges selon le châssis ou la forme initiale de la patiente.
Jusque-là, on a vu des filles avec une poitrine explosive, mais (hélas !) avec des fesses plutôt rabotées. Sans doute qu’avec cette nouvelle méthode, demain, toutes les filles en auront en abondance devant et derrière ?
Mais, ces pratiques comportent de gros risques (Voir encadré). Et les femmes devraient donc se méfier des produits qu’on leur propose pour donner à leur corps un aspect qu’il n’avait pas à l’origine.
Auteur : KK
Publication : 02 janvier 2008
Rubrique: Afrique-société
Source: http://www.planeteafrique.com
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ASSOCIATION DE SOUTIENT AUX CHEFS D’ETAT AFRICAINS (le 12/08/2007 à 00h24)
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Jeunesse instrumentalisée, alternance piégée - Les associations créées ou qui naissent de manière spontanée à l’occasion d’un événement ou d’une crise sont un phénomène typiquement africain. Ailleurs, comme on l’a vu en Ukraine, c’est l’ensemble du peuple, ce qu’on appelle là-bas la rue, qui s’est mise debout pour dire non à la violation de ses droits, à la mal gouvernance et à la confiscation de sa victoire à l’issue d’un scrutin.
Les associations dont il est question ici sont le plus souvent suscitées par des "snippers", des tireurs embusqués pour les besoins de la cause. Car ces associations sont, dans la plupart des cas, un cheval de Troie pour des hommes et des femmes qui ambitionnent de faire une carrière politique. Mais ils n’ont pas encore le courage de leurs actes ou ne veulent, pour l’heure, affronter d’autres hommes dont ils savent qu’ils seront les grands perdants au bout du compte. Aujourd’hui, au Burkina, ces genres d’associations sont souvent composées par une jeunesse qui demande au président Blaise Compaoré de rester encore au pouvoir pendant 20 ans parce que le président leur assure café, thé, sucre, gadgets, parfois des postes, etc.
Toutes les associations de ce genre ont pour mission essentielle le soutien de l’action des chefs d’État qui les ont suscitées. Rarement, on a vu des associations se créer pour soutenir une personnalité en disgrâce, pour soutenir un opposant ou l’oeuvre d’un ancien chef d’État.
Dans le paysage des associations, l’association des Jeunes patriotes, la jeunesse du Front populaire ivoirien (FPI), parti du président Laurent Gbagbo, est un cas isolé. Les associations de soutien aux chefs d’État évoluent le plus souvent vers des formations de milices. Dans ces cas, elles deviennent un épouvantail entre les mains des présidents en place contre l’opposition politique que les milices répriment en toute impunité ; mais aussi contre certains membres du parti et le parti au pouvoir.
Les associations de soutien à l’action des chefs d’État seraient-elles une version modernisée, intellectualisée des troupes d’animation chantant à longueur de journée les louanges du président et de son régime lors de la visite de personnalités étrangères ou pendant les nombreux anniversaires des dictateurs ? Ce fut exactement le cas avec l’ancien président Étienne Eyadéma au Togo que les troupes d’animation ont déifié, et du maréchal Mobutu au Zaïre.
Les associations de soutien à X et Y ont un point commun : elles sont des structures prédatrices. Alors qu’elles devraient se cotiser pour soutenir l’action de leur mentor, ou au moins financer leurs activités, elles vivent exclusivement aux crochets de ce dernier. Le deuxième lien commun qu’on pourrait trouver entre elles, c’est qu’elles ont servi ou servent de refuge dans un premier temps à des jeunes quasiment désoeuvrés-s’ils ne le sont pas totalement- qui, par la suite deviennent des personnages influents et craints à cause de basses besognes dont on leur confie souvent l’exécution. Par leurs actions souterraines, elles brouillent énormément le jeu politique, créent des conflits entre des hommes du même parti dans le dessein de les opposer, parfois sous l’instigation d’un "attentiste". Elles échappent au contrôle du parti majoritaire, ne répondant seulement que du chef de l’État et de personne d’autre.
Que peuvent faire, que deviennent les partis de l’opposition ? Que deviennent leurs mouvements devant le "dynamisme" de ces thuriféraires du régime et son chef dont ils reçoivent les mots d’ordre ? Peu de choses, parce que disposant de peu de moyens ou pas du tout. Dans de nombreux cas, il n’est pas seulement question de moyens, mais d’engagement politique, de foi en la cause qu’on défend. Généralement, devant les méthodes barbares des associations qui se réclament du pouvoir, les autres mouvements baissent les bras. L’illustration a été donnée à l’issue des affrontements parfois rudes entre ces associations et le mouvement qui défendait le respect de la Constitution à quelques mois de l’élection présidentielle du 13 novembre 2005.
Un dernier point commun entre les diverses associations de soutien, c’est qu’elles ont toutes plus de visibilité que les véritables associations qui oeuvrent sur le terrain, même s’ils n’évoluent pas dans le même registre. Parce que disposant de moyens financiers sans commune mesure avec les autres associations, elles recrutent à tour de bras. Et ces associations fonctionnent comme des clubs dans lesquels toute critique de la gestion du pouvoir est une hérésie, une faute qui est sanctionnée comme telle. Ces associations sont des structures d’endormissement de la conscience des jeunes. Parce que sans véritables problèmes existentiels, en termes de besoins matériels, toute discussion sur la vie chère n’est pas possible.
C’est en cela que les associations qui se donnent pour seul but de soutenir l’action d’un chef d’État ou d’un parti sont des structures d’instrumentalisation de la jeunesse. Avec de telles associations, l’alternance n’est pas pour demain en Afrique. Ceci est grave ! Très grave !
Auteur : LE FOU
Publication : 10 août 2007
Rubrique: Afrique-société
Source : www.lefaso.net
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L'AFRIQUE: LA FUITE DES CERVEAUX ET SES CONSEQUENCES COLLATERALES CONNUES. (le 17/06/2007 à 10h09)
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La fuite des cerveaux africains est un sujet, toujours d’actualité, qui est défendu par les institutions internationales des Nations Unies, par les Chefs d’Etat africains à travers les sommets divers et par les intellectuels africains. Ce sujet intéressant et passionnant, concerne toutes les personnes attachées au développement du Continent. Pour cela, nous allons débattre sur ce sujet à partir des questions précises : Pourquoi la fuite de ces cerveaux ? Quelles sont les conséquences collatérales ? Qu’est ce qu’il faut faire pour inverser cette fuite ?
1) DISPOSITIONS SUR LA VALIDATION DES ACQUIS :
Pour nous permettre d’aborder le sujet, en toute circonstance de cause, je vous invite à aller en amont, c’est-à-dire, la validation d’un diplôme qui est la reconnaissance significative de possession de connaissance ou d’acquis de connaissance. La reconnaissance de la validation des diplômes varient d’un pays à un autre. Certains pays sont plus ouverts à la facilitation des validations, car ils prennent en considération les différentes expériences professionnelles en conformité avec le niveau des diplôme.
Mais dans la plus part des cas, la validation des diplômes étrangers, sont de la compétence des universités ou des ministères chargés de l’enseignement. Dans ces conditions, le diplôme, une fois validé, le prétendant peut postuler à la poursuite de ces études.
Dans certains cas, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, des accords entre pays ou intergouvernementaux réglementent le système des validations, et permettent la reconnaissance systématique des acquis et des connaissances, c’est la cas dans l’espace francophone entre la France et les Etats africains francophones et dans l’espace anglophone entre l’Angleterre et les Etats africains anglophones.
Selon Fanela Célestin dans son article intitulé « l’Afrique francophone, la question des diplômes et la fuite des cerveaux » paru sur Telema-congo, il précise, A partir des années soixante dix, l’UNESCO a pris des initiatives au sujet des harmonisations des différents systèmes de formation internationale, afin de permettre à l’ensemble de ces universités à se relier entre elles. C’est ainsi, qu’ont été élaborées des conventions régionales pour la reconnaissance des études et des titres de l’enseignement supérieur.
A l’heure de la mondialisation, il nous faut distinguer les cas ci-dessus à la réalité d’une entreprise, les entreprises se fonderaient notamment sur des données ou des réputations de certaines grandes écoles de formation, c’est pourquoi, nous assistons actuellement, à une meilleure cotation à travers le monde, des diplômes en Informatiques des universités indiennes dans les grandes entreprises dans le monde.
Le monde de l’entreprise, possède de département de ressources humaines, il est donc, compréhensible, de constater que la validation des acquis, comme celle des diplôme se fait au moyen d’un test.
2) CAUSES DE L’EXODE DES CERVEAUX AFRICAINS :
Au delà des migrations pour les buts universitaires, recherches et projets, le problème crucial des Etats africains est dans son incapacité à ne pas maintenir ses citoyens ou les attirer vers leurs pays.
Les sommes colossales dépensée par les Etats africains, semblent être gaspillées : car, on forme pour les autres. Finalement ce phénomène compromet aux africains compétents de servir au développement de leurs pays.
La fuite de cerveaux se caractérise, le plus souvent par le chômage, le manque du bien être social, les Etats africains disposent déjà à l’intérieur un chômage important, une jeunesse diplômé et désœuvrée qu’on ne peut donner au plus grand nombre un travail décent. Le manque de la bonne gouvernance, qui se traduit par le népotisme, le manque de mérite, le tribalisme et le faciès dans certains pays, conditionnent d’autres citoyens à quitter son pays.
Lorsque nous parlons des cerveaux, nous avons l’habitude de nous définir sur des diplômes universitaires, or, les Etats africains se trouvent encore aux étapes en voie de développement, Est-il possible à ces Etats d’utiliser convenablement ces diplômes universitaires ? autrement dit, ne pouvant pas les utiliser à leurs compétences réelles, ils deviennent la proie facile de l’émigration.
Regardons le monde économique, il a besoin de toutes les formes de compétence, en effet, pour se développer, un pays, a besoin de créer de la valeur ajoutée, pour créer de la valeur ajoutée, il faut, aussi, parmi d’autres critères, produire la qualité selon la satisfaction client, dans ces conditions les ouvriers hautement qualifiés constituent un socle important de cerveaux pour le développement d’un pays. Par conséquent, un pays qui n’arrive pas à résorber le chômage des jeunes, voient ces ouvriers qualifiés fuir leur pays, c’est le cas du Portugal pendant la dictature, des ouvriers qualifiés du bâtiment quittaient leur pays pour d’autres Etats européens.
Etant donné que le problème des migrations est un problème mondial et de ressources financières, les pays développés seront toujours attractifs, car l’Europe qui a besoin de la main d’œuvre, dans les secteurs où il souffre du manque de main d’œuvre local, pourront toujours engagés des africains diplômés ou non, qui auront besoin de travailler, à cause du manque de travail dans leurs pays.
Aujourd’hui, la baisse de taux de natalité dans les pays occidentaux, nécessitera, demain, une demande importante de main d’œuvre étrangère, cette main d’œuvre étrangère sera probablement fournie par les pays qui n’arrivent pas à donner du travail à leurs citoyens, les cerveaux africains ne résisteront pas à cet appel.
Certains pays étrangers se sont lancés dans la publicité pour faire immigrer chez eux les cerveaux étrangers : Le Québec avec l’immigration francophone par l’étude de fond des dossiers, Les Etats-Unis par la promotion et la loterie du Green-card
Résumons les causes de la fuite des cerveaux africains par : Les guerres civiles, les crises économiques, les dictatures, la mauvaise gouvernance, le manque de bien être social, l’exil forcé des intellectuels et des ouvriers.
3) CAUSES DU NON RETOUR DES CERVEAUX AFRICAINS :
Après leurs études à l’Etranger, certains étudiants africains, choisissent le chemin de la liberté d’expression et des critiques contre la mauvaise gouvernance, tout de suite, ils deviennent aux yeux des régimes locaux dictatoriaux comme des dangereux à rechercher. Pour ne pas exposer leurs vies en danger, s’ils retournent dans leurs pays, nombreux de ses ex-étudiants diplômés, préfèrent rester et y travailler à l’étranger.
Selon Monsieur Chernor jalloh de l’Organisation Internationale de Migrations (OIM), le durcissement sur les lois d’immigrations dans les pays d’accueil occidentaux, sont autant de motifs d’inquiétude, pour tenter aux émigrés africains de tenter de rentrer dans leurs pays, en effet, certaines législations des pays d’accueil exigent une certaine période de séjour à l’étranger, au risque de perdre son statut de résident, d’une part et d’autre part, certains Etats africains, ne reconnaissent pas la double nationalité, ce qui rend difficile la décision sur le choix à prendre, pour les africains naturalisés.
Certaines causes sont d’ordre structurelles, de nombreux africains ne se trouvent plus capables de vivre chez eux, après de nombreuses années de vie passée en Europe. On peut parler de l’acculturation, qui est originaire d’influence interactive avec la culture d’accueil, ce qui peut se traduire par des chocs culturels : On a du mal par exemple, a supporter la dictature, on du mal à supporter l’incompréhension, tant avec ses citoyens, qu’avec les dirigeants.
D’autres, ayant poursuivis des filières, qui n’ont aucun débouché dans leurs pays, la peur de se retrouver au chômage, les contraint de rester travailler dans son domaine dans le pays d’accueil, souvent, en vue d’épanouissement, à partir de son métier qu’il a appris et qu’il aime.
Il est aussi, intéressant de comprendre que l’homme est à la quête de la réussite sociale, surtout après ses études, mais les pays africains n’offrent pas beaucoup de possibilités attractives, pour leurs citoyens en fin d’étude, les dictatures africaines ont montré leurs incapacités et insuffisance, à ne pas pouvoir, sortir l’Afrique du sous développement depuis les indépendances et y voient sur les expressions contradictoires de leurs citoyens comme un moyen de porter atteinte au régime.
Les conditions sociales en Afrique : les rémunérations, les métiers, les conditions de travail ne sont pas améliorées, comme en Occident, qui prouvent que ces phénomènes de fuite de nos cerveaux seront difficiles, tant les environnements adéquats aux travail ne seront pas réglés en Afrique.
Nous pouvons donc résumer, les mêmes causes des fuites des cerveaux, sont, aussi, parmi les causes du non retour des cerveaux africains dans le Continent, à savoir : Crises économiques, Taux de chômage élevé, violation des droits de l’homme, conflits armés et services sociaux inadaptés.
4) CONSEQUENCES COLLATERALES :
Les conséquences latérales sont multiformes :
Les pays manqueront, inéluctablement, d’un capital humain de matières grises locales, suffisant pour faire face aux défis, tels que l’éducation, la lutte contre les maladies ou la lutte contre la pauvreté.
Avec l’exode de ses cerveaux, les pays africains souffrent du capital humain insuffisant, de matières grises, qui normalement s’avère aussi, efficace, en terme de propositions locales, de formation d’élites locales ou des cadres, pour permettre la continuité du savoir et de la connaissance, et donc, s’assurer de la relève de l’intelligentsia de demain, par la transmission de savoir.
Or, l’indépendance économique et le développement d’un pays dépendent de la capacité de s’organiser, autour de son potentiel humain bien formé, et, en conséquence, sa fuite, constitue un désastre économique qui compromet au développement économique, social et culturel des pays
Dans le cas d’espèce du manque de disponibilité constante et suffisantes des cerveaux, les associations, peuvent, difficilement, disposer des cerveaux bénévoles ou volontaires, nécessaires, pour aider les régions où les populations désireuses, d’un pays, dans des domaines, aussi variées, comme la médecine, l’enseignement…
Par ailleurs, il existe dans certains pays riches, des réseaux qui se sont constitués, pour exploiter les cerveaux étrangers à des salaires moins rémunérateurs, ce qui permet de réaliser à court terme, la réalisation de la valeur ajoutée de certaines entreprises malveillantes, en exemple, certaines entreprises recrutent des africains à des postes moins qualifiés et au fil des temps, on lui confie des taches qui nécessitent des connaissances. L’administration française aussi, est sur la ligne de mire, elle ne rémunère pas au même niveau les diplômes étrangers et les diplômes français dans l’enseignement et surtout dans la médecine. Dans ces deux cas, la fuite des cerveaux devient un désastre, pour l’individu surtout, sur le plan psychologique
L’émigration et l’immigration, n’a pas que d’effets négatifs pour le pays exportateur, comme pour le pays de destination, elle se présente à la fois, comme, une richesse incontournable. La chine, par exemple, avec son plus de milliards d’âme, voit la prolifération de ses ressortissants, au quatre coins du monde, ces chinois, contribue au dynamisme et au développement de l’économie chinoise, par une représentation commerciale et économique des produits chinois et par l’envoie des économies pour nourrir leurs familles pauvres et en contre partie le pays d’accueil peut bénéficier du dynamisme chinois.
Concernant l’immigration africaine en Occident, nous découvrons des phénomènes comparables, les ressortissants maliens par exemple, s’organisent autour des associations, dans lesquelles sont organisées des cotisations, qui contribuent au développement humain des villages : construction des forages d’eau, construction des écoles etc.…. Pendant la campagne électorale, le Gouvernement malien réélu avait promis, protéger et défendre l’immigration malienne.
On observe à travers le monde entier, de l’organisation des immigrés de même origine en communauté, essentiellement, qui établissent des rapports avec leurs pays d’origine, ainsi, la diaspora africaine par exemple s’organise autour des associations ou ONG, qui sont actives en Afrique à diverses fins : échange, apport du savoir, entraide.
La diaspora de type scientifique, technique et intellectuelle, apporte aux pays d’origine, ses connaissances, pour contribuer au développement, à partir des fonds propres collectés ou économisés, ils oeuvrent au développement par le financement des équipements divers.
5) CONCLUSION ET PROPOSITIONS :
Les économies modernes ont besoin du savoir-faire scientifique, technique ou technologique, pour maintenir la productivité, résister à la concurrence mondiale et pour se développer. Le discours de Monsieur Sarkozy, sur sa politique d’immigration, à l’époque Ministre de l’intérieur et candidat aux présidentielles, sert à contenir l’immigration sur la base des cerveaux. Le bénéfice de ces cerveaux aura un caractère, purement, unilatéral.
Or en Afrique, c’est l’éducation ou plus particulièrement l’enseignement supérieur, la médecine, et les ingénieurs, sont les filières qui constituent, le socle de l’exode des cerveaux vers l’occident. Paradoxalement, c’est dans ces domaines, que l’Afrique doit fondé sa politique de développement. Autre paradoxe, dans nos Etats africains, où il manque ces compétences, on importe, souvent, des cerveaux étrangers qui coûtent très chers aux contribuables, pour remplacer la main d’œuvre locale déficitaire et qui a émigré.
Tant que la pauvreté financière, matérielle et sociale sévira en Afrique, les diplômés africains seront tentés de s’expatrier pour des emplois plus rémunérateur, la mondialisation y contribue aussi, les entreprises de dimension internationale, ont besoin de mobilités humaines et de leurs savoirs faire, Il apparaît, finalement, difficile de stopper ce phénomène, mais les Etats doivent trouver des solutions face à ce phénomène.
Ce phénomène de fuite des cerveaux est mondial, ainsi l’Europe, voit aussi ses compatriotes immigré vers les Etats-Unis, qui offre plus d’avantage sur le plan financier et du travail, dans la recherche essentiellement. Mais en revenons, en ce qui nous concerne l’Afrique, ce phénomène est criard, des l’instant où nous sommes des pays pauvres, qui finançons les études et la formation dont les bénéficiaires sont les pays plus riches, et qui en contrepartie l’Afrique ne bénéficie rien de ces montants colossaux alloués pour la formation de ses cadres.
Comment utiliser la fuite des cerveaux ? Dans la difficulté que nous avons compris, pour faire venir, en Afrique, les cerveaux africains, la solution que propose l’Organisation Internationale de Migrations (OIM) est louable, dans son nouveau programme intitulé : « Migration pour le Développement Africain (MDA » préconise de séjours réguliers, ponctuels et de courte durée pour répondre à des besoins précis et ponctuels, par exemple, une demande de spécialiste, revenant en fonction de besoins pour apporter leurs aides ou leurs savoir faire aux équipes déjà en place.
Certains Etats africains ont pris conscience que le développement du continent passe aussi par sa diaspora, ainsi, il faut concevoir des structures solides et adaptées, entre le pays et ses ressortissants à l’étranger. Actuellement les africains de la diaspora contribuent au moyen des structures, comme les associations, pour fournir des ordinateurs, des équipements, mais cela est encore insuffisant, au regard des enjeux importants pour le continent.
Envisager un partenariat entre les Etats et la diaspora, pour utiliser les africains de la Diaspora, dans des moments bien précis et bien ponctuels, par exemple lancer des appels, a partir des structures de partenariat, pour des séjours, ayant pour but d’aider ou de contribuer à un besoin précis
Comment inverser la fuite des cerveaux ? Pour que les Etats africains espèrent un retour significatif de ses expatriés, l’Afrique devra afficher et affirmer sa volonté pour le développement, il est difficile de nos jours, d’appréhender le développement sans démocratie et sans la bonne gouvernance, c’est la raison pour laquelle, l’enracinement à la démocratie et à la pluralité des idées restent une des conditions sine qua none. Elle devra aussi faire des efforts sur l’amélioration des conditions financières et matérielles, pour inciter aux cerveaux de rester.
Dans les rapports entre l’Afrique et l’Europe, la fuite des cerveaux concerne uniquement de migration de l’Afrique vers l’Europe, ce phénomène important, prend, donc, en conséquence, devient donc politique, qu’il va falloir résoudre par une approche politique de son volet sur la coopération bilatérale, afin que les pays du sud comme les pays du nord, bénéficient bilatéralement de ses fuites de cerveaux.
La revalorisation du travail par des conditions financières et matérielles adaptées. L’application d’une politique vigilante sur le chômage des cadres et des ouvriers, en effet, certains pays, ont embauché un nombre de médecin, d’enseignant occidentaux et dans le même temps, le nombre de médecin et d’enseignant locaux aussi bien et mieux formés, au chômage ne fait que croître.
Les pays africains, où la démocratie est plus propre, où en voie d’enracinement réelle, comme le Mali, le Niger, le Botswama etc.… seront plus aptes, a créer les structures solides et adaptées entre la Diaspora et le pays d’origine, ces structures permettront à la diaspora de mieux contribuer, ceci passe, donc, par la critique, la transparence, la bonne gouvernance et au contraire les pays dictatoriaux comme le Zimbabwe, le Congo-Brazzaville, le Tchad, le Soudan etc.… auront plus de mal à consolider ses structures, qui nécessitent, en fait, l’adhésion et le goût de la politique conduite dans un pays.
Auteur : Appolinaire Noël KOULAMA
Publication : 17 juin 2007
Rubrique: Afrique-société
Source : Africdossier.oldiblog.com
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AFRIQUE: L'EUROPE DEVRAIT ASSUMER SA RESPONSABILITE DE L'IMMIGRATION AFRICAINE SUR SON SOL. (le 25/03/2007 à 23h08)
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Les africains continuent de défier les risques au péril de leurs vies, ils n’hésitent pas à tout abandonner, à faire de petit boulot dans leurs respectifs pays pour rejoindre les pays européens, ces pratiques ont engendré l’apparition des mafias locales, une sorte d’entreprise ou de réseaux informels qui s’enrichissent sur le dos des personnes démunies, en leur proposant des conditions précaires de voyage. C’est pourquoi, nous devons aborder ce sujet avec beaucoup de lucidité et sereinement pour pouvoir dégager les responsabilités des uns et des autres sur ce phénomène.
1) Immigration et Emigration entre l’Afrique et l’Europe:
La première migration est bien européenne, elle s’est faite de l’Europe vers l’Afrique, tout a commencé au 15ème siècle, les portugais furent les premiers à arriver en Afrique, ils s’installèrent surtout sur la côte atlantique, dans le golfe de Guinée et ils ont commencé à christianiser des royaumes entiers.
Les autre Etats européens furent attirés par l’Afrique pour pratiquer de l’esclavage, les premiers comptoirs européens sont installés et deviennent concurrents aux comptoirs arabes arrivés de l’Arabie pour envahir l’Afrique au 7ème siècles. Et l’esclavage transatlantique à ciel ouvert se renforce, au moyen d’une nouvelle vague d’immigration.
Après l’abolition de l’esclavage et à partir du 19ème siècle, les Etats européens envahissent le continent africain pour le coloniser, c’est une nouvelle forme de l’immigration des européens dans le continent, de nombreux européens sont envoyés dans tout le continent pour signer des traités, pour s’accaparer des terres. Grâce à leurs avancés technologiques indéniables sur l’Afrique, les Etats européens, déjà présents pendant la traite négrière transatlantique, dominent encore l’Afrique, et pour cause,
Les sociétés de concessions investissent en Afrique pour exploiter les matières premières africaines : les investissements sur les constructions des routes, des chemin de fer ou les aménagements des voies fluviales, contribuent à transporter les matières premières. Bon nombre d’africains périssent sur les mauvais traitements ou sur les mauvaises conditions de travail liées à tous ces travaux…
En 1884, la première conférence de Berlin réfléchit sur les conditions, de conquérir le continent africain et d’éviter les guerres de territoire entre européens, l’année 1885, est la deuxième conférence de Berlin, qui entérine les frontières, dont les résultats de ces tracés sont la dislocation et la disparition de nombreux royaumes africains : l’Empire du mali, l’Empire Songhaï, les Royaumes Mossis, le Royaume Haoussa, le Royaume Yoruba, le Royaume ou Empire Kongo, l’Empire Zoulou…
Les tracés coloniaux sont l’une des causes de la déstructuration du tissu social et traditionnel africain. Il se dégage, finalement, une responsabilité européenne d’appropriation illégale des territoires africains, en se servant de leur avancé technologique et en faisant des territoires africains, une continuité des territoires européens (les colonies).
Au fil des temps, l’histoire évolue et dans une France occupée et envahie par les allemands, le Général De Gaulle quitte Londres ou il s’était réfugier pour conduire la résistance, pour l’Afrique, et précisément pour Brazzaville, d’où il lance l’appel de mobilisation des africains pour l’aider à libérer la France, les africains mobilisés vont donc rejoindre les mères patries (l’Europe)c’est pourquoi, pour combattre les allemands en vue de libérer la France lors de la guerre mondiale de 1945, c’est ainsi, que seront constituées des troupes africaines appelées « tirailleur sénégalais ».
D’autre part, au lendemain des indépendances, des contrats de coopération seront proposés par la France et signés par les pays africains francophones, l’Afrique maghrébine et de l’Ouest vont fournir la main d’œuvre destinée à la reconstruction de la France, les jeunes africains de l’époque, vont venir en Europe pour y faire ses études, à la fin de leurs études, la quasi d’étudiant préférait rentrer travailler dans leurs pays que de rester en France. Les français, étaient , à leur tour convier à travailler, comme coopérant, en Afrique.
2) Causes des migrations actuelles de l’Afrique vers l’Europe:
L’immigration actuelle se déroule sur des contextes tout à fait particuliers, En ayant écouter les africains sans papiers, les africains résidents, je suis arrivé à la conclusion suivante : L’Europe crée de l’immigration, qu’elle s’efforce à réprimer lâchement et sans raisons valables, alors qu’elle est responsable de la mauvaise gouvernance en Afrique, par son soutient aux régimes coupables de malversation et la responsabilité européenne de cette immigration se situe de façon réelle et en amont par une simple relation de cause à effet. En effet, les causes migratoires vers l’Europe, sous jacent d’immigration illégale sont essentiellement sous forme de réfugié économique, ou sous forme de réfugiés politiques.
A partir de 1986, la Banque Mondiale cherche à faire aboutir au mieux, ses programmes d’ajustement structurel dans les états du sud et une méthode est définie : La Gouvernance, un ensemble des normes, traditions et institutions à travers lesquels, un pays utilise son autorité pour la gestion des biens communs. Il faut attendre 1999, pour que la Banque mondiale impose la bonne gouvernance et en définit comme suit : La bonne Gouvernance est la capacité d’un gouvernement ou d’un régime a gérer efficacement ses ressources, à mettre en œuvre des politiques pertinentes, que le respect des citoyens et de l’état pour les institutions, ainsi que l’existence d’un contrôle démocratique sur les agents chargés de l’autorité.
Autrement dit, selon la Banque Mondiale, la bonne gouvernance c’est l’association de la capacité de mieux gérer les ressources nationales et l’existence d’une démocratie. Mais qu’est ce qui se passe en Afrique en réalité ? En effet, les conditions de bonne gouvernance ne sont jamais remplies dans la plus part des pays francophone d’Afrique (le fameux pré carré français).
De la décolonisation, les analystes politiques témoignent que les pratiques de la France envers les Etats africains francophone, relève de la néo-colonisation. La France a contribué de façon énergique à la déstabilisation des Etats africains, en se servant, de ses services de renseignements et de ses sociétés françaises installées en Afrique. On peut noter l’existence de cette attitude, du Général De Gaulle jusqu’à présent, et le fonctionnement de la françafrique en est le baromètre :
· De l’organisation massive des fraudes électorales tenues par les barbouzes des agents de la mairie de paris, véritables mépris contre les africains qui aspirent aux élections propres.
· Des coups d’état organisés par la France, qui nous rappelle l’époque féodale que l’Europe à vaincue à partir au 18ème siècle, avec ses valets locaux
· Du soutient militaire des régimes dictatoriaux qui ne respectent pas les conditions de la bonne gouvernance, et ceci, contre les volontés des peuples d’Afrique, conduisant parfois aux guerres civiles ethniques avec son cortége de morts, de génocide, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre.
· Du soutient des systèmes mafieux, via les multinationales (à l’époque par les entreprises d’état européennes) qui pillent et détournent impunément nos ressources nationales par intimidation des Etats faibles, par la contrainte des Etats faibles, par la corruption des Etats faibles et par le chantage.
L’addition de ces 4 points ne permettent pas l’installation des fondements d’une politique de bonne gouvernance, dont l’Europe est en grande partie responsable, par le soutient de ses amis dictateurs qui ne respecte aucun des deux éléments de la bonne gouvernance : la démocratie et la gestion efficace des ressources nationales.
Finalement les causes des migrations actuelles de l’Afrique vers l’Europe sont à la fois économiques ou politiques. Dans certains Etats africains, on assiste aux brimades fondées sur les expressions ou les engagements politiques des uns et des autres, mais ces Chefs d’états continuent de recevoir les largesses et les complicités des politiques occidentales. On a vu dernièrement au Tchad, la France portée son secours militairement, à un régime n’ayant pas de crédit, ceci contre les mouvements rebelles, au nom des accords de défense entre la France et le Tchad. Et pourtant, les rebelles reprochent légitimement, le pouvoir de leur Président, Idriss déby, de tripatouiller l’ancienne constitution, lors de son dernier mandat constitutionnel, pour se représenter, et se faire réélire à coup de fraude massif.
C’est avec raison, qu’il faut se poser des questions, pourquoi le soutien de la France à ces régimes? dont les conséquences de leurs politiques est la cause de l’immigration clandestine (économique et politique) vers l’Europe. Souvent, lorsque les clandestins arrivent à pénétrer les frontières européennes, la même France hypocrite et ingrate leur refuse, pour certains, la qualité de réfugié politique.
3) Conclusion:
La première immigration est bien européenne, elle était fondée sur la domination des peuples (esclavage) et le pillage des ressources africaines (colonisation), aujourd’hui, l’immigration a changé de sens, à cause des conditions de vie déplorable en Afrique. Beaucoup d’africains ne viennent pas en France, avec une ambition de domination des peuples ou de pillage, comme jadis les européens, mais de vivre avec décence et aider les familles laissées au bled, victimes des économies délabrées, dont les états européens possèdent aussi une responsabilité.
La France par exemple, par ses connivences avec les Chefs d’états africains, a failli à une politique cohérente de co-développement, l’aide publique au développement de la France, tant décriée, envers les Etats africains est détournée entre français et chef d’état africains du système de la françafrique, et cette aide peine à arriver, dans sa totalité à la bonne destination. Seuls les contribuables africains supportent, aujourd’hui, le poids de cette malversation financière, en remboursant progressivement la dette. Par cette attitude, la France contribue au viol au principe sacré de la bonne gouvernance que défend la Banque Mondiale.
En d’autres termes, les européens garantissent le fonctionnement et la pérennité des systèmes odieux en Afrique. Du point de vue de la morale, elle devrait traitée les migrants, sans aucune lois de discrimination, selon l’ancien Premier ministre français, Michel Rocard, « la France n’a pas la vocation de recevoir toute la misère du monde » et je permet simplement de me poser la question, pourquoi, cette France installe et soutien des régimes qui sont à l’origine des guerres, des dictatures, de la misère, de la pauvreté dans les pays africains ?
Malgré les murailles anti-immigrations dressées par l’Europe pour se protéger de plus en plus contre l’immigration, et malgré des lois de plus en plus discriminatoires, dont certaines ont franchi le seuil de l’inhumanité et de l’indignité humaine, il est triste de constater que la jeunesse africaine continue toujours de déferler en occident, pour trouver un eldorado ou une protection politique, il faut donc résoudre ce problème à la racine.
La question des flux migratoires devrait être traitée avec les pays fournisseurs de l’immigration dans une coopération gagnant-gagnant, on peut donc imaginer de nouvelles politiques de co-développement bien adaptées, et bien ciblées, ces politiques devront être mises en œuvre en collaboration avec la société civile, pour garantir toute la transparence. Il va falloir aussi intégrer des formations qualifiantes pour équilibrer les échecs scolaires des jeunes.
En somme, le monde devient un village planétaire, avec l’arrivée des multimédias, Paris devient à moins d’une seconde de Tokyo, les migrations internationales ont largement progressées, les diasporas sont parfois une source de contribution pour les pays, l’UA devra en tenir compte, défendre et protéger ses ressortissants à l’étranger.
Les pays africains doivent s’unir pour espérer un développement, les Etats-Unis d’Afrique me paraît être une solution incontournable, pour que l’Afrique pèse fort au niveau international, protège et développe les économies endogènes. C’est en proposant à ses enfants de l’espoir, que le combat de l’immigration sauvage avec son flot de morts sera contenu.
Auteur : Appolinaire Noël KOULAMA
Publication : 25 mars 2007
Rubrique: Afrique-société
Source : Africdossier.oldiblog.com
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