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Samedi 13 juillet 2008, J’ai répondu à l’invitation de la radio Canada-ottawa, pour me faire interviewer, dans une émission panafricaine en direct du campus universitaire d’Ottawa, sur un certain nombre de sujets variés concernant l’Afrique. Je me suis livré volontiers à cette invitation, qui pour moi, reste une démarche de mobilisation et de conscientisation pour les peuples de notre continent. Au moment où l’interview a commencé, j’ai eu de temps en temps quelques problèmes d’enregistrement sur Internet, par conséquent, la transcription de quelques questions sont, très fortement, rapprochées par rapport à mes dires. Voici ci-dessous, la transcription de l’interview :
RADIO CANADA-OTTAWA :
Bonjour Monsieur Appolinaire KOULAMA, vous êtes avec nous en direct de Paris, vous êtes membre de la « 6ème Région » notre interview va se dérouler en deux phases, la première phase concerne la 6ème Région et la deuxième phase concerne « l’organisation des élections et la longévité des dictateurs africains » Garder l’écoute, une note de musique et on revient vers vous.
Appolinaire Noël KOULAMA :
Bonjour et je reste à votre écoute
PHASE I : PAR RAPPORT A LA 6ème REGION
1) RADIO CANADA-OTTAWA :
Monsieur KOULAMA, Quelle définition donnez-vous au mot « DIASPORA »
Appolinaire Noël KOULAMA :
La définition que je donne au mot « DIASPORA » est celle de la 6ème Région, en effet : La Diaspora africaine est définie, comme toute personne de la descendance et de l’héritage africain, et qui se trouve hors des rivages du continent africain, quelque soit la nationalité de la personne.
Par conséquent, cette définition inclut bien les afro-américains, les afro-caraïbéens et les Falachas d’Ethiopie vivant en Israël.
2) RADIO CANADA-OTTAWA :
Pourquoi, le Dénominatif de la 6ème Région et ses origines pour éclairer nos auditeurs.
Appolinaire Noël KOULAMA :
Pour les origines, il faut savoir, que le concept de la 6ème Région est née de l’idée de l’Union Africaine, de rendre la Diaspora africaine, partie prenante et actrice effective (sous forme d’une entité structurée dotée d’un pouvoir quasi politique. Observer le rôle que joue les diasporas des pays émergents comme la Chine, l’Inde etc.….
Cependant, pour la dénomination, le choix du mot « 6ème région », vient d’un simple constat, le continent est composé de 5 régions (l’Afrique du Maghreb, l’Afrique de l’est, l’Afrique de l’ouest, l’Afrique centrale, et l’Afrique australe), par conséquent la 6ème Région est celle de la Diaspora africaine.
3) RADIO CANADA-OTTAWA :
Le fait que le mot « 6ème Région » soit choisit, sans qu’il y ait un congrès négro international, ne pensez-vous pas que ce nom est illégitime ?
Appolinaire Noël KOULAMA :
Je ne pense pas que le choix de ce mot soit illégitime.
Lorsque l’Afrique du sud avait présidé l’Union Africaine, il avait été demandé, lors d’une conférence des chefs d’état et du gouvernement, que la Diaspora africaine devrait donner la définition de la Diaspora africaine et la Diaspora africaine devrait se constituer en une force quasi politique pour contribuer dans le continent.
L’Afrique du sud de Thabo M’Béki avait envoyé des lettres aux ambassades africaines en occident de mobiliser leurs ressortissants pour la création d’une Diaspora africaine. Il y a eu un déficit d’information, mais un noyau s’était constitué au niveau de ceux qui étaient au courant.
Enfin, des invitations ont été envoyées, certains n’étaient pas intéressés, cependant, il fallait progresser, c’est pourquoi, un certain nombre des membres autour de ce noyau, après débat, ont proposé le non de « 6ème Région ».
4) RADIO CANADA-OTTAWA :
Selon vous quelle place et l’apport de la Diaspora africaine et de la 6ème Région en Afrique et à l’extérieur ?
Appolinaire Noël KOULAMA :
La place de la « 6ème Région » dans l’essor du continent se trouve au premier plan. En effet, les diasporas africaines jouent déjà des rôles moteurs dans le développement des pays où elles résident . Elles participent à façonner les activités culturelles et économiques des pays de résidences.
Ces diasporas africaines, unies autour de la 6ème Région, travaillera en partenariat avec l’Union Africaine : Je signale que l’Union Africaine réservera 22 sièges de députés à la 6ème Région au future parlement africain, pour faire fonctionner ce partenariat.
5) RADIO CANADA-OTTAWA :
Rester en ligne, Monsieur KOULAMA, un peu de musique et nous revenons vers vous, pour la deuxième partie de cette interview?
Appolinaire Noël KOULAMA :
D’accord à tout de suite
PHASE II : PAR RAPPORT A L’ORGANISATION DES ELCTIONS ET LONGEVEITE DES DICTATEURS AFRICAINS
1) RADIO CANADA-OTTAWA :
Monsieur KOULAMA, nous voici à la deuxième phase de notre entretien, selon vous, pourquoi l’organisation des élections en Afrique en général et particulièrement en Afrique centrale, est toujours teintée de fraudes et d’irrégularités à quelques exceptions près ?
Appolinaire Noël KOULAMA :
Ces tripatouillages électoraux sont liées au manque de culture démocratique dans le continent.
La politique est conçue comme une promotion sociale pour accéder à l’enrichissement. A partir de cette conception, il s’est créer tout un système mafieux qui se nourrit de la dictature en prenant, bien entendu, appui sur l’armée et la police.
Par conséquent, pour protéger et faire perdurer ce système, on use des fraudes électorales et d’irrégularités préméditées.
2) RADIO CANADA-OTTAWA :
Nous l’avons vu pour le cas de Zimbabwe, l’opposition s’est retirés au 2ème tour, une façon de dire que l’abstention n’inquiète pas ceux qui sont au pouvoir, boycotter ou participer, ne changerait rien les résultats des urnes. Votre lecture sur ce problème.
Appolinaire Noël KOULAMA :
Lorsque vous parlez de l’abstention, c’est qu’en amont, il y a eu « organisation des élections ».
Ces abstentions n’inquiètent pas les dictateurs africains, simplement, comme je vous l’ai déjà souligné : Il manque de culture démocratique.
Cependant la démocratie avait été acceptée sous la pression de la communauté internationale, comme « Injonction de bonne gouvernance », Dans ce sens, organisez les élections dont les résultats sont connus d’avance, n’est qu’un moyen aux dictateurs d’avoir la reconnaissance internationale d’un président élu démocratiquement quel que soit le taux de participation ou le taux de l’abstention.
Donc il n’y a pas d’inquiétude, le principal c’est de donner l’image d’une démocratie et d’une organisation des élections.
3) RADIO CANADA-OTTAWA :
Vous imaginez ce que vous dites, Monsieur KOULAMA ? La démocratie avait été imposée à l’occident, comme si en Afrique, il n’y avait pas de démocratie, revisitez donc votre histoire sur l’Afrique, car les Rois africains ne prenait pas les décisions seuls, toutes les décisions émanaient d’un certain nombre de représentant qui après débat prenaient des décisions que respectait le Roi.
Appolinaire Noël KOULAMA :
Vous avez tout à fait raison, l’Afrique traditionnelle a connu la démocratie. Moi je suis du Congo-Brazzaville, une ancienne colonie française et la France n’était pas seulement démocrate qu’à partir des années des indépendances, nous avons donc hérité de la démocratie aux indépendances .
Les congolais avaient élu leur premier président, l’abbé Fulbert Youlou, mais par la suite, il avait été estimé d’installer le monopartisme pour l’unité nationale. A la chute de mur de Berlin, le vent démocratique à souffler en Afrique, l’occident pour retirer sa main et éviter que le nouveau souffle se retourne contre lui, va aller dans le sens des peuples africains, en exigeant la démocratie en Afrique.
Je suis donc d’accord avec vous, que la démocratie n’avait pas été imposé, l’occident a tenu un langage officiel, celui d’imposer la démocratie comme injonction de bonne gouvernance, mais officieusement, l’occident a installé des démocratures.
4) RADIO CANADA-OTTAWA :
D’après-vous, d’où viendrait cette tendance des Dirigeants africains, à vouloir s’éterniser au pouvoir. Donnez quelques hypothèses, exemple Bongo (40 ans), Biya (26 ans), Sassou (25 ans), Deby (18 ans) et Mugabé (20 ans).
Appolinaire Noël KOULAMA :
Il y a plusieurs facteurs à cela, je vais parler de trois aspects de la chose :
1- L’aspect colonisation, qui a formaté, formé et choisit son personnel politique depuis la colonisation jusqu’au lendemains des indépendances, à développer un système, dont les enjeux économique sont tels que le système a été conditionné pour le pouvoir à vie, tant que les intérêts occidentaux sont préservés.
2- L’aspect culturel, où certains dirigeants africains considèrent que le pouvoir républicain ressemble à celui des époques des chefferies traditionnelles et des royaumes, où les pouvoirs étaient transmis qu’après la mort du Roi.
3- Enfin, l’aspect financier : Les dirigeants actuels s’accaparent les richesses de leurs pays, au moyen des Clans, On observe donc, plus de difficultés politiques, plus de troubles&nbs |