KaZeo
Fermer
  Créer son blog KaZeo     Créer un blog gratuit Mercredi 19 juin 2013   St Romuald  
Africdossier
 

puce Sommaire des articles de cette rubrique

   

puce AFRIQUE : LES CAUSES DU SOUS-DEVELOPPEMENT DE L’AFRIQUE CONTEMPORAINE (CHAP III). (le 29/11/2008 à 00h51)

LES  SOLUTIONS

 

LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT

La santé

La santé est un facteur clé pour la croissance. Elle n’est pas seulement la conséquence du sous-développement. Elle en est également une des conditions de sortie. Non seulement elle améliore à court terme la productivité des travailleurs mais encore elle favorise l’accès à l’éducation (une mauvaise santé du chef de famille détourne les enfants du système éducatif). Le maintien, voire le développement, de maladies telles que le sida, la malaria, la fièvre jaune, la tuberculose représente une trappe au sous-développement. Or l’Afrique subsaharienne est la région du monde où l’espérance de vie à la naissance est la plus basse, la prévalence du sida la plus élevée et les dépenses publiques de santé en % du PIB une des plus faibles (battue par l’Asie du Sud). La plupart des pays africains ont dû réduire leurs dépenses de santé pour se conformer aux impératifs du FMI et rembourser les dettes. En Afrique subsaharienne le service de la dette représente 4 fois le budget cumulé de la santé et de l’éducation. Souvent l’accès à la santé est réservé aux plus riches (15). L’amélioration de la santé de l’Afrique passe par l’annulation de la dette, une augmentation des dépenses publiques pour la santé et la prévention, un accès bon marché aux médicaments et une importante aide internationale.

L’eau

La mauvaise qualité de l’eau est un facteur de détérioration de la santé. Dans le tiers-monde entre 2 et 8 millions de personnes meurent chaque année d’une eau de mauvaise qualité (autant que du sida). Au Niger, Burkina Faso, Mali, Tchad, Guinée, Centrafrique, Ethiopie, Mozambique, Angola, Togo, Congo la moitié, ou plus, de la population n’a pas accès à un point d’eau aménagé. L’Objectif du Millénaire en eau était de diminuer d’ici 2015 la moitié de cette population. Cet objectif est déjà aujourd’hui est hors de portée. Pourtant il ne coûterait que 10 milliards de dollars par an soit 5 jours de dépenses militaires mondiales ou encore la moitié des dépenses annuelles en eau minérale des pays riches.

L’éducation

Le bas niveau d’éducation est un obstacle au développement et maintient la pauvreté. Le taux d’alphabétisation des adultes d’Afrique subsaharienne est de 61% seulement, seule l’Asie du Sud fait un peu moins bien (59%) (16). 46 millions d’enfants africains (17) ne sont pas scolarisés. L’Afrique est le continent qui bat les records du taux d’enfants non scolarisés. En Afrique subsaharienne, 55 à 72% des enfants ne le sont pas. Au Niger seuls 6% des enfants pauvres achèvent leur cursus primaire contre 55% pour les mieux nantis. En Ouganda le taux de scolarisation primaire a considérablement augmenté mais il y a 94 élèves par classe et un manuel pour trois. Une enquête au Mali a signalé des classes de 190 élèves avec trois manuels. En Afrique les dépenses consacrées au supérieur (en % du PIB) sont plusieurs fois plus importantes que dans le reste du monde. Il s’agit d’assurer la reproduction des élites. Très souvent inutilement pour le pays d’ailleurs puisque ces diplômés vont massivement s’expatrier vers les pays développés qui leur offrent des meilleures conditions de travail et de meilleurs salaires (18). Au Congo et en Côte d’Ivoire 25% des dépenses d’éducation vont ainsi au supérieur, au Cameroun 30% en Guinée équatoriale et au Rwanda 35%. A titre de comparaison la France ne consacre que 18% de ses dépenses d’éducation au supérieur et la Corée du Sud 8%. Notons qu’une contribution de 1% sur les 200 fortunes les plus élevées de la planète ou 1% sur les dépenses d’armement permettrait de scolariser tous les enfants du tiers-monde au niveau primaire. Le développement fulgurant de l’Asie depuis trente ans est beaucoup dû aux efforts que ce continent a consentis à la scolarisation primaire.

Les infrastructures

Les infrastructures matérielles.

Une des causes du sous-développement tient au manque d’infrastructures matérielles. Au Zambie l’accès difficile dans les régions reculées ne permet pas d’éradiquer la pauvreté et la famine. Le sud du Tchad pourrait produire suffisamment d’aliments pour nourrir toute la population du pays sous condition de pouvoir acheminer les produits. Alors qu’en 2006 quatre millions de personnes au Kenya étaient touchées par la famine la récolte de maïs a été exceptionnelle dans l’ouest du pays. Le rapport 2005-2006 de l’OCDE sur l’Afrique souligne que c’est moins la corruption (et la spéculation locale sur les produits agricoles) qui est responsable des disettes que l’état des transports et des infrastructures. Plusieurs pays en sont restés aux seules infrastructures routières et ferroviaires héritées de la colonisation française ou anglaise.

L’électricité.

Au plan mondial deux milliards de personnes n’ont toujours pas l’électricité. L’absence d’électricité dans les villages d’Afrique subsaharienne représente un handicap sérieux pour leur développement. L’autosuffisance alimentaire dans le Sahel ne pourra être atteinte sans électricité. Elle est nécessaire à l’irrigation et à l’allégement de certains travaux (utilisation de moulins pour moudre, par exemple). Mais elle est également indispensable sur le plan de la communication (téléphone) et de la santé (réfrigérateur pour conserver certains vaccins et médicaments). Le développement d’énergie solaire ou photovoltaïque ne dépend que du financement.

Les infrastructures communicationnelles. Elles sont tout aussi importantes que les infrastructures matérielles. « Le Sahel peut se nourrir lui-même », affirme chiffres à l’appui le directeur de l’ONG Afrique vert, « Le problème est qu’on peut avoir une région excédentaire alors qu’à 100 km de là on crie famine. Pour compenser ce déséquilibre il faut organiser les circuits de transport et de communication et mettre en présence l’offre et la demande locale ». Les multinationales occidentales (dont principalement France Télécom dans les pays francophones) disposent de monopoles pour la transmission de données et imposent des tarifs plus élevés que ceux dans les pays riches incompatibles avec le pouvoir d’achat des Africains (Sénégal, Madagascar, etc.). Il en résulte entre autres que moins d’un Africain sur cent a un accès à Internet.

 

LES MODES ACTUELS DE FINANCEMENT

Le développement de l’Afrique, tout au moins dans sa phase de décollage, ne peut être autofinancé. Les pays sont beaucoup trop pauvres pour dégager les sommes nécessaires que ce soit par le biais de la fiscalité ou par celui des investissements privés autochtones.

Les investissements directs de l’étranger (IDE).

La Banque mondiale promeut la libéralisation financière et les investissements privés étrangers. Mais les études prouvent que ceux-ci n’ont pas d’impact sur la croissance des pays les plus pauvres car ils concernent l’exploitation rentière de matières premières et n’ont pas d’effet d’entraînement. Sur ce plan l’entrée de la Chine comme investisseur en Afrique ne change la situation qu’à la marge mais augmente cependant le pouvoir de négociation des gouvernements. Non seulement les investissements étrangers n’ont pas d’effet d’entraînement sur l’économie des pays mais encore ils n’équilibrent pas les entrées de capitaux nécessaires au service de la dette. En 2003, pour l’Afrique subsaharienne, les entrées nettes d’investissements étrangers représentaient, selon le PNUD, 2,2% du PIB alors que le service de la dette se montait à 2,9% (en 1990 ces deux chiffres étaient respectivement de 0,4 et 3,8 !). Il est clair que les investissements lourds (route, rail, etc.) ne peuvent être financés par le privé sauf s’ils servent précisément au transport des matières premières (19). Mais maintenant les multinationales d’eau et d’électricité (et notamment les françaises) abandonnent aussi ces marchés qui étaient lucratifs mais de plus en plus contestés par les populations dès lors que les tarifs imposés étaient incompatibles avec les capacités de payer. Ce qui explique que les capitaux étrangers s’investissant mondialement dans les pays du Sud ont chuté de 127 milliards de dollars en 1997 à 41 en 2003. Le très libéral Wolfowitz que les Etats-Unis viennent d’imposer à la présidence de la Banque mondiale a reconnu que « vouloir faire du secteur privé le pilier du développement des infrastructures dans les pays pauvres s’est avéré inapplicable dans les faits ». Il faut également noter que les rapatriements à l’étranger des bénéfices arrivent parfois à dépasser le montant des investissements reçus.

L’aide publique au développement

Quelle efficacité ? Depuis 50 ans 2.300 milliards de dollars ont été dépensés pour sortir, au plan mondial, les pays pauvres du sous-développement. Les pays qui ont reçu le plus d’aide n’ont cependant pas atteint les objectifs fixés : croissance économique et réduction de la pauvreté. De même il est déjà clair que les Objectifs du Millénaire fixés en 2000 pour 2015 ne seront pas atteints. La raison tient moins dans l’insuffisance des sommes engagées que dans leur utilisation. Seuls 41% des sommes de l’aide sont versés aux pays destinataires. Les études préalables aux aides (celles-ci sont ciblées) en absorbent 38% (le plus souvent d’ailleurs au profit « d’experts » occidentaux). 7% vont à la gestion des programmes des donateurs (20) et 11% à l’allégement des dettes. Enfin 3% représentent le soutien aux réfugiés vivant dans les pays donateurs. Une grande part de l’aide est humanitaire dont 60% dans des opérations d’urgence (famines, déplacement de population, etc.). Une fois déduites les sommes destinées à l’humanitaire et aux annulations de dette il ne reste plus grand-chose pour accroître les ressources des pays.

Le Sud finance le Nord Les nouveaux prêts que reçoit le tiers-monde ne contrebalancent pas les remboursements qu’il effectue. En 1999 le tiers-monde a transféré aux créanciers 100 milliards de dollars de plus qu’il n’a reçu de nouveaux prêts. Selon Kofi Annan depuis 1997 les pays en développement versent chaque année plus d’argent qu’ils n’en reçoivent. En 2002 il s’est agi de 200 milliards de dollars. En 2003 selon la Banque mondiale les pays les plus pauvres ont remboursé 39 milliards de dollars alors qu’ils n’ont reçu que 27 milliards d’aide au développement. Le transfert net des pays à faible revenu, incluant ceux d’Afrique subsaharienne, vers les pays développés a représenté ainsi 8 milliards de $ en 2004. Quant au groupe des pays très endettés cet excédent a atteint 30 milliards. Une des raisons de cette inversion de flux est la conséquence de l’ajustement structurel. Les « fondamentaux » imposés par le FMI et la Banque mondiale incluent la reconstitution des réserves des banques centrales des pays. L’Afrique subsaharienne a ainsi accru ses réserves de 4 milliards en 2003 et 19 en 2004. Elles sont placées en Bons du trésor américain (21). Traduction : la sueur des pauvres finance les déficits américains.

L’agriculture vivrière sacrifiée. Il y avait d’excellentes raisons pour sacrifier l’agriculture vivrière, et donc les petits paysans, en Afrique. Pour le FMI et la Banque mondiale l’agriculture devait se plier à la mondialisation et aux « avantages comparatifs ». Les céréales importées coûtaient moins cher que celles produites localement par la petite paysannerie. Inversement de grandes exploitations agricoles intensives et mécanisées devaient produire des produits d’exportation à bas prix. On en connaît les résultats : une importante population rurale sous le seuil de pauvreté et sous-alimentée. Pour les pays développés c’était tout bénéfice : ils exportaient leurs excédents agricoles et soutenaient ainsi leurs agriculteurs en réduisant à la misère ceux de l’Afrique. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que la part de l’aide publique au développement destinée à l’agriculture n’ait cessé de baisser. L’agriculture n’absorbait plus, au plan mondial, que 2% de l’aide multilatérale en 2002 contre 30% en 1980. Entre 1990 et 1999 l’aide publique au développement de l’agriculture avait reculé de 49% en valeur réelle.

 

QUEL FINANCEMENT SOUHAITABLE ?

Que faut-il financer ?

L’urgence est de sortir la population de la misère et de la sous-alimentation. Les trois quarts de celle-ci se trouvent à la campagne. C’est donc là que doit porter l’effort, d’autant plus que cela engendre un développement endogène qui a déjà fait ses preuves. Ainsi lorsque le Mali, dans les années 80 a garanti aux petits producteurs le prix du coton les campagnes ont été vitalisées et les jeunes ont cessé de les quitter. La culture du coton s’est accompagnée d’une augmentation des cultures vivrières. Le sud du Mali (la région cotonnière) qui était importateur de céréales est devenu autosuffisant, voire exportateur dans les zones limitrophes. L’artisanat s’est développé pour satisfaire les besoins des paysans. Les associations villageoises, élues démocratiquement avec compte-rendu annuel en fin de campagne, géraient la collecte du coton, les crédits de campagne et ont créé des dispensaires, des écoles, voire creusé des puits.

D’où le processus vertueux suivant :

• Production vivrière par les paysans ayant à nouveau les moyens de cultiver leurs terres (22). Cette phase nécessite un financement extérieur pour acquérir les semences, recevoir des aides techniques, obtenir les fonds nécessaires dans l’attente de la vente de la récolte, et éventuellement la lutte contre la désertification.

• Parallèlement à l’agriculture et pour répondre aux besoins grandissants se développe un artisanat et, dans les agglomérations, une petite industrie.

• L’autosuffisance alimentaire devant s’étendre au pays nécessite des infrastructures, matérielles pour acheminer les denrées dans les villes et des infrastructures communicationnelles (téléphone, Internet, etc.) pour faire correspondre l’offre et la demande.

Il y a donc lieu de distinguer deux types de financement : celui concernant la production agricole proprement dite et celui qui concerne les infrastructures matérielles, communicationnelles et immatérielles (santé, éducation).

Financement de la production agricole

Il est remarquable de constater combien sont minimes les sommes nécessaires pour revitaliser les campagnes. 100 kg de semences de mil ou de sorgho coûtent 30 € et permet de nourrir une famille de 6 personnes. Avec 2.290 € on achète un moulin à mil pour 1000 habitants. Un puits pour 500 habitants coûte 3.800 €, une pompe à pied pour irriguer 2500 m2 500 €, Une motopompe pour irriguer 2,5 ha 10.000 €. Pour reboiser un hectare en eucalyptus il faut 180 €. Toutes les ONG ont à leur actif des réalisations de revitalisation du Sahel, de recul de la désertification, de cessation d’émigration des jeunes. Mais le budget des ONG ne représente que 2% du total de l’aide au Sahel. Ce n’est donc pas l’aide au Sahel qui est insuffisante mais l’utilisation des fonds qui est inadéquate.

Dès lors qu’est amorcée la production vivrière sur fonds extérieurs le développement ultérieur doit être pris en charge par les paysans eux-mêmes. Ce qui n’est possible que par les microcrédits dont l’utilité et la validité économiques ne sont plus à prouver sous deux conditions. L’une est qu’ils servent à accroître la production (et non à subvenir aux besoins élémentaires quotidiens), l’autre est que le poids des intérêts ne soit pas incompatible avec les possibilités de remboursement. En d’autres termes il n’est pas pensable que les travailleurs qui se situent en dessous du seuil de pauvreté doivent encore enrichir les détenteurs de capitaux. La Banque mondiale reconnaît l’efficacité des microcrédits dans le processus de sortie de la pauvreté. Pourquoi ne choisit-elle pas ce mode de financement en fournissant les capitaux de base et en prenant à sa charge les taux d’intérêt ?

Financement des infrastructures

Les infrastructures à financer dans les pays pauvres sont nombreuses. Il s’agit des routes, du rail, de l’électricité, de l’eau, de la santé et de l’éducation, etc. (23). Prêter l’argent aux gouvernements pour les construire signifie replonger les pays dans la dette car la rentabilité des infrastructures est indirecte. Ce sont donc les dons de la communauté internationale qui doivent assurer ces financements tant que les pays ne seront pas assez riches pour les financer à travers la fiscalité.

Les formes du financement

La corruption. Paul Wolfowitz, le président imposé par les Américains à la Banque mondiale, faisait de la lutte anticorruption une condition sine qua non de l’aide. Ce critère est discutable. D’une part parce qu’il y a des pays corrompus et misérables mais aussi d’autres tout autant corrompus et qui se développent. D’autre part parce que la corruption est tout autant due aux corrupteurs qu’aux corrompus. Les pays développés que ce soit au niveau de leurs gouvernements ou de leurs multinationales (ou des deux ensemble) ont une lourde responsabilité dans la corruption des dirigeants africains. Il faut aussi remarquer que la lutte contre la corruption est liée au développement de la démocratie mais que cette dernière est aussi fonction du développement et de la sortie de la misère. On a là un cercle vicieux. Enfin faut-il pénaliser des populations parce que leurs gouvernants sont corrompus ?

Le développement des campagnes Quel canal doit emprunter le financement des campagnes ? L’impulsion doit-elle venir du gouvernement ou d’ONG ? Les ONG occidentales ont souvent des manifestations d’arrogance ou tout simplement maintiennent les associations locales dans des situations de dépendance ou de patronage et ne font pas l’effort de convaincre les populations. Alors lorsqu’elles cessent leurs interventions la poursuite du projet n’a pas lieu. Elles peuvent aussi, compte tenu de leur origine, être rejetées par les populations. Le rôle des ONG locales ou du gouvernement serait alors préférable et peut-être la solution n’est-elle pas unique.

Financement des infrastructures Bien entendu le financement des infrastructures passe obligatoirement par le gouvernement. La question est donc de savoir si l’aide doit être ciblée avec contrôle à l’appui ou si le gouvernement en dispose librement dans le cadre de son budget. Il est certain que l’aide remise à la discrétion de gouvernements corrompus risque d’être détournée. Mais on a vu le coût et la lourdeur du « suivi » des fonds. L’idéal serait une collaboration légère entre les bailleurs de fonds réunis en une seule entité pour ne pas multiplier les interlocuteurs et le gouvernement dans l’utilisation des fonds. Ce système déjà en vigueur au Mozambique sous l’impulsion des pays nordiques permet au gouvernement d’acquérir ses propres mécanismes de gestion.

La source du financement

Ainsi qu’il a été vu le financement, que ce soit pour les infrastructures matérielles ou immatérielles ou pour la mise à disposition de microcrédits à taux zéro doit être effectué sous forme de dons et non sous forme de prêts. De même que les régions en retard de l’Union européenne reçoivent des subventions pour leur permettre de le résorber, la dotation d’argent des pays riches dans l’objectif de sortir les pays pauvres de la misère est une exigence économique et éthique, sans parler de l’instabilité causée par l’existence d’une population famélique aux portes des pays riches. Ce financement doit-il être assuré par le budget des Etats développés ou par l’instauration de taxes mondiales ? Il n’y a pas lieu d’être opposé aux taxes mondiales (24). Il n’y a pas de limite à l’imagination de taxes mondiales. L’idéal étant de faire d’une pierre deux coups. Ce qui est le cas d’ailleurs de la taxe Tobin, mais aussi d’une taxe sur les émissions de CO2, sur les armes de guerre, sur les 100 premières entreprises mondiales, etc. Lorsque les pays développés veulent instaurer des taxes douanières pour protéger leurs industries ou services ou dans une optique anti-dumping, le produit de ces taxes pourrait être utilisé pour le financement des infrastructurelles matérielles ou immatérielles soit des pays pauvres ainsi pénalisés, soit de pays pauvres par l’intermédiaire d’un fonds dédié. Une autre source serait la création monétaire (25) par une banque centrale mondiale ou par le FMI. La création monétaire est un outil de gestion de l’économie parmi d’autres. Elle serait parfaitement adaptée aux besoins des pays les plus pauvres car dépourvue alors d’effets pervers (inflation, perte de valeur de la monnaie).

 

Auteur :  Claude  LAVALLE

Publié  le :  29  novembre  2008

Rubrique :  Afrique-politique

Source :  http://www.attacparis12.lautre.net

Note : 

Le  Titre  est  de  la  rédaction  d’Africdossier

 

 

 

 

 

Google Groupes
S'inscrire au groupe Africdossier
E-mail :
Visiter ce groupe

[ Ajouter un commentaire | 0 commentaire(s) | Imprimer | Permalien ]

puce AFRIQUE : LES CAUSES DU SOUS-DEVELOPPEMENT DE L’AFRIQUE CONTEMPORAINE (CHAP IV ET FIN). (le 29/11/2008 à 00h49)

ANNEXES

 

LE CAS DU KENYA

Le cas du Kenya illustre la double inefficacité des injonctions occidentales, c’est-à-dire l’exigence démocratique d’une part, la libéralisation économique de l’autre. Daniel arap Moi, au pouvoir depuis 1978, instaure en 1982 le régime de parti unique. Sous la pression extérieure et intérieure le multipartisme est instauré en 1991 mais Moi se fait réélire en 92 et en 97 dans des élections. En 2002 il quitte volontairement le pouvoir et Mwai Kibaki, du parti d’opposition est élu. La corruption régnait à tous les niveaux sous Moi. Avec Kibaki la petite corruption disparaît mais les détournements au plus haut niveau se multiplient. Le haut commissaire britannique estime en 2004 à 170 millions d’€ les sommes détournées les 18 derniers mois. En même temps que les bailleurs de fonds exigeaient en 1990 la démocratisation du régime, ils imposaient également la libéralisation de l’économie (suppression du contrôle des prix y compris agricoles, privatisations, libéralisation du commerce extérieur). Résultats : • Le PIB par habitant qui était en augmentation constante jusqu’en 1990 est en diminution depuis cette date. • La croissance moyenne annuelle qui était de 4,2% entre 1980 et 1990 est passée à 2,2% entre 1990 et 2003. • L’indicateur de développement humain qui était en progression constante entre 1980 et 1990 est en diminution entre 1990 et 2003. • Les cultures intensives d’exportation sont favorisées, l’autonomie alimentaire s’amenuise et la famine gagne les populations du nord du pays.

 

LE CAS DU MOZAMBIQUE

Le Mozambique illustre au contraire le cas d’un pays bon élève du FMI et dont la croissance annuelle du PIB par habitant entre 1990 et 2003 est de 4,6%, en forte augmentation par rapport à la période précédente. En 1975 le Mozambique instaure une démocratie populaire dirigée par un parti marxiste - léniniste. Jusqu’en 1990 la croissance du pays est quasi nulle car le pays est en guerre civile depuis 1977. En 1987 le gouvernement prend contact avec le FMI et la Banque mondiale, en 1990 il adopte une Constitution pluraliste et en 1992 la paix est signée. Le Mozambique s’est engagé depuis 1990 dans l’économie de marché. Privatisations, ouverture aux investissements étrangers, politique monétaire restrictive. La croissance annuelle entre 1995 et 2005 est importante. Elle varie entre 8 et 13%. Elle passe par les investissements étrangers qui représentent 14% du PIB. Mais ces investissements concernent des projets miniers ou énergétiques sans grande retombée pour l’emploi et dont les bénéfices sont exportés grâce aux avantages fiscaux concédés et qui par conséquent ne sont d’aucune utilité pour le budget de l’Etat. Il est intéressant de constater que la présence maintenant de la Chine dans l’exploitation des richesses minières et énergétiques ne change pas la donne. Les Chinois ne sous-traitent presque rien aux entreprises locales et importent tout de Chine, y compris la main d’œuvre ! La politique monétaire orthodoxe fait grimper les taux d’intérêt à 40%, empêchant le développement de PME locales. Le pays ne se développe pas. Il est simplement exploité, la tête tenue difficilement hors de l’eau Les entreprises étrangères financent parfois elles-mêmes des routes, des écoles, des dispensaires et même la distribution gratuite de médicaments contre le sida (26). L’extrême pauvreté (moins de 1 $ par jour) concerne 54% de la population (en 1993, 69%). En 2005, 700.000 personnes, sur une population totale de 18 millions, ont bénéficié d’une aide alimentaire. Ce sont les dons des institutions financières internationales qui limitent l’extrême pauvreté. Le FMI fournit 2,5 millions de $ en moyenne d’aide par an. La Mozambique est un des premiers pays à avoir bénéficié de la réduction de la dette. En d’autres termes il y a bien croissance, investissements étrangers, aide internationale et pluralité politique mais aucune perspective de développement propre du pays.

 

LE CAS DU SENEGAL

Avec le Sénégal nous avons un pays qui, contrairement au Kenya et au Mozambique, ne fait pas partie des plus pauvres. Pratiquant le multipartisme depuis 1970 il a longtemps été cité en exemple par les pays occidentaux, notamment pour son caractère démocratique. Fondateur, en 2001, avec l’Afrique du Sud, le Nigeria et l’Algérie, du NEPAD (Nouveau Partenariat Pour le Développement de l’Afrique), il prône le développement par l’ouverture et le libéralisme. En d’autres termes tous les éléments relevant de la bonne gouvernance selon les normes préconisées par la Banque mondiale et le FMI sont réunis. Qu’en est-il en 2006 ? Les subventions agricoles ayant été supprimées à l’agriculture le niveau de vie des paysans a chuté. L’effondrement de l’agriculture nourrit l’exode rural et l’émigration vers l’Europe. L’autosuffisance alimentaire s’est encore éloignée. Les deux tiers de la population vivent avec moins de 2 $ par jour. Le développement est si faible que le Sénégal se situe au 157ème rang sur 177 de l’indice du développement humain de l’ONU. En fait compte tenu de sa « bonne gouvernance » et de son soutien à la guerre d’Irak le pays est tenu à bout de bras par le FMI et la Banque mondiale. Il fait partie des pays les plus aidés d’Afrique. La Banque mondiale estime le bilan global du Sénégal « décevant ». Un hasard ?

 

LE CAS DU BOTSWANA

Le Botswana est régi depuis 1966 par une Constitution et deux partis dominent la vie politique. C’est un des plus petits pays d’Afrique (1,6 million d’habitants). Mais c’est le premier producteur mondial de diamants (un tiers de la production mondiale). Comme l’exploitation du diamant est co-gérée par le gouvernement et la De Beers c’est le pays subsaharien qui a, de loin, le meilleur PIB par habitant (hors Afrique du Sud, mais à peine moins élevé qu’elle). C’est aussi le pays africain le mieux coté auprès des agences de notation concernant sa capacité de remboursement de ses dettes. Pourtant 40% de la population est au chômage (le double du chiffre officiel) et dans la décennie I990, malgré une croissance annuelle de 6% le nombre de sous-alimentés a augmenté de 40%. Les cultures vivrières ne couvrent qu’un tiers de la consommation locale mais 80% de la production agricole consistent dans l’élevage de bœufs qui sont exportés en Europe, principalement en Angleterre. N’ayant pas réussi à attirer des capitaux étrangers dans le secteur manufacturier le gouvernement joue maintenant la carte des services financiers et tente de devenir un centre financier international en Afrique ! L’économie du pays est dangereusement menacée par l’épidémie du sida qui touche 36% de la population âgée de 15 à 49 ans. En d’autres termes le pays bénéficie de la rente du diamant, a une bonne croissance mais son agriculture est orientée vers l’exportation et non vers des cultures vivrières, le chômage est très important et une partie de la population est sous-alimentée.

 

LE CAS DU GHANA

Depuis son indépendance en 1957 et jusqu’à la prise du pouvoir par Rawlings en 1981 alternance de régime semi marxiste et de putschs militaires. Des famines ont lieu en 75 / 76 et 77 / 78. Le capitaine Rawlings prend le pouvoir par putsch en 1981. En 1983 il fait appel au FMI qui prête de l’argent avec circonspection car Rawlings a un discours gauchiste. Mais le pays n’était pas endetté, il était économiquement en déroute (PIB par habitant 517 $ en 1970 et 433 en 1980). Comme les résultats sont bons à partir de 1987 les prêts sont de plus en plus importants et à de meilleures conditions. Le gouvernement négocie avec le FMI pour une relance par la hausse de salaires, une meilleure rémunération des producteurs de cacao et une augmentation des dépenses publiques. Une transition politique démarre en 1988. Une Constitution est promulguée en 1992 après deux années de consultations dans tout le pays. En 1992 Rawlings est élu aux présidentielles avec 58% des voix, sans trucage ni vote tribal (il sera réélu en 1996). La croissance annuelle est de 5%. Le FMI et la Banque mondiale ouvrent les crédits en grand. De ce fait le Ghana reçoit aussi des prêts bilatéraux. Le gouvernement négocie avec le FMI pour étaler l’application de « l’ajustement structurel » sur sept ans (libéralisation des échanges, réduction du nombre de fonctionnaires, etc.). Le gouvernement améliore la citoyenneté politique par la décentralisation et fait accepter la stratégie d’ajustement grâce à sa probité et à son éthique. Mais l’ajustement structurel, même adouci, ne permet pas des progrès suffisants dans la population et l’endettement est devenu trop important. L’économie reste une économie de rente basée sur l’or (12ème producteur mondial), le bois et le cacao. Les mines d’or avaient été nationalisées en 1975 mais reprivatisées en 1983 sous l’égide de la Banque mondiale ce qui a dopé les exportations (deuxième exportateur d’or africain) mais sans bénéfice pour le budget de l’Etat qui ne récupère que 5% de la valeur d’exportation. En 2000 Rawlings ne se représente pas, la Constitution qu’il a lui-même promulguée n’autorisant que deux mandats. Le candidat de l’opposition, représentant les intérêts du privé, l’emporte. Sous les gouvernements de Rawlings l’indice de développement humain est passé de 0,468 en 1980 à 0,556 en 2000. Les élites politiques avaient le sens du bien public. Le patronat privé avait des pratiques de prédation. Le nouveau gouvernement en place fait face à un endettement élevé et applique à la lettre les injonctions du FMI : libéralisation de l’économie, privatisations massives (gaz, électricité, filière du cacao), augmentation du prix de l’électricité, de l’eau et des carburants, orientation de l’agriculture vers l’exportation (ananas en boîtes) et taux d’intérêt élevés qui empêche le développement de PME. L’indice de développement passe de 0,556 en 2000 à 0,520 en 2003 et le taux des enfants achevant l’éducation primaire passe de 77% en 1991 à 62% en 2003. La démocratisation au Ghana a permis au secteur privé de reprendre le pouvoir et de libéraliser l’économie avec toutes les conséquences nocives pour la population qui en découlent. Mais le cas de ce pays témoigne également que les pays pauvres ne peuvent pas se développer sur la base de prêts qui leur sont accordés car le développement de génère pas suffisamment d’argent dans les temps impartis pour en assurer le remboursement.

 

Auteur :  Claude  LAVALLE

Publié  le :  29  novembre  2008

Rubrique :  Afrique-politique

Source :  http://www.attacparis12.lautre.net

Note : 

Le  Titre  est  de  la  rédaction  d’Africdossier

 

 

 

 

 

Google Groupes
S'inscrire au groupe Africdossier
E-mail :
Visiter ce groupe

[ Ajouter un commentaire | 0 commentaire(s) | Imprimer | Permalien ]

puce JUSTICE – NECESSITE POUR L’AFRIQUE : ROMPRE AVEC UNE CERTAINE CULTURE DE L’IMPUNITE. (le 27/11/2008 à 20h35)

 

Paul Kagamé est en colère ! Sortant de la prison allemande où est détenue, depuis le 9 novembre, Rose Kabuye, sa chef du protocole, le dirigeant rwandais a eu des mots lourds de sens, pour dénoncer ce qui, de son point de vue, devient une fâcheuse habitude de la justice française…   

 

«Si le monde veut continuer à croire que n’importe quel petit juge, en France, peut lancer un mandat d’arrêt contre un ministre au Rwanda, au Sénégal, à Djibouti, au Gabon ou ailleurs, j’estime que le contraire est aussi possible», a dit Paul Kagamé, le Président du Rwanda. Et de prévenir que des juges de son pays pourraient lancer des mandats d’arrêt contre des personnalités françaises qu’il soupçonne d’avoir trempé dans le génocide rwandais. Paul Kagamé, en quête de solidarité, a quelque peu banalisé sa cause en y associant tous ceux qui, ces derniers temps, ont pu avoir le sentiment d’être persécutés par des magistrats français.

Rose Kabuye a accepté d’aller voir le magistrat qui la demande, au sujet de l’attentat contre l’avion du Président Juvénal Habyarimana, dont la mort a servi d’alibi à ceux qui ont déclenché le génocide, en avril 1994. Il a été suggéré que l’avion a pu être abattu par des radicaux Hutus, du camp présidentiel. Certains en ont rendu responsable le FPR de Kagamé. Les preuves matérielles ayant mystérieusement disparu, beaucoup se demandent de quels éléments peut bien disposer le juge pour faire la lumière sur cet attentat que les Organisations internationales elles-mêmes ont, curieusement, passé par des pertes et des profits.

Au-delà de la mésaventure de Rose Kabuye, le fait que les juges français s’intéressent si souvent aux dirigeants africains est loin d’être anodin. On peut, par facilité, estimer que les Africains sont ceux que l’on méprise le plus facilement. Mais on peut aussi se demander si ces juges se mêleraient autant des affaires du continent, si la justice des pays n’oubliait pas de juger tant de crimes, tant de délits graves.

Près de 2 000 morts dans le naufrage du bateau Le Joola et aucune suite judiciaire ! Les disparus du Beach, à Brazzaville, les torturés des camps militaires de Maouya Ould Taya, en Mauritanie, les centaines de morts de la présidentielle de 2005, au Togo, les massacres de civils dans les rues de Conakry…  Autant de tragédies dont les auteurs, non seulement ne sont pas punis, mais pavoisent sous les yeux des familles éplorées.

Quand on sait que la Centrafrique a jugé, et plutôt bien, Bokassa, que l’Afrique du Sud a vidé, plutôt proprement, les plaies de l’apartheid, on se demande si les Africains, pour ôter aux «petits juges» les prétextes pour se mêler de leurs affaires, ne devraient pas, tout simplement, rompre avec une certaine culture de l’impunité.

 

Auteur :  Jean-baptiste  PLACCA

Publié  le :  27  novembre  2008

Rubrique :  Afrique-politique

Source :  http://www.lequotidien.sn

 

 

 

 

 

 

Google Groupes
S'inscrire au groupe Africdossier
E-mail :
Visiter ce groupe

[ Ajouter un commentaire | 0 commentaire(s) | Imprimer | Permalien ]

puce L’AFRIQUE MONTRE L’AMELIORATION DANS LA LIBERTE D’ASSOCIATION PARMI DES RECULS GLOBAUX. (le 23/11/2008 à 16h57)

 

 

Un nouveau rapport de Chambre de liberté félicite l'Afrique Subsaharienne pour montrer « l'amélioration impressionnante » dans la liberté d'association, une avance rare dans un monde qui limite de plus en plus les activités des syndicats, des organisations non gouvernementales et d'autres secteurs de la société civile. La liberté d’association sous la menace <>http://www.freedomhouse.org/template.cfm?page=383&report=74 > indique une diminution dans des droites associationnelles en plus de 20 pour cent des pays du monde.

 

 

image001

 

L'étude range l'Afrique Subsaharienne cinquième globalement en termes de libertés générales d'association, battant seulement l'ex-Union soviétique et les régions de Moyen-Orient/d'Afrique du Nord. Cependant, l'Afrique Subsaharienne a eu les gains de pays les plus simples de n'importe quelle région de 2004-2007, avec 18 pays montrant l'amélioration et juste sept diminuant :

 

Pays qui ont fait des gains inclure :

Côte d'Ivoire du Bénin, du Burkina Faso, du Burundi, du Cameroun, du Congo (Kinshasa), du Cote, le Ghana, la Guinée-Bissau, le Libéria, la Mauritanie, la Namibie, le Nigéria, le Sénégal, Sierra Leone, l'Afrique du Sud, le Soudan, le Togo et l'Ouganda.

Les pays qui ont diminué sont :

 Le Congo (Brazzaville), la Guinée équatoriale, le Lesotho, la Somalie, la Gambie, le Tonga et le Zimbabwe.

 

Le rapport examine la liberté d'association dans le monde entier entre 2004-2007 en analysant des données de la liberté dans le monde, l'enquête annuelle de la Chambre de liberté des droits politiques et des libertés civiles. Le nouveau rapport fournit également des rapports détaillés sur 12 pays où des droites associationnelles sont en particulier menacées. Le seul pays africain sub-saharien à faire que la liste est le Zimbabwe, où le rapport indique la « liberté d'assemblée et l'association ont été en grande partie éviscérés ces dernières années. »

 

La « Chambre de liberté est profondément troublée par une inversion notable pour la liberté d'association dans une grande partie du monde et il y a des raisons de croire que le courant rond des restrictions n'est pas un phénomène de dépassement, » a dit la voûte Puddington, directeur de recherche de Chambre de liberté. « Cependant, nous sommes heureux que la société civile en Afrique gagne plus de liberté dans laquelle pour fonctionner et nous espérez qu'elle signifie le début d’une tendance à long terme sur le continent. »

 

Le rapport indique que les régimes dans le monde entier ont réagi aux révolutions de la « couleur » de l'Europe en fendant vers le bas des groupes de société civile dans leurs propres pays. Cependant, les chefs autoritaires étaient pour accomplir ceci par des moyens juridiques ou bureaucratiques, plutôt que recourant à la violence du passé. Une certaine tactique commune inclut interdire la société civile de recevoir l'aide étrangère, empêchant la mise en place des syndicats indépendants et bloquant des citoyens de la protestation.

 

 Le souci d'augmenter de rapport de pays du Zimbabwe concernant les restrictions graves du gouvernement aux organisations non gouvernementales. Les forces de sécurité ont tué des protestataires de société civile et ont par habitude battu des démonstrateurs et des détenus. Les chefs de société civile font face également à des fines, à des menaces, à l'emprisonnement et à la révocation des enregistrements de leurs organismes. Tandis qu'on permet des grèves de main-d'oeuvre dans quelques industries, elles exigent l'avis et les procédures arbitrales onéreux et sont souvent illégales avoué.

 

La Chambre de liberté est une organisation non gouvernementale indépendante qui soutient l'expansion de la liberté dans le monde.

 

Sujets de liberté.

La Chambre de liberté fait une différence. www.freedomhouse.org

 

Publication :  23  novembre  2008

Rubrique :  Afrique-politique

Source :  http://www.newsblaze.com

 

 

 

 

 

 

Google Groupes
S'inscrire au groupe Africdossier
E-mail :
Visiter ce groupe

 

[ Ajouter un commentaire | 0 commentaire(s) | Imprimer | Permalien ]

puce LE CLUB DES PRESIDENTS AFRICAINS A VIE. (le 16/10/2008 à 15h09)

 

Le Club Africain des Présidents à vie donne à l’Afrique une image de continent à la dérive. L’Afrique noire a paradoxalement la particularité d’avoir des présidents inamovibles, explique Le Jour.  Arrivés pour la plupart à la tête de l’Etat par les armes, une dizaine de vieux dictateurs a survécu aux pièges tendus par leurs opposants, aux bruits de botte de leurs propres troupes et parfois à des guerres civiles aussi sanglantes qu’interminables.

 

 

  

 

 

Ce Club Africain des Présidents à vie donne à l’Afrique une image de continent à la dérive

 

 

 

 

L’Angolais Eduardo Dos Santos préside depuis plus d’un quart de siècle aux destinées d’un pays ravagé par un conflit qui s’est achevé il y a quelques années avec la mort de son rival Jonas Savimbi. Les routes, les ponts, les voies ferrées, les lignes électriques de cet eldorado pétrolier sont en partie détruites tandis que les campagnes sont restées truffées de 13 millions de mines antipersonnelles. Dos Santos a annoncé des élections pluralistes en 2005, à l’issu desquelles il sortira vainqueur.

 

Son voisin Denis Sassou Nguesso s’est emparé des clés du palais présidentiel de Brazzaville en 1979. A l’époque adepte comme Dos Santos d’un marxisme léninisme tropicalisé, Sassou Nguesso a viré sa cuti lors de l’effondrement du monde communiste. Battu à l’occasion des premières élections pluralistes de 1992 par Pascal Lissouba, il est sorti vainqueur en 1997 d’une guerre civile entre l’armée et ses miliciens en juin 1997. 70% des Congolais vivent aujourd’hui au-dessus du seuil de pauvreté, malgré la rente pétrolière.

 

Un peu plus au nord, le président Omar Bongo a le mérite d’avoir assuré au Gabon une stabilité certaine. Son trait commun avec Eduardo Dos Santos et son parent Denis Sassou Nguesso est d’avoir bénéficié des largesses d’Elf Aquitaine. En 1999, sa sixième réélection avait été marquée par un nombre d’électeurs plus élevé que le nombre d’inscrits. Au pouvoir depuis plus de 34 ans, Omar Bongo s’est ouvert un boulevard institutionnel en supprimant la limitation du nombre de mandats pour le chef de l’exécutif. Si tout va bien pour lui, il sera au pouvoir pour le reste de sa vie.

 

A plus 68 ans, le « chef du village gabonais » conforte son image de « vieux sage » de l’Afrique. Il joue ainsi les médiateurs dans les innombrables conflits qui déchirent la région. Mais a été toujours en rivalité sur cet inépuisable créneau avec le Togolais Gnassingbé Eyadema décédé il y a quelques temps, doyen en âge à quatre jours près et qui resta aux affaires pendant plus de 37 ans.

 

Le plus ancien chef d’Etat de la planète après l’indéboulonnable Fidel Castro a commencé sa carrière par un coup d’État qui a coûté la vie à son prédécesseur Sylvanus Olympio. Gilchrist, le fils de l’ex-président, lui voue une haine tenace mais n’est jamais parvenu à le supplanter.

 

Ancien sergent de la coloniale, « papa Eyadema » avait brouillé les pistes en 2001 en assurant lors d’une visite de Jacques Chirac qu’il était bon pour la retraite. « Bien sûr que je partirai », avait-il affirmé sans convaincre. Puis il avait changé d’avis au dernier moment et fait modifier les règles constitutionnelles pour être triomphalement réélu en juin 2003. Mais son pays ne parvient pas à sortir de la crise économique dans laquelle il s’est enfoncé depuis 1993.

 

Et l’absence d’alternative politique après des dizaines d’années d’une domination sans partage avec son fils aux affaires depuis dont le règne attise les frustrations. Personnage aussi rustique que haut en couleur, Gnassingbé Eyadema entretiendra sa propre légende. Il se plaisait à raconter sa perpétuelle baraka. Le crash de son avion mais aussi un attentat qu’il mimait toujours avec entrain, jouant tour à tour les rôles de l’agresseur et celui du président.

 

L’écrivain ivoirien Ahmadou Kourouma s’est inspiré du parcours du chef de l’État togolais dans En attendant le vote des bêtes sauvages, une satire féroce des chefs des juntes militaires africaines. Un titre né d’une remarque que lui fit un Togolais alors qu’il résidait à Lomé : « Si les hommes refusaient de voter pour Eyadema, les bêtes sortiraient de la brousse pour voter pour lui. »

 

Apres 26 ans de pouvoir sans partage de Mr. Sékou Touré, issu lui aussi du moule militaire, le Guinéen Lansana Conté est d’une remarquable discrétion. Il n’accorde pas d’interview, ne livre pas de discours mais laisse parler la propagande. Conakry, la capitale de la République de Guinée, est plongé en permanence depuis plus de 20 ans dans la célébration forcée de son énigmatique homme fort. Cet homme qui a échappé aux récents évènements de la classe ouvrière, un pays qui vient de célébrer ses 50 ans de “vide”... pas d’eau, pas de courant,...

 

Récemment enrichi par de formidables découvertes pétrolières, l’autre président guinéen, Teodoro Obiang Nguema, président depuis plus 25 ans de la Guinée équatoriale, se remet à peine du débarquement avorté de mercenaires sud-africains proches de Mark Thatcher, le fils de la dame de fer. Et d’un rapport du Sénat américain qui accusa la banque Riggs d’avoir abrité d’importants détournements de fonds au profit du président et de sa famille.

 

En rempilant sans doute pour sept ans à l’issue d’une élection dénuée de suspense, Paul Biya confirme sa place dans le cercle plutôt étendu des présidents africains au pouvoir depuis plus de vingt ans. Il est le benjamin en terme d’expérience d’un cénacle sur lequel le temps ne semble pas avoir de prise.

 

Issus en majorité de l’ancien pré carré français, les membres du club des présidents à perpétuité ont dans leurs rangs un spécimen rare venu des anciennes colonies britanniques, le Zimbabwéen Robert Mugabe. Dictateur depuis plus 24 ans, il n’a pas l’intention de prendre sa retraite. Mugabe dont la victoire aux consultations nationales seront contestées par l’opposition il y a quelques mois. Autrefois autosuffisant, le Zimbabwe est aujourd’hui au bord de la ruine sur un continent où la participation aux échanges commerciaux mondiaux est passée de 3,6% à 1,4% en vingt ans.

 

En somme, la limitation à deux quinquennats présidentiels non renouvelables, demeure en Afrique le seul moyen de répondre aux alternances, aux usures de pouvoir et permet de faire vivre la démocratie. Tous les pays engagés dans cette voie, sont engagés sur le chemin de la paix à court terme et pendant très longtemps. Il ne reste donc qu’aux états dirigés par les dictateurs qui se réclament pour la paix qu’à suivre cet exemple qui est un gage de paix et de bonne gouvernance.

 

Publication :  16  octobre  2008

Rubrique : Afrique-politique

Source :  Le  Jour  (Guinée)

 

 

 

 

 

 

Google Groupes
S'inscrire au groupe Africdossier
E-mail :
Visiter ce groupe

[ Ajouter un commentaire | 0 commentaire(s) | Imprimer | Permalien ]

Page   1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 
 

puceMises à jour