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L’ESCLAVAGE POST-MODERNE : QUAND LA FRANCE VOLE AU SECOURS DE L’ARCHE DE ZOE. (le 06/11/2007 à 07h33)
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Le 26 juillet 2007 à Dakar au Sénégal, le président français Nicolas Sarkozy livrait à la jeunesse africaine un discours fleuve dans lequel il accusait les Africains d’avoir vendu leurs frères aux négriers européens. Ce discours, il le prononça dans le temple de Cheick Anta Diop, à un jet de pierre de l’île de Gorée (tout un symbole!) où se suicidèrent les millions d’esclaves noirs qui refusèrent d’embarquer dans les négriers français en partance pour l’Amérique. Voilà que trois mois après, le 29 octobre 2007, survient au monde un évènement qui, comme commandé par les forces de la Nature, rappelle exactement ce qui s’était réellement passé pendant l’esclavage. Cet évènement, c’est l’enlèvement de 103 enfants tchadiens, organisée par l’Ong française dénommée l’arche de Zoé, sous le prétexte humanitaire que ceux-ci étaient des orphelins. Pourtant, même dans le cadre des activités de l’Onu en zone de guerre, on n’a jamais vu une opération d’envergure impliquant l’enlèvement officieux de plus de 100 enfants en plein jour.
Le président français a officiellement critiqué l’action de l’arche de Zoé, la Secrétaire d’État aux affaires étrangères a présenté la France sous un beau jour, le ministre de la justice a évoqué l’aspect illégal de la procédure de l’ONG, mais aucun membre du gouvernement français n’a pu, au nom la France, demander les excuses officielles auprès du gouvernement tchadien, et personne n’évoquera la question des réparations aux familles tchadiennes. Ce qui a paru plutôt beaucoup plus simple et évident aux yeux du président français, c’était d’appeler le président tchadien, Idriss Déby, et de lui demander de libérer les membres de l’arche de Zoé impliqués dans l’opération.
Pourtant, la réalité est plus grave qu’elle ne parait. Car, en effet, il n’existe pas un autre terme plus parlant pour décrire les activités de l’arche de Zoé en Afrique que celui de l’« esclavage », entendu comme commerce des Noirs. Comment croire en cet humanisme qui veut qu’en 2007 de l’ère chrétienne, des négriers aéroportés soient encore à quitter la France pour aller au Tchad arracher à leurs parents des centaines d’enfants âgés de deux à cinq ans ? Les Français peuvent-ils s’imaginer un seul instant l’inverse, pour avoir une idée claire de ce que ressentent les Africains face à ce crime? Les familles françaises dormiraient-elles si les avions tchadiens atterrissaient dans les campagnes de France et arrachaient les petits enfants français pour les vendre aux familles tchadiennes – Car, il faut le dire, l’arche de Zoé ne remet pas ces enfants gratuitement aux familles françaises – ? On a l’impression d’assister à de scènes de capture dans la jungle, et on ne résiste plus à la question de savoir si nous sommes encore vraiment des hommes.
Nous avons désormais la preuve de ce que décrit l’historien guadeloupéen Jean-Philippe Omotunde, lorsqu’il démontre que c’est en créant les conditions de guerre civile en Afrique que la France et ses alliés européens trouvèrent le moyen de remplir leurs cargaisons d’esclaves noirs, et que ce furent les quatre cents ans que dura le crime qui permirent à l’Europe de construire sa fortune actuelle sur le dos de l’Afrique.
Idriss déby et les membres de l'ONG Arche de Zoé Nous assistons donc là aux derniers gémissements d’une pratique qui n’a que trop duré et dont la France a de la peine à s’en défaire. Car, tout comme les esclavagistes du 15ème au 20ème siècle, l’arche de Zoé ne s’est pas souciée de l’état d’esprit dans lequel se retrouveront ces enfants une fois qu’ils auront pris conscience de leur vraie histoire. Et comme elle ne doit certainement pas être à son premier coup, l’arche de Zoé ne s’est pas souciée des pleurs des parents, des lamentations des femmes qui les ont mis au monde, du mal qu’elle cause à la démographie africaine, de l’illégalité qui entoure sa pratique. Ce dont elle s’est souciée, c’est encore et toujours cet orgueil qui vient de la race ; c’est encore et toujours et cette appartenance à un grand pays : la France. Si l’arche de Zoé avait vraiment aimé l’Afrique et ses enfants, si son œuvre avait vraiment été humanitaire, elle n’aurait pas contribué à valider la pauvreté et les dictatures qu’ont toujours soutenues les gouvernements français en Afrique. Elle n’aurait pas exploité le contexte de pauvreté dans lequel vivaient ces enfants pour se faire de l’argent auprès des familles françaises. Non, elle n’aurait pas fait de cette pauvreté la raison d’être de ses propres pratiques esclavagistes: elle aurait lutté pour l’instauration de véritables démocraties en Afrique; elle aurait approché les gouvernements de France et d’Europe leur aurait dit : « L’Afrique n’est pas pauvre. Elle a plutôt été appauvrie. Et nous sommes pour une grande part responsables de son malheur. Ayons le courage de contribuer à changer son destin. » L’arche de Zoé serait alors devenue, pour les Africains, l’arche de Noé.
La France s’est donc empressée de sommer le président Idriss Déby de libérer les neuf Français de cette opération épervier. Elle s’est contentée de dire que les conditions d’un procès impartial ne seront pas réunies au Tchad. Or, ce n’est pas en France qu’elles le seront. La partialité de la justice française sera à la mesure du service que l’arche de Zoé, à travers cet enlèvement, lui aurait rendu. Examinons de plus près à quoi aurait pu ressembler ce service.
Les femmes françaises et les enfants adoptés : On n’a jamais suffisamment critiqué l’action de ces Français qui, au lieu de lutter auprès de leurs gouvernements pour changer le destin de l’Afrique francophone, se contentent des solutions rafistolées en adoptant les enfants de ces pays appauvris. Lorsque ces femmes et ces hommes, nombreux qu’ils étaient dans cet aéroport parisien à attendre les 103 enfants tchadiens, privilégient les plaisirs de la vie et la profession au détriment de la maternité, ils ne rendent pas justice à l’humanité, car par leurs actes, ils soutiennent la chasse aux enfants dans les pays appauvris au nom de la satisfaction d’un certain rêve; ils font mal aux femmes d’autres pays qui ont connu les douleurs d’enfantement, au nom d’un certain droit à l’adoption. Déjà, par leur attente organisée à l’aéroport parisien, ils ont légitimé la complicité du gouvernement français et on se demande si cette complicité n’est pas liée à la politique de l’immigration choisie.
L’Immigration choisie et l’esclavage post-moderne : Si l’esclavage du 15ème au 20ème siècle consistait à vider l’Afrique des hommes et des femmes adultes pour des besoins pratique de main d’œuvre, il se trouve qu’une telle pratique aujourd’hui est presque impossible en raison de la mondialisation et de l’augmentation du niveau d’intellectualité des peuples. Dans les démocraties occidentales, on recourt depuis un certain temps à la politique d’immigration qui consiste à attirer les intellectuels. Or, en Amérique du nord par exemple, les études ont démontré qu’il faudrait au moins deux cents ans à une population immigrante pour se sédentariser au point d’adopter les mœurs locales. Du coup, les candidats à l’immigration ayant des enfants sont les plus sollicités et les mieux traités. Ils jouissent des avantages sociaux énormes et les administrateurs ne manquent d’affirmer que l’avenir de la nation repose non sur eux, mais sur leurs enfants.
Une photo visible sur le site Internet de l'Arche de Zoé
La pratique de l’immigration choisie dans sa formule actuelle en France semble donc présenter des lacunes sérieuses, car l’intellectuel africain adulte qui arrive en Hexagone ne peut se laisser transformer en dix ou vingt ans. À faire de lui une marionnette de chef d’État africain ne garantit nullement la poursuite de la politique postcoloniale française. La nouvelle génération des hommes d’États africains ne sera pas faite d’enfants de cœur. Elle sera constituée des jeunes nés après les indépendances, des jeunes qui n’ont pas connu le fouet colonial et la subordination aux ordres du « maître » blanc. Ce sera donc une génération différente de celle de Paul Biya, de Omar Bongo, de Sassou Nguesso, d’Eyadema, etc. Pour le prolongement de sa politique postcoloniale, la France ne saura certainement pas faire avec elle. Il faudra d’autres stratégies, il lui faudra des enfants qui n’auront pas connus leurs parents géniteurs, des enfants qui n’auront connu de pères et de mères que les «Blancs» et les «Blanches» de France et qui, ayant subit « la bonne éducation », pourront, d’une part, mieux intégrer les valeurs de la France pour ne pas avoir à mettre les banlieues à feu, et, d’autre part, rentrer gouverner le pays africain pour lequel, arbitrairement ou non, il aura, depuis le bas âge, reçu la nationalité. Il pourra alors gouverner un pays comme le Tchad en ne rendant de compte qu’à Paris, ou encore un grand pays comme le Congo-Belge, qui regorge tant de richesses et où trône le Non-Congolais le Président Kabila.
L’arche de Zoé nous rappelle ainsi les souffrances de nos pères et de nos mères. Elle nous rappelle les conditions dans lesquelles l’esclavage et la colonisation eurent lieu et comment ce fut possible que quatre cents millions d’Africains fussent déportés et déplacés pendant plus de quatre siècles. Voici qu’au cinquième siècle de la déportation, nous vivons la même pratique et souffrons de la même souffrance.
Mais nous espérons qu’un de ces jours, l’Afrique se libérera et cessera de considérer la France comme la malédiction qui s’abattit sur elle.
Auteur : Maurice N’Gueppe
Publication : 05 novembre 2007
Rubrique: Afrique-politique
Source : Secrétariat exécutif de la JAC (Jeunesse Africaine du Canada)
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AFRIQUE : LA POLITIQUE AFRICAINE DE LA FRANCE, LES ERREMENTS DE SARKOZY. (le 14/10/2007 à 11h16)
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Les relations entre la France et l'Afrique passionnent tant par ses rapports historiques que par les chambardements qu'elles suscitent à travers le temps. Cette intimité qui, jadis existait entre ce grand contient et la France n'existe maintenant que de nom. L'attitude nombriliste de la France et le sort réservé aux africains en France ont fini par agacer les gouvernants africains et leurs populations. Les politologues s'accordent aujourd'hui pour reconnaître que la France a perdu de sa superbe et de son influence en Afrique.
Les récentes sorties du président français, Sarkozy, au sujet de l'Afrique ne font qu'empirer une situation déjà délétère. Nous proposons de nous appesantir sur ce qu'il est convenu d'appeler « les trois errements de Sarkozy à propos de l’Afrique ».
Il s'agit d'abord, de sa déclaration sur une France qui n'aurait pas besoin économiquement de l'Afrique, ensuite de ses accointances avec les dictateurs africains et enfin son discours sur l'homme africain du 26 juillet 2007 à Dakar. Cette dernière déclaration a fini par mettre le feu aux poudres. Ces propos à connotation raciste méritent une réponse claire car c'est avec l'expression d'un blâme qu’il s’adressa en ces termes à l’Afrique. Voici les errements du Président Français :
1) L'Afrique ne représenterait que 2% dans ses échanges commerciaux avec l'hexagone
Le président français commence ses allégations à l'égard de l'Afrique par son discours à Cotonou (en mai 2006), où il déclare que "la France n'avait économiquement plus besoin de l'Afrique". Cette phrase est injurieuse en ce sens que l'auteur ne pense pas vraiment ce qu'il dit. Se peut-il qu'on puisse faire de telle déclaration alors que les multinationales, noyau dur du CAC40, ne s'enrichissent qu'en Afrique. La liste est longue mais on pourrait citer pêle-mêle le groupe TOTAL-FINA-ELF, Bouygues, AREVA, SDV, France Telecom, Bolloré etc.... nul n'est censé ignorer les profits colossaux que fait Total en Afrique. Quelles sont les entreprises françaises, du moins les plus importantes, qui ne sont pas résolument tourné vers l'Afrique ? Comme le rappelle le président du groupe Bolloré, « ce qui fait la spécificité de notre groupe, c'est son implantation en Afrique ».
Il y compte pas moins de 70 sociétés, implantées dans 35 pays (21 francophones et 14 anglophones). Il emploie 15 000 personnes (parmi lesquelles 250 expatriés) dans le transport et la logistique, et 3 000 dans la branche tabac (en 1997). Dans les principaux pays où Bolloré est présent, on retrouve le même schéma d'implantation : des usines de cigarettes et parfois la culture du tabac, comme en Côte d'Ivoire, le contrôle des transports (le chemin de fer, la manutention portuaire, les activités de transit et les navires), les plantations (hévéa, caoutchouc, huile de palme, banane, coton et cacao) ; à quoi s'ajoute l'exploitation forestière en Afrique centrale. Ce groupe est présent partout sur le continent. Il est représenté en Côte d'Ivoire, au Gabon, au Burkina Faso, au Cameroun, au Mali, au Togo, au Bénin, au Congo-Brazzaville, au Nigéria, en Afrique du Sud, en Angola, en l'Afrique de l'Est avec le Kenya, en Madagascar et l'île de la Réunion, où il assure la moitié du trafic maritime. Et dire que Sarkozy explique que l'Afrique ne compte que pour environ 2% dans ses échanges commerciaux avec l'hexagone. Il a renchéri en disant que la France ne vend pas ses Airbus à l'Afrique. Ce que l'avocat des affaires, devenu président a oublié c'est que les africains sont libres de payer les avions qu'ils veulent. Il est de notoriété public que l'expulsion du patron d'Areva (c'est-à-dire de son directeur, Dominique Pin, le 25 juillet) au Niger, cache des arrières pensées mercantiles. Areva est accusé de soutenir les rebelles du Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ) en conflit ouvert avec Niamey depuis des mois. Partenaire privilégié du gouvernement nigérien il y a encore quelques mois, les Français subissent la concurrence des investisseurs chinois et du géant australien Rio Tinto.
L'uranium nigérien est stratégique pour Areva. Avec une production, pour l'année 2006, de 4 000 tonnes sur ses sites d'Arlit et d'Imouraren, il représente plus de la moitié de la production totale du groupe. Nous savons de même que Nicolas Sarkozy et son homologue nigérien, Mamadou Tandja, se seraient expliqués au téléphone, le mardi 31 juillet. En outre, la visite à Niamey du secrétaire d'Etat à la coopération, Jean-Marie Bockel, le samedi 4 août, n'était rien d'autre qu'un voyage de négociation. Pourquoi courir si l’Afrique ne représente rien ?
2) Son soutien aux dictateurs africains
Alors qu'on croyait à une bourde médiatique, aux lendemains de son élection, le président Sarkozy reçoit à l'Elysée, Omar Bongo et Sassou N'guesso. Peut-être, parce qu' ayant la mémoire courte, le président français tournait ainsi le dos à ses propres propos. En effet, il ne cessait de dire qu'il fallait « refonder la politique africaine de la France sur des relations transparentes et officielles entre pays démocratiques », et « tourner la page des complaisances, des secrets, des ambigüités » et donc «cesser de traiter indistinctement avec des démocraties et des dictatures». Bongo est-il un modèle ? Ce tyran domestique qu'est monsieur Omar Bongo (intronisé en 1967 par Jacques Foccart, l'homme de l'ombre du Général De Gaulle) est pourtant apprécié par le président français, qui trouve encore les ressources pour proclamer à l'ONU, son « new deal » pour le monde. Après le gendre, c'est le beau-fils, Denis Sassou Nguesso (dictateur du Congo-Brazzaville de 1979 à 1991 et depuis 1997), qui est reçu le 5 juillet 2007 à l'Elysée. Pourtant, l'hôte de l'Elysée n'est pas un sain. En 2006, la justice américaine donnait raison aux fonds d'investissement qui démontraient l'ampleur des détournements opérés par le régime Sassou sur les revenus pétroliers : environ 20% du budget parti se cacher, avec la complicité de banques et d'entreprises françaises, dans les circuits opaques de la finance mondiale. Un mécanisme parfaitement huilé décrit avec talent par Xavier Harel dans Afrique, pillage à huis clos (Fayard, 2006). Le 19 juin 2007, le Parquet de Paris donnait raison aux associations Survie, Sherpa et la Fédération des Congolais de la Diaspora (FCD) qui accusaient Sassou de profiter en France d'argent détourné au Congo, en ouvrant une enquête préliminaire sur son patrimoine immobilier en Île-de-France. Quelques jours plus tard, l'ONG Global Witness mettait à jour les dépenses somptuaires, financées par le pétrole, du fils du dictateur, Denis Christel Sassou Nguesso. A cela, il faut ajouter l'épineuse affaire des disparus du Beach, massacre perpétré en 2000 contre des civils congolais et pour lequel une instruction judicaire est en cour en France. En dépit de tous ces faits probants, le Zorro français a renié ses propres confessions.
3) L’Afrique qui ne serait pas entré dans l’histoire…
En France, parler de « l'homme blanc » serait choquant. C'est pourtant à ce genre de généralisation abusive que s'est livré Sarkozy dans son discours de Dakar, le 26 juillet 2007. Certainement, n'ayant que des appendices de connaissances en Histoire, le président français a poussé son inculture jusqu'à nier que ce fameux «homme africain» ait pu avoir une histoire : «Le drame de l'Afrique, pérore-t-il, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire. Jamais il ne s'élance vers l'avenir, jamais il ne lui vient à l'idée de sortir de la répétition pour s'inventer un destin »
Il n'est pas opportun d'épiloguer longuement sur ce sujet car le plus souvent, ceux qui font de la gesticulation intellectuelle sont ménopausée intellectuellement. Dire qu'un homme qui a fait les bancs, à qui, on a répété à l'école que l'Afrique est le berceau de l'humanité, avance de telles affabulations n'est que le reflet d'une civilisation complexée. Mon vœu c'est que la jeunesse africaine ne lui pardonne pas ses errements philosophico - anthropologiques sur l'âme noire. Après avoir débité des contrevérités sur les Africains en terre africaine, il est temps que les historiens africains conformément à la proposition de Madame KONARE écrivent leurs parts de vérité sur l'histoire africaine. Dans tous les cas, dans ce débat, aucun jury ne donnera le verdict mais bien le tribunal de l’histoire.
4) La France de Sarkozy : L’Afrique te tourne le dos !
On dit souvent que l'erreur est permisse mais lorsqu'on persévère dans l'erreur cela devient une faute. Trois fois, le président français a renié l'Afrique. Il n'aura jamais grâce aux yeux des jeunes africains. S'il est vrai qu'il fut vite amené à résipiscence par ses vaines tentatives d'édulcorer son langage à propos de l'Afrique, l'Histoire a déjà retenu ses errements. La France de Sarkozy doit savoir qu'elle a tout perdu en Afrique. La perte d'influence de la France est globale, générale, même dans toute l'Afrique. C'est justement ce qui pousse monsieur Sarkozy à lancer des diatribes à l'encontre de la Chine en ces termes « La Chine, engagée dans la plus impressionnante renaissance de l'histoire de l'humanité, transforme sa quête insatiable de matières premières en stratégie de contrôle, notamment en Afrique. » Qu'à cela ne tienne, point n'est besoin d'un Sarkozy pour défendre notre continent.
L'Afrique est un grand continent qui a souffert des affres de la colonisation, elle n'est pas dupe pour se faire avoir une fois de plus, par n'importe quelle puissance. En réalité les attaques répétitives de monsieur Sarkozy ne sont que l'expression d'un désespoir. C'est un leurre pour celui qui continue de croire que la France est encore extrêmement influente en Afrique. Seule l'armée française est restée enfermée dans ses bases, garde prétorienne de régimes indéfendables. Cette armée qui se recycle en " gardien de la paix ". la France, déjà gênée aux entournures par le génocide au Rwanda, le scandale Elf, les turpitudes de la " Françafrique " par sa guerre en Côte d'Ivoire... a perdu " son " Afrique, Au moment où ce continent redevient un enjeu géostratégique. Ah La France de Sarkozy, les erreurs, les lâchetés et les ambiguïtés qui ont émaillé ta politique africaine te perdront.
Auteur : Prao Yao Séraphin (Président du MLAN)
Publication : 11 octobre 2007
Rubrique: Afrique-politique
Source : www.mlan.fr
Contact : contact@mlan.fr
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AFRIQUE : POURQUOI LES AFRICAINS NE VOTENT PLUS. (le 02/09/2007 à 23h38)
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Au Cameroun et au Mali en juillet, mais aussi au Sénégal un mois plus tôt, au Burkina, au Congo ou au Bénin, l’appel aux urnes trouve peu d’échos. Sauf si l’enjeu - la sortie d’une longue crise comme au Liberia ou en RD Congo - le commande.
« Aux urnes, l’Afrique ! » : ce titre d’un ouvrage collectif et pionnier, écrit il y a un quart de siècle par une équipe de chercheurs africanistes à l’époque où le continent s’ouvrait enfin au pluralisme, serait-il un contresens? Apparemment, oui. Du Cameroun au Mali, en passant par le Congo et le Togo, les dernières nouvelles du front électoral ne sont pas bonnes: consultations bâclées, bugs informatiques, reports indéfinis et taux d’abstention parfois spectaculaires relevés lors des législatives camerounaises et maliennes du 22 juillet - 70 % à Douala et jusqu’à 90 % dans une capitale aussi politisée que Bamako. C’est surtout ce dernier phénomène, celui de la désaffection de l’électorat - également constaté lors des législatives congolaises du 24 juin, où le taux de participation a manifestement été beaucoup plus faible qu’annoncé (60 %), ne serait-ce que pour des motifs techniques -, qui ne laisse pas d’inquiéter. Pourquoi boude-t-on les urnes, vecteur essentiel d’une démocratie chèrement acquise? Il existe certes, pour expliquer cette défection, une clé culturaliste, aussi simple que douteuse, dont usent encore certains observateurs venus du Nord. Les élections africaines ne seraient que rituels, trucages et bouffonneries, et les électeurs, déboussolés puis dégoûtés, les auraient définitivement rangées au rayon du luxe politique et financier inutile. Erreur: c’est l’inverse, et c’est bien là tout le problème. Bonne gouvernance et conditionnalité démocratique de l’aide obligent, les élections en Afrique sont en effet globalement de plus en plus transparentes (ou de moins en moins opaques), de mieux en mieux contrôlées et de plus en plus crédibles. Tous les pouvoirs en place savent désormais qu’une victoire écrasante à 95 % est encombrante et dessert inévitablement le but recherché. Au Cameroun par exemple, mais, aussi au Congo (où le spectaculaire ratage des dernières législatives relève presque uniquement de l’incapacité technique), les progrès et la bonne volonté en ce domaine des ministères de l’Administration territoriale et des Commissions électorales sont évidents pour qui refuse de s’arrêter aux préjugés. Lentement, mais sûrement, les sociétés politiques africaines - pouvoirs et oppositions confondus - assimilent la modernité, et les résistances à l’ouverture s’effacent, l’une après l’autre.
Alors, pourquoi l’abstention? Pourquoi cette « exit option » de toute une partie de l’électorat au moment où le marché politique est de plus en plus libre et privatisé? À bien y regarder, l’abstention est beaucoup plus grave que la fraude ou la violence, qui sont encore trop souvent la marque des scrutins en Afrique. Quand on met à sac les locaux d’un concurrent, quand on corrompt des électeurs, quand on boycotte volontairement une élection, c’est là une forme déviante, certes, mais une forme réelle de participation au processus. Une manière de voter contre et en dehors du système, de le subvertir, un produit pervers de la compétition en quelque sorte. Aussi paradoxal que cela puisse paraître en effet, le fait de devoir tricher ou payer pour gagner est un progrès par rapport à l’époque des partis uniques, où le besoin de recourir à ce type de méthodes ne se faisait nullement ressentir. Et des pays considérés comme plus démocratiques que d’autres, à l’instar du Sénégal ou du Bénin, le sont aussi parce que l’inégalité des différents partis en lice devant la fraude, le clientélisme et l’achat de voix y est moins forte qu’ailleurs. En réalité, l’attitude qui détermine le pôle vraiment opposé, c’est bien l’abstention. C’est un signal d’alarme, le symptôme d’une crise de confiance profonde et d’une démobilisation qui peut être lourde de conséquences.
Avant d’analyser ce phénomène, sans doute convient-il de le relativiser quelque peu. Quand l’enjeu paraît neuf et réel - comme en RD Congo - et quand le scrutin concerne ce qui est perçu comme la clé du pouvoir (l’élection présidentielle), la participation est toujours plus élevée. Le vrai déficit d’intérêt porte beaucoup plus sur les législatives et, comme le démontrent les chiffres des dernières consultations camerounaises et maliennes, plus l’électorat est urbain et politisé, moins il se rend aux urnes. Pour quelles raisons? La première, fondamentale, tient dans le sentiment d’impuissance et d’incapacité à changer les règles éprouvées par beaucoup d’électeurs, en particulier les jeunes. En quinze années de pratique électorale pluraliste, beaucoup d’anciens partis uniques se sont recyclés en partis hyperdominants, bénéficiant de surcroît de la légitimité conférée par le suffrage universel. La fraude parfois, le poids des habitudes et le zèle de l’administration ont joué leur rôle dans le maintien (ou le retour) des groupes au pouvoir. Mais pas seulement et de moins en moins. Mieux organisés et mieux dotés que leurs concurrents, certains de ces partis (comme le RDPC au Cameroun, le CDP au Burkina, le PDG au Gabon ou le PCT au Congo) ont montré une vraie capacité à se renouveler et à capter de nouvelles élites à travers la pratique sélective des primaires. La désespérance de l’électorat contestataire est donc d’autant plus forte que le couvercle ne se maintient pas uniquement par des moyens autoritaires, mais aussi démocratiques. Résultat: à de rares et fragiles exceptions près, les élections ne débouchent pas - et cela quel que soit leur degré de transparence - sur une alternance.
Dans ce blocage au sommet, générateur d’abstentionnisme parfois massif, les oppositions ont aussi une grande part de responsabilité. Pratiquement aucun parti n’est porteur d’un programme et, surtout, d’un projet de société alternatif au statu quo en vigueur. Surtout, les opposants ont souvent failli à leurs obligations pédagogiques. À cet égard, la comparaison avec un parti comme l’ANC en Afrique du Sud - où la participation électorale est sensiblement plus élevée qu’ailleurs - est éclairante. Les nationalistes sud-africains ont toujours placé la mystique du « one man, one vote » au cœur de leur combat, habituant ainsi leurs militants et les populations à l’importance décisive de l’acte électoral. Églises, ONG, associations civiques: tout le monde a participé, dans le cadre des programmes de «voter éducation», à l’ancrage du bulletin de vote au plus profond du paysage démocratique. Dans l’Afrique francophone des années 1990, rien de tel. Pour les oppositions, l’élection n’était qu’un moyen comme un autre de déboucher sur la prise du pouvoir immédiate, une sorte de sésame complémentaire des Conférences nationales avec alternance obligatoire à la clé, un raccourci permettant de faire l’économie de la lente et patiente mise en place de rapports de force favorables au changement. Quinze ans plus tard, la chute est lourde et les désillusions tenaces. Le jeu parlementaire est presque partout grippé et la compétition pour le pouvoir se joue bien souvent, comme au Cameroun, à l’intérieur même du parti hyperdominant. À quoi bon voter dans ces conditions ?
Pour inquiétante qu’elle soit, en ce qu’elle peut déboucher sur une conduite de fuite, voire de dissidence par rapport aux institutions, l’abstention a cependant un côté positif. Elle dénote en effet une individualisation progressive de l’électeur africain, de son comportement et de sa capacité de choix. En ce sens, l’abstentionniste de Douala, de Brazzaville ou de Bamako est beaucoup plus proche de l’idéal démocratique dit moderne que l’électeur de province qui prend le chemin de l’isoloir avec tout son village par obligation communautaire et en fonction de réflexes purement identitaires. Un mal pour un bien? Possible. Et une crise de croissance passagère, espère-t-on, en attendant que les urnes et ceux qui en sortent soient vraiment dignes de la confiance des citoyens.
Auteur : François SOUDAN
Publication : 29 juillet 2007
Rubrique: Afrique-politique
Source : Jeune Afrique
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47 ANS D’INDEPENDANCE POUR RIEN. (le 18/08/2007 à 03h47)
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Au moment de son accession à la souveraineté internationale, il foisonnait pour notre pays, d'innombrables raisons de fonder un espoir en un avenir de prospérité. Contre toute attente, 47 ans plus tard, on nous propose un tableau d'une extrême mocheté qui n'a d'égale que la laideur morale des ceux qui à un moment ou un autre, avaient entre leurs mains les destinées de notre pays.
En ce début du 21 e siècle, les valeurs démocratiques ne sont plus l'apanage des pays développés, elles s'enracinent à travers le monde sous la houlette de certaines bonnes volontés. Dans un contexte irrémédiablement plombé par les avatars de la Nouvelle Espérance, le génie du peuple congolais ne trouve toujours pas les conditions de son éclosion et de son envol. La prise en compte de nos conditions matérielles d'existence ne sont ni en projet, ni garanties.
Cette grande désillusion rend nos aînés nostalgiques de la période coloniale. Or, l'Histoire de la colonisation du Congo reste un long cauchemar fait de l'écrasement continuel des peuples privés de la plupart de leurs droits. Elle fut une opération de broyage de nos cultures qui finit par détruire une grande partie de nos repères identitaires. Et l'inconscient de la psyché individuel et collective en est traumatisée sous la forme d'une angoisse existentielle sans cause apparente. D'aucuns restent dubitatifs quant à la capacité du congolais à prendre le train de la démocratie et du progrès social. Face à cette résignation maladive et généralisée, c'est encore l'Histoire qui vient à la rescousse de notre honneur. A travers les écrits du missionnaire Giovanni Antonio Cavazzi ( Cavazzi A., 1732 ) qui fut envoyé deux fois au royaume Kongo en 1654 et en 1670. On apprend avec fierté que chez nos ancêtres, les Kongo précoloniaux, sur le plan de prestige social, le Noir passe avant le Blanc. Ainsi à la fin du XV e siècle, le Roi de Kongo et son peuple ne se firent baptiser que parce qu'ils estimaient que la religion des Blancs était un moyen d'élargissement de leur connaissance pour améliorer les conditions d'existence des humains.
C'est à la faveur des contacts soutenus avec les Blancs qu'il y eût redistribution des hiérarchies renversées et leur redonner le rang que d'abord les kongo leur avaient refusé.
Notre pays regorge actuellement des intelligences dans des domaines inimaginables, et il n'a jamais été aussi riche que maintenant, paradoxalement il est dans un piteux état. La société et les cultures sont éclatées, mutilées. Ces savants congolais n'attendent qu'une opportunité pour rassembler les fragments de notre pays pour nous donner une image susceptible d'asseoir des perspectives plus lisibles.
Le peuple congolais au passé glorieux, est désormais, curieusement plongé dans une espèce d'hébétude dont il a tant de mal à se réveiller. On ne peut autrement expliquer un tel état de fait que par les incohérences des discours, la lenteur de l'action et la décision lorsqu'il s'agit d'actes ce courage ; la couardise, la pusillanimité, l'instrumentalisation des ethnies, l'insuffisance du rêve et la peur du risque sans lequel il est irrationnel d'envisager quelque chose de grand.
A un assourdissant silence public, s'ajoute le vacarme de l'indifférence. Les sporadiques manifestations de la diaspora troublent l'indolence commune, mais ne parviennent pas à soulever le couvercle plombé de l'aboulie nationale. Reste donc à jeter un énorme pavé dans les douves de la politique pour que tous les congolais, dessillés par les éclaboussures jettent un regard sur ces cloaques.
On est presque surpris que dans des conditions extrêmement difficiles, Mabiala Ma NGanga et André Matsoua aient bravé l'ordre colonial alors que les Congolais du 3 e millénaire, disposant des moyens de communication les plus modernes, continuent à subir tant de frustrations pendant une longue période de désordre et d'angoisses existentielle ouverte par un pouvoir putschiste qui n'est pas prêt à se terminer.
Après 47 ans d'indépendance, on nous impose un Congo où le clan familial détourne impunément l'exclusivité des recettes pétrolières à travers les sociétés écran établies dans les paradis fiscaux, alors que le peuple congolais s'enfonce chaque jour dans une misère effroyable. On nous impose un Congo où les constitutions changent au gré des stratégies personnelles des hommes politiques, c'est ainsi qu'un putschiste abroge la constitution élaborée en toute indépendance par les congolais, pour la remplacer par une autre, taillée sur mesure, mais qu'il ne daigne même pas respecter. On nous impose un Congo où la quête du pouvoir et s'y maintenir devient un combat sans merci, tout adversaire devient un comploteur en puissance. On nous impose un Congo où, un régime disposant de tous les pouvoirs est incapable d'organiser des simples élections dignes, justes et transparentes. Il pousse l'impudence à l'extrême en nommant ses « députés ». Bref, on nous impose un Congo où tout va à vau-l'eau comme si le suicide collectif était l'ultime alternative.
Quand Pierre Bourgault dit « L'indépendance, ce n'est pas une récompense, c'est une responsabilité », il met en exergue la responsabilité qui nous incombe à tous, nous fils et filles de ce pays. Cette responsabilité nous condamne à refuser la résignation, mais surtout d'éviter que le Congo, ce bateau ivre ne sombre définitivement dans les flots de la médiocrité.
Qu'on ne se méprenne pas: l'indépendance n'est pas un état des choses, ni une fin en soi. C'est une dynamique. Comme la liberté, elle n'est jamais acquise. Comme pour la démocratie, c'est un combat de tous les instants. Comme pour le progrès, c'est un devoir. C'est cette dynamique quasiment ontologique qui fait l'honneur des peuples qui se battent pour en faire une réalité. L'universel démocratique se comprend précisément comme ce qui est en attente de contenu, en attente de sens, en instance de remplissage ou de complétude par et dans une histoire, une culture, une période ou une vision du monde particulière. Ce qu'on doit y mettre ne doit s'inscrire que dans un seul cadre : celui qui garantit le bien être des congolais.
On ne peut naïvement s'accommoder d'un avilissement général ni à des faux diagnostics du genre : manque d'argent, inadaptabilité de la démocratie à la diversité ethnique, baisse des cours de matières premières, opposition nuisible, privatisations des entreprises etc.., on est loin, mais alors très loin, mais surtout à mille lieux des solutions.
Il ne faut pas se tromper d'enjeu ! Aujourd'hui, au-delà de l'indépendance, le vrai combat reste, l’adaptation des systèmes de gouvernement aux temps et aux lieux; les modifier suivant les circonstances et les hommes, l'émulation généralisée pour distinguer les plus aptes à se mettre à la disposition des congolais, la mise en place des conditions de répartition plus égalitaire des richesses de notre pays. Tels devraient être les devoirs imposés à ceux qui dirigent la société.
Une indépendance n'a de sens que lorsque l'on peut librement choisir les acteurs politiques capables d'inventer une stratégie de progrès réfléchie, cohérente avec les stratégies de différents sous-systèmes de la société congolaise, autrement le désenchantement sera récurrent et notre indépendance politique n'aura servi à rien puisqu'elle ne nous aura pas conjuré l'abîme. Bien au contraire…
Auteur : Djess dia Moungouansi
Publication : 14 août 2007
Rubrique: Afrique-politique
Source : http://demainlecongo.oldiblog.com
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LA FRANCAFRIQUE: ENTRE PROMESSE DE COOPERATION ET RUPTURE DANS LA CONTINUITE. (le 31/05/2007 à 08h13)
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La Françafrique est cette institution voulue et créer par De gaulle, avec des impératifs biens précis : La promotion de la France auprès des Nations Unies et de préserver de liens très étroits de ce qui est appelé le Pré carré Français (1). Aujourd’hui, nous sommes en 2007 et l’on peut se poser des questions, si cette institution est encore adaptée ?
En effet, un bref rappel historique, son évolution dans le temps et surtout quels sont ses conséquences, tant au niveau africain, qu’au niveau Français sont nécessaires pour nous permettre de mieux encercler les enjeux de cette institution et de la rupture made Nicolas Sarkozy.
1) Rappel Historique :
Le Général De Gaulle accède au pouvoir en 1958, après la seconde guerre mondiale, la France possédait des colonies en Afrique, lesquelles qui ont répondu et combattu pour la libération de la France, à la demande du Général De Gaulle (discours de Brazzaville). Cet appel à défendre la mère patrie envahie, était suivie d’une promesse d’indépendance, mais posons-nous légitimement la question de quelle indépendance, au fond, s’agissait-il ?
A son accession au pouvoir, le Général De Gaulle se voit contraint de tenir sa parole, devant une situation internationale, ou de plus en plus de voies s’élèvent en Afrique et dans d’autres Etats du monde (tel l’Union Soviétique et les Etats-Unis), hostiles à la colonisation, le Général De Gaulle lâche de lest et octroie les indépendances, une à une, à partir des années soixante. Mais de quelles indépendances s’agit-il vraiment ?
Pour saborder les indépendances dans une certaine manière, le Général De Gaulle imagine et procède à la création d’un système de dépendance, pour cela, il lègue cette mission à son bras droit de l’époque, Monsieur Jacques Foccart, dont les avantages seraient doubles :
· Dans un premier temps, d’établir une certaine visibilité de l’image de la France, à travers le monde, à partir du pré carré africain qu’il envisage créer. En effet, hormis sa possession de l’arme atomique, qui fait de la France, un pays membre permanent au conseil de sécurité des Nations Unies, la France a besoin d’un poids politique mondial de taille, afin de prouver son rôle d’influence dans le monde, ainsi va par là l’image et la reconnaissance qu’elle espérait.
· Dans un second temps, d’établir une géopolitique et une géoéconomique stratégiques pour les intérêts français, à partir de ce moment, le système de dépendance est affinés. Au lendemain des indépendances, les Chefs d’Etats sélectionnés seront mis au pouvoir, au moyen des fraudes électorales massives des élections organisées sous la coupole de la France. Après les indépendances, les Chefs d’Etats africains sélectionnés sont mis au pouvoir, au moyen des guerres civiles et ethniques, ayant occasionnées parfois de génocide, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité (c’est le cas du Congo-Brazzaville qui s’est vue imposé Sassou N’Guesso contre la jeune démocratie naissante, par Jacques Chirac).
2) Entre Fonctionnement et ses conséquences :
La France peut désormais s’assurer, grâce à ses réseaux locaux développés par Jacques Foccart, pour s’assurer de la main mise de ces réseaux organisés autour des Chefs d’Etats africains potentats, Au nom des ses amitiés, avec les Chefs d’Etats africains, la France propose des Barbouzes français pour leurs protections et pour leurs conseils.
Mais ces Barbouzes sont des véritables mercenaires, au service de l’Elysée et des services secrets français, qui avaient, pour mission, de mettre ou de démettre un Chef d’Etat, sous les ordres de l’Elysée.
la France procède par chantage de coup d’état ou par exécution des coup d’états. Par les accords passés avec les Chefs d’Etats africains amis, la France finit par avoir le contrôle économique, monétaire et militaire dans tout le pré carré, sauf dans la Guinée de Sékou Touré.
Par la Françafrique et son fameux pré carré africain, la France peut, désormais, avoir le contrôle politique, économique, monétaire et militaire. La France peut, désormais, détenir tout le monopôle économique et l’accession aux matières premières sans concurrences étrangères.
La société publique de l’époque ELF, aujourd’hui devenue privée TOTAL FINA ELF est à la fois un groupe pétrolier et un service de renseignement français, elle finance à la demande des Présidents français ou en accord avec l’Elysée, la diligence des coups d’état, des guerres civiles, et les corruptions pour s’en garantir du monopole d’extractions pétrolières dans le pré carré africain.
Les conséquences qui en découlent sont, tristement, pour les Etats africains d’ordre politiques, économiques et sociales : En effet, les répressions des dictateurs (amis de la France), les guerres civiles occasionnées par la France pour faire et défaire, pour mettre et démettre ont fait beaucoup de morts dans le continent.
Au niveau social, la pauvreté s’aggrave avec son lot de déplacés des guerres, qu’il faut logé, soigné et nourrir. Certaines régions deviennent déstructurées après de violents conflits, parfois avec un important cortège d’enfant soldat qu’il va falloir réintégrer dans la société.
Au niveau économiques, les pays voient leurs dettes s’élevées sans incitations directes sur les économies des groupes pétroliers ou de l’Etat français, alors que : c’est la France , les Groupes pétroliers et les Chefs d’états (amis français) qui bénéficient de la guerre
Au niveau politique, on assiste dans certains pays, des assassinats politiques, la pérennisation des chef d’état infréquentables, criminels, dictatoriaux et claniques. Un niveau de désamour de plus en plus croissant des nouvelles générations africaines
3) Entre Coopération et ses Conséquences :
Au commencement étaient la colonisation puis vint les indépendances, avec comme conséquences, des accords de coopérations:
· Des accords sur le processus de la décolonisation, une zone de Francs avec taux de change (2) fixe sera convenu, la France aida les pays africains, à la formations des fonctionnaires ou des étudiants qui venaient faire leurs études en France et une aide publique au développement dans le cadre du co-développement.
· Des accords sur la défense, avec la création des bases militaires françaises au Gabon, au Tchad, En Côte-d’Ivoire, en Dibouthie etc.…. Ces accords prévoient une protection de la France, lorsque ces Etats sont attaqués, posons-nous la question, pour que les accords de défense entrent en jeu, ces Etats doivent être attaqués par qui? si n’est par l’extérieur. Posons-nous une autre question, lorsque les institutions d’un pays sont menacées de l’intérieur par une crise interne ou local, peut-on considérer que ces Etats au sens noble du terme, sont menacés ? Je dirai NON.
Qu’est ce qui se passe en pratique, concernant les indépendances ?
Pour arracher des concessions en Afrique, les réseaux mafieux Pasqua, Chiraquiens de la Françafrique, n’hésitent pas à faire un double jeu, Pendant une guerre civile, on endette ces Etats par des emprunts d’ELF aux deux belligérants (c’était le cas au Congo-Brazzaville, lors du coup d’état de 1997 orchestré par ELF)
Bénéficiant de la faiblesse des Chefs d’Etats africains obtenue par le chantage, l’organisation des coup d’état, la politique des Chefs d’Etats africains sera contrôlés et dirigés par les réseaux occultes de la Françafrique, ce qui occasionne le pillage des ressources nationales africaines par la France via ses sociétés publiques comme ELF.
Le cas de Pillage sur le Congo-Brazzaville est criard, pendant longtemps, l’entreprise publique française ELF, charge des barils et des barils de pétroliers à l’insu des congolais, car elle bénéficiait de la confiance totale, la vente de tous ces embarquements échappaient, donc, aux autorités congolaises et bénéficiait intégralement à l’entreprise publique Française ELF.
Pire encore sur ce pillage, elle fait comprendre aux autorités congolaises, que le pétrole congolais présente une bonne décote au niveau international, compte tenu de sa mauvaise qualité, par conséquent, ELF présentait librement ses bilans négatifs, la différence de ce pétrole congolais, en réalité bien côté, et vendu en prix réel, bénéficiait intégralement l’entreprise publique ELF.
Concernant le Gabon, le rapport du sénat américain a montré que 8% du budget allait directement dans la cagnotte du Président gabonais Omar Ondimba Bongo. Cette cagnotte permet au Président Omar Ondimba Bongo a financé un certain nombre de partis politique français, affirme et s’indigne Jean Merkaert du CCFD une des associations française pour le développement.
Qu’est ce qui se passe en pratique, concernant les politiques de co-développement ?
La politique de coopération de la France se fait toujours entre état à état, alors que les anglais par exemple, passent le plus souvent par les ONG, la Société civile dans leurs politique de coopération, résultat : la politique de coopération est transparente, bien gérée et profite plus aux sociétés.
Quand à la France, elle motive sa politique de coopération état à état, par la qualité jacobine de le France, un Etat central et républicain ou la notion de l’Etat occupe une place très prépondérante, c’est dans cette conception et habitude que la France traite traditionnellement avec les Etats que les sociétés civiles. Mais en réalité, qu’est ce qui se cache réellement, derrière cette excuse, lorsqu’on sait que la coopération se fait essentiellement avec le pré carré français ?
L’aide publique au développement de la France, qui est la principale politique de co-développement, n’est qu’un mécanisme de détournement de fond entre les réseaux de l’Etat français et les réseaux des Etats africains, et ce détournement constitue aussi la dette supportée par les africains et l’autre partie de l’aide est l’entretien pour faire vivre les Etats africains de continuer à fonctionner : Cette aide est une aide contre la maturité et le développement des africains du paternalisme français.
Qu’est ce qui se passe en pratique, concernant les politiques de défense ?
La France possède des bases militaires (3) en Afrique, acceptée par les amis crapuleux de la France au pouvoir, officiellement, lorsqu’un pays est agressé, dans la pratique, elle s’ingère dans les crises internes et permet en conséquence, le maintien ou l’installations des crapuleux, comme récemment au Tchad et en Centrafrique. Voici quelques exemples, parmi tant d’autres, et leurs conséquences :
La main à peine invisible de la France est présente non seulement dans les meurtres de leaders politiques africains tels : Ruben Um Nyobé en 1958 (Cameroun), Sylvanus Olympio en 1963 (Togo), Outel Bono en 1973 (Tchad), Thomas Sankara en 1987 (Burkina Faso), pour ne citer que ceux-là, mais aussi dans les crises politiques de Madagascar en 2001-2002, le génocide au Rwanda en 1994, les guerres civiles du Congo-Brazzaville pour installer le dictateur/criminel Sassou N’Guesso (1997-2003) et de Côte d'Ivoire (1999-2007), sans oublier l'installation du fils Eyadéma au Togo en 2005 suite au décès de son père dictateur/criminel, ayant dirigé le Togo.
4) Entre Rupture et continuité made Nicolas Sarkozy :
Selon Nicolas Sarkozy, alors candidat à l’élection présidentielle, il déclarait « la France n’a pas besoin de l’Afrique » et nous pouvons pensé que la France n’a plus d’amis en Afrique, mais que des intérêts, c’est en ce dernier point, que Sarkozy ne dérogera pas à la loi françafricaine nouvelle version made in Nicolas Sarkozy.
Pendant sa campagne électorale, le candidat Nicolas Sarkozy avait promis refonder la politique Elyséenne de l’Afrique, les principaux thèmes de rupture avec le passé sont : Plus de complaisance et des secrets, une politique d’immigration concertée, par contre, comme son prédécesseur Jacques Chirac d’expression connue « l’Afrique n’est pas mûre pour la démocratie » Nicolas Sarkozy ne parle même pas de prime à la démocratie comme l’avait préconiser l’ancien Président français François Mitterrand « l’aide publique au développement sera fonction des avancées significatives démocratiques ». Comment à croire à la rupture annoncée par Nicolas Sarkozy, lorsqu’on sait que l’un des gros soucis politiques en Afrique, c’est l’installation et les maintiens des dictatures depuis l’arrivée de Jacques Chirac à l’Elysée.
Or le Président Nicolas Sarkozy, est soutenu et appuyé par des milieux politco-affairistes et des médias, les mêmes s’activent en Afrique, l’exemple le plus patent, c’est son ami Bolloré qui possèdent des affaires en Afrique et se bouscule au portillon de la DGST de la France en Afrique, après le groupe pétrolier TOTAL FINA ELF. Par conséquent, il y a lieu à croire que la rupture est dans la forme et la continuité est dans le fond. Dans ces millieux politico-affairiste, on y trouve TOTAL FINA ELF, Groupe Bolloré, Groupe Bouygues et les réseaux Corses (la Corsafrique) pour le blanchissement de l’argent détourné en Afrique.
Une autre partie de sa campagne électorale, était d’être le défenseur des droits humains opprimés, des droits des femmes opprimées, comment peut-il recevoir un Chef d’Etat, qui est l’un des grands symboles des réseaux mafieux françafricains en Afrique, qui dirige son pays par oppression et par dictature ? pourquoi, au lendemain de son élection, Nicolas Sarkozy prend son téléphone et remercie Omar Ondimba Bongo pour ses conseils ?
Selon l’ex juge Madame Eva Joly, « je regrette que le premier Chef d’Etat étranger à rendre visite à Paris à l’Elysée, soit le Président Omar Ondimba Bongo, qui a ses yeux reflètent les mauvaises habitudes de la France a t-elle déclarer le 25 mai 2007.
L’arrivée de Nicolas Sarkozy vient de marquer officiellement la fin de la Françafrique, en effet, le 20 mai 2007, Nicolas Sarkozy annonçait la fin des sommets France-Afrique et la fin de la cellule Elyséenne de l’Afrique, et pourtant les relations France-Afrique style Etat à Etat traditionnel dans le monde, vont continuer, l’on peut l’imaginer, la politique «sous la table» aura toujours ses beaux jours. Peut-on croire à cette bonne volonté de rupture, pourtant affichée, par le Président français Nicolas Sarkozy ?
5) Conclusion :
Les relations France-Afrique dépassent les rivalités Droite/Gauche que les français connaissent dans leur pays, c’est une véritable politique sous la table, une politique sous l’ombre, dont les seuls invités sont les initiés ou les membres de réseaux, par conséquent, au niveau du droit international, nous pouvons considérer que ces relations sont illégales, elles sont destinées à mettre en œuvre tout une politique de pillages de ressources nationales des Etats africains à huis clos, loin des regards des société civiles, des populations locales
Pour connaître mon opinion face à ce pillage à huis clos, vous pouvez me lire en cliquant sur « L’UA devrait obliger des Nations-Unies, la reconnaissance de Délit de Pillage et Crimes économiques »
En recevant le Président Omar Ondimba Bongo, le président français Nicolas Sarkozy, vient de manquer à l’honneur de la rupture de la politique africaine qu’il a promise. Ce symbole est très grave qu’il semble inaugurer à l’Elysée l’oiseau de mauvaise augure. Ce qui est peut-être sûr, nous pourrions assister, dans l’avenir, à de nouvelles politiques de co-développement, à entendre ses proches supporters, seront plus pragmatiques.
Mais, la vigilance, sur nos différentes et anciennes relations entre Etats ou entre Partenaires doit rester, de mise.
Depuis l’existence de la Françafrique, de sommets en sommets, tel la françafrique, la Francophonie, les coopérations et les co-développements, le développement des Etats africains se sont compromis de plus en plus, par ces sommets qui ne sont soldés au fond, par l’enrichissement de la France et le pillage de ses pays, l’Afrique n’a pas besoin de ces sommets mafieux pour réussir. Elle a besoin de faire confiance à la mobilisation de toutes ses énergies
Notes
(1) Les pays du pré carré sont des pays d’Afrique francophone, et aujourd’hui les influences du pré carré sont élargies aux pays comme l’Angola, la Guinée équatoriale et le Nigeria.
(2) L’ancienne parité était de 1FF=FCFA, actuellement elle est de 1FF=100FCFA.
(3) Ces bases se trouvent : En Côte-d’Ivoire, Tchad, Gabon, Djibouti etc….
Auteur : Appolinaire Noël KOULAMA
Publication : 31 mai 2007
Rubrique: Afrique-politique
Source : Africdossier.oldiblog.com
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